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[Revue de presse] Brexit : Theresa May demande un report au 30 juin

Revue de presse 20.03.2019

A 9 jours de la date du Brexit, la Première ministre britannique a adressé ce mercredi un courrier aux Vingt-Sept pour demander une prolongation de la date de sortie du Royaume-Uni au 30 juin 2019. Mais pour quoi faire ? Face aux tergiversations de Londres, l'UE affiche sa fermeté et menace de ne prendre aucune décision lors du Conseil européen de jeudi et vendredi.

Theresa May - Crédits : Joel Rouse / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Theresa May - Crédits : Joel Rouse / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Une demande de report au 30 juin

"La Première ministre britannique Theresa May a formellement demandé par écrit, ce mercredi, un report du Brexit 'jusqu'au 30 juin 2019' au président du Conseil européen, Donald Tusk", écrit ce midi La Tribune avec Reuters.

Le matin même, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'était étonné que cette lettre ne soit "pas arrivée pendant la nuit comme prévu" [The Guardian].

Selon une source gouvernementale de la BBC, la Première ministre britannique Theresa May devait également prévoir une option de prolongation pendant une durée maximum de deux ans, mais cette information n'a pas encore été confirmée. 

L'UE affiche sa fermeté

Mais un report pour quoi faire ? Lundi, le speaker de la Chambre des communes John Bercow a déclaré qu'il ne ferait pas revoter les députés britanniques sur l'accord de sortie qu'ils ont déjà rejeté à deux reprises, si celui-ci n'était pas substantiellement modifié. Dès lors, quel est le plan du gouvernement britannique pour éviter un no deal ?

Michel Barnier, le négociateur en chef du Brexit pour l'UE, répète à la cheffe de l'exécutif britannique qu'il faudra de "bonnes raisons" pour un report du Brexit [Euronews]. "Il faut qu'une extension soit utile", étant donné les "coûts politiques et économiques" de ce scénario, ajoute-t-il. "La tonalité semble avoir évolué vers une plus grande dureté au sujet de l'extension que Londres s'apprête à demander", annoncent donc Les Echos.

La France affiche encore plus de fermeté. "S’il n’y a ni vote de l’accord de retrait au Parlement britannique ni proposition alternative crédible, 'on s’orientera mécaniquement sur le chemin du no deal'”, a soufflé mardi une source à l'Elysée [Reuters].

Le même jour, la chancelière allemande s'est montrée plus modérée. Elle a promis qu'elle allait se "battre jusqu'au bout" pour une sortie ordonnée du Royaume-Uni [Les Echos]. "Mais son ministre des Affaires européennes, Michael Roth, n'a pas mâché ses mots en arrivant à la réunion ministérielle qui s'est tenue à Bruxelles", fait savoir le journal. "Nous n'avons plus beaucoup de temps et nous sommes franchement exténués par ces négociations", a-t-il prévenu. N'ayant "pas d'appétit pour des discussions et des négociations sans substance et très abstraites", il attend "des propositions précises du gouvernement britannique quant à la nécessité d'une extension".

Une décision repoussée à la semaine prochaine ?

La demande britannique pourrait même ne pas être tranchée au Conseil européen en fin de semaine. C'est en tout cas ce qu'a affirmé Jean-Claude Juncker mercredi.

Dans une interview à la radio allemande Deutschlandfunk, le chef de l'exécutif européen a indiqué ne pas s'attendre à une décision sur le report du Brexit au cours de la rencontre [Le Figaro avec l'AFP] : "j'estime, cela vous surprendra peut-être, qu'il n'y aura pas de décision cette semaine lors du Conseil européen, mais que nous devrons probablement nous voir de nouveau la semaine prochaine, parce que Theresa May n'a d'accord sur rien au sein de son conseil des ministres et au Parlement".

"Tant que nous ne savons pas ce à quoi le Royaume-Uni pourrait dire oui, nous ne pouvons pas non plus parvenir à une décision", a-t-il ajouté.

Un casse-tête pour les élections européennes

Une extension longue poserait notamment problème avec les élections européennes de mai prochain. Au-delà du 30 juin, voire du 23 mai selon d'autres analyses juridiques, le Royaume-Uni serait tenu d'y participer. Si comme le préconise l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, le report dure de 9 à 12 mois par exemple [Challenges avec l'AFP], les Britanniques devraient donc élire des eurodéputés.

Court ou long, ce qu'impliquerait un report du Brexit

Au Parlement européen, l'incertitude atteint des sommets, relate RFI. Quel sera le sort des 73 eurodéputés du Royaume-Uni si le Brexit est reporté au-delà de l'échéance électorale européenne, s'interroge le député néerlandais libéral Matthijs van Miltenburg. "Moi j'ai des collègues britanniques qui ne savent plus sur quel pied danser. Ils ne savent plus si finalement ils vont partir le 29 mars, s'ils doivent encore rester quelques mois, si finalement ils doivent se présenter aux élections qui doivent se tenir", rapporte-t-il.

D'après des diplomates européens [Reuters], les Vingt-Sept pourraient finalement repousser le Brexit "jusqu'à mi-avril" seulement. D'ici là, si aucun accord de sortie n'est ratifié, le Royaume-Uni sera contraint, par sa propre loi électorale, à dire s'il compte prendre part aux élections européennes ou non. "Si la réponse est non, le pays n'obtiendrait pas un report long", explique l'agence.

 

 

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