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Comment l'Union européenne lutte-t-elle contre le chômage des jeunes ?

Déjà bien plus touchés par le chômage que l’ensemble de la population, les jeunes subissent de plein fouet la crise économique liée à la pandémie de Covid-19. Pour accompagner leur insertion sur le marché du travail, l’Union européenne a notamment lancé en 2013 la Garantie pour la jeunesse, renforcée en octobre 2020.

Depuis la création de la Garantie pour la jeunesse, plus de 24 millions de jeunes Européens y ayant fait appel ont accepté une offre d’emploi, de stage, d’apprentissage ou de formation continue - Crédits : Halfpoint / iStock

17,2 %, c’est la part de jeunes de moins de 25 ans au chômage dans l’Union européenne en février 2021, contre 7,5 % pour l’ensemble des actifs.

Chômage des jeunes : une situation alarmante

Alors qu’il avait atteint un pic de 24,5 % courant 2013 à la suite de la crise économique de 2008, le taux de chômage des jeunes avait fortement baissé ensuite, se situant à 15 % en février 2020. Mais la propagation du coronavirus et ses impacts économiques particulièrement négatifs l’ont fait repartir à la hausse. En un an, ce taux a ainsi connu une croissance de 2,2 points. 

Evolution du chômage des jeunes dans l’Union européenne et dans la zone euro de janvier 2008 à février 2021 - Source : Eurostat

Une situation qui renforce la précarité des jeunes. Dès mai 2020, l’Organisation internationale du travail (OIT) considérait qu’ils étaient “affectés de manière disproportionnée” par les effets de la crise du Covid-19. Même constat au niveau national en France, où l’Observatoire des inégalités dressait en novembre 2020 le portrait d’une jeunesse en première ligne face au ralentissement économique. Dans ce contexte difficile, que peut faire l’Union européenne pour améliorer la condition des jeunes sur le marché du travail et leur garantir un avenir meilleur ? Quels dispositifs d’accompagnement à l’insertion dans la vie active met-elle en place ?

La Garantie renforcée pour la jeunesse

La politique de l’emploi relève essentiellement des Etats membres. En la matière, les compétences de l’UE sont donc limitées mais les institutions européennes peuvent émettre des recommandations que les gouvernements nationaux sont libres de suivre ou non. La Garantie pour la jeunesse, dispositif phare de la lutte contre le chômage des jeunes en Europe, a ainsi été adoptée par le Conseil en avril 2013, sur proposition de la Commission européenne. Sur une nouvelle proposition de cette dernière en juillet 2020, les Etats membres ont souscrit aux objectifs de la Garantie renforcée pour la jeunesse, laquelle étend notamment l’âge des bénéficiaires.

Avec ce dispositif, les pays de l’UE se sont engagés à garantir à tout jeune de moins de 25 ans, puis de moins de 30 ans à partir d’octobre 2020, une offre d’emploi, de formation continue, d’apprentissage ou de stage dans les quatre mois qui suivent la perte de son emploi ou la fin de ses études. La Garantie pour la jeunesse est en grande partie financée par l’Initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ), instrument financier aussi initié en 2013, dont le budget était de 8,8 milliards d’euros pour la période 2014-2020. Dans le cadre de la programmation budgétaire européenne 2021-2027, les mesures de soutien à l’emploi des jeunes seront également financées via le plan de relance Next Generation EU, lequel sera complété par le Fonds social européen +. En France, la Garantie renforcée pour la jeunesse est mise en place à travers le dispositif Garantie jeunes. Les jeunes intéressés doivent s’adresser à la mission locale de leur lieu de résidence.

Depuis la création de la Garantie pour la jeunesse, plus de 24 millions de jeunes Européens y ayant fait appel par les dispositifs nationaux ont accepté une offre d’emploi, de stage, d’apprentissage ou de formation continue, indique le site de la Commission européenne. Mais l’action de l’UE en termes d’insertion des jeunes sur le marché du travail ne se limite pas à la Garantie pour la jeunesse. En matière d’apprentissage, par exemple, l’Alliance européenne pour l’apprentissage (EAfA) a été lancée en 2013. Cette plateforme met en relation des acteurs, gouvernementaux et professionnels notamment, du monde de l’apprentissage afin qu’ils échangent les meilleures pratiques en ce domaine. Selon l’exécutif européen, fin 2020, l’Alliance avait depuis sa mise en place fortement contribué à la création de 900 000 postes d’apprentissage.

En juillet 2020, la Commission européenne a procédé au renouvellement de l’EAfA et défini 6 nouvelles priorités structurantes, telles que l’internationalisation de la formation professionnelle, l’égalité hommes-femmes ou encore l’inclusion sociale.

Au-delà de ces mesures européennes, la Commission souhaite que les Etats membres consacrent 22 milliards d’euros issus des fonds européens, que ce soit du plan de relance Next Generation EU ou du budget 2021-2027, à des mesures en soutien à l’emploi des jeunes.

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