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[Revue de presse] Brexit : un nouveau gouvernement britannique eurosceptique

Revue de presse 25.07.2019

Disposant des clés de Downing Street depuis mercredi 24 juillet, Boris Johnson a procédé à un remaniement conséquent. Le nouveau gouvernement britannique, que la presse qualifie d'"eurosceptique", semble avoir été taillé pour faire pression sur les Vingt-Sept et mettre en œuvre le Brexit. Même si pour l'heure, les Européens "attendent de savoir ce que le nouveau Premier ministre veut".

Le nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson à Downing Street - Crédits : Number 10 / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Le nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson à Downing Street - Crédits : Number 10 / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Un nouveau gouvernement eurosceptique

Après avoir été reçu mercredi 24 juillet après-midi au Palais de Buckingham par la reine Elisabeth II "qui lui a officiellement confié la tâche de former le nouveau gouvernement britannique" [RFI], Boris Johnson n'a pas tardé à faire le ménage outre-Manche.

Fraîchement élu, le nouveau Premier ministre britannique a choisi de s'entourer d'une équipe largement renouvelée de 22 membres, "remplie de loyaux Brexiters", note le quotidien conservateur Daily Telegraph, cité par Courrier international. "Boris Johnson s'entoure d'eurosceptiques pour mener à bien le Brexit", explique Le Point. Au prix d'un "massacre politique" que commentent de nombreux médias, à l'instar du Daily Telegraph.

En effet, au cours de ce remaniement - "le plus important au Royaume-Uni depuis près de 60 ans" - le nouveau Premier ministre s'est "débarrassé de 17 ministres de Theresa May", dont son ancien rival Jeremy Hunt, jusqu'ici ministre des Affaires étrangères. Six membres du précédent gouvernement, dont le ministre des Finances Philip Hammond, "farouchement opposé au no deal", et Rory Stewart "modéré lui aussi", avaient quant à eux "annoncé leur démission avant son entrée en fonction", précise Le Monde.

Cette "sévère épuration du gouvernement est comparée dans la presse à une  'nuit des longs couteaux'" [Le Monde], qui n'est, selon RFI, "pas sans risque, car le nouveau dirigeant remplace des ministres expérimentés par une nouvelle génération peut-être plus vulnérable".

Sajid Javid aux Finances, Dominic Raab aux Affaires étrangères, Priti Patel à l'Intérieur

"M. Johnson, qui n’a cessé de savonner la planche de Theresa May tout en dénonçant comme 'défaitistes' ses collègues modérés, n’aura plus personne à qui faire porter le chapeau", estime par ailleurs Le Monde. Les "partisans purs et durs du divorce avec Bruxelles", tels que Dominic Raab, Priti Patel et Sajid Javid, sont dorénavant "aux plus hauts postes", écrit Politico.

"L'ancien banquier Sajid Javid, fils d'immigrés pakistanais", sera dès à présent en charge des Finances, un "poste stratégique dans le contexte du Brexit, en particulier en cas de sortie sans accord", détaille Le Point. Son ancien portefeuille de l'Intérieur a été "récupéré par Priti Patel, 47 ans, dont les parents sont d'origine indienne et qui est une ardente avocate du Brexit", ajoute le média. Une décision conforme à la volonté de Boris Johnson de "promouvoir des femmes et des personnalités issues de minorités ethniques".

Quant à Dominic Raab, ministre éphémère du Brexit en 2018 (il avait démissionné en signe de protestation contre l'accord de sortie négocié par Theresa May), il est le nouveau secrétaire aux Affaires étrangères et "sera le numéro 2 de M. Johnson lors des questions au gouvernement" [The Guardian].

Politico relève également la présence de deux responsables "qui [avaient aidé Boris Johnson] à remporter le référendum du 'Leave' en 2016” : Dominic Cummings et Michael Gove. Le premier, "directeur controversé de la campagne officielle en faveur du Brexit lors du référendum" [Le Point], a été nommé conseiller. Tandis que M. Gove, sans portefeuille, sera le chef du cabinet de Boris Johnson.

"Aucun détail précis" sur le programme

Le nouveau gouvernement a donc bien l'intention de mettre en œuvre le Brexit. Lors de son premier discours devant Downing Street, à moins de 100 jours de l'échéance, Boris Johnson a promis de "sortir de l'UE le 31 octobre, sans condition", estimant que "les Britanniques en ont assez d'attendre", relate Le Point. Il a néanmoins insisté sur le fait qu'il  conclurait un "nouvel accord" avec les Vingt-Sept, mais sans le "filet de sécurité antidémocratique" relatif à la frontière irlandaise, rapporte The Guardian.

Outre le Brexit, celui que l'on surnomme aussi le "le Trump britannique" [La Croix] a également pris une série d'engagements politiques sur le plan national. "Il a promis de recruter 20 000 policiers de plus, d'éviter aux gens d'attendre trois semaines pour voir leur médecin généraliste, d'entreprendre 20 mises à niveau d'hôpitaux et d'augmenter les dépenses scolaires par élève", relève le quotidien britannique The Guardian. Cependant, pour RFI, "au-delà de la rhétorique, aucun détail précis n’est ressorti de ce discours censé donner le ton et la direction de son mandat".

Bruxelles en attente

Face à ses multiples provocations, les Européens attendent Boris Johnson au tournant. "Nous attendons de savoir ce que le nouveau Premier ministre veut, quels sont les choix du Royaume-Uni", a ainsi déclaré mercredi le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, Michel Barnier, assurant que "le no deal ne sera jamais le choix de l'UE", bien que les Vingt-Sept y soient "prêts" [Le Point].

Dans tous les cas, "les menaces de Boris Johnson ne semblent pas impressionner les Européens, qui s’estiment en position de force", décrypte France24. Les négociateurs misent en effet "sur la faible marge de manœuvre à laquelle pourrait rapidement se heurter l’ancien maire de Londres, loin de faire l’unanimité dans un pays très divisé sur la question du Brexit, et qui ne bénéficiera que d’une majorité très mince au Parlement". D'autant plus que les parlementaires britanniques se sont déjà, à plusieurs reprises, opposés au no deal.

Pour l'heure, Boris Johnson se dit impatient de reprendre les négociations : "J'ai hâte que l'on se rencontre afin de discuter - en détail - de notre coopération", a-t-il écrit mercredi à Donald Tusk, le président du Conseil européen [Le Point].

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