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Comment l’Union européenne lutte-t-elle contre le chômage des jeunes ?

Déjà bien plus touchés par le chômage que l’ensemble de la population, les jeunes subissent aussi plus fortement la crise économique liée à la pandémie de Covid-19. Pour accompagner leur insertion sur le marché du travail, l’Union européenne a notamment lancé en 2013 la Garantie pour la jeunesse, renforcée en octobre 2020.

Depuis la création de la Garantie pour la jeunesse, plus de 24 millions de jeunes Européens y ayant fait appel ont accepté une offre d’emploi, de stage, d’apprentissage ou de formation continue - Crédits : Halfpoint / iStock

15,4 %, c’est la part de jeunes de moins de 25 ans au chômage dans l’Union européenne en novembre 2021. Alors qu’il avait atteint un pic de 24,5 % courant 2013 à la suite de la crise économique de 2008, le taux de chômage des jeunes avait fortement baissé ensuite, se situant à 15,3 % en février 2020. 

Mais la propagation du coronavirus et ses impacts économiques particulièrement négatifs l’avaient fait repartir à la hausse. En un an, ce taux avait ainsi connu une croissance de près de 3 points. S’il est maintenant revenu à un niveau similaire à celui d’avant-crise, il n’en demeure pas moins largement supérieur à celui de l’ensemble des actifs (6,5 % en novembre 2021). 

Evolution du chômage des jeunes dans l’Union européenne et dans la zone euro de janvier 2008 à novembre 2021 - Source : Eurostat 

Une situation qui renforce la précarité des jeunes. Dès mai 2020, l’Organisation internationale du travail (OIT) considérait qu’ils étaient “affectés de manière disproportionnée” par les effets de la crise du Covid-19. Même constat au niveau national en France, où l’Observatoire des inégalités dressait en novembre 2020 le portrait d’une jeunesse en première ligne face au ralentissement économique. 

Dès lors, que fait l’Union européenne pour améliorer la condition des jeunes sur le marché du travail ?

La Garantie renforcée pour la jeunesse

En Europe, la politique de l’emploi relève essentiellement des Etats membres. Les compétences de l’UE sont limitées mais les institutions européennes peuvent émettre des recommandations, que les gouvernements nationaux sont libres de suivre ou non. 

La Garantie pour la jeunesse, dispositif phare de la lutte contre le chômage des jeunes en Europe, a ainsi été adoptée par le Conseil en avril 2013, sur proposition de la Commission européenne. Sur une nouvelle proposition de cette dernière en juillet 2020, les Etats membres ont souscrit aux objectifs de la Garantie renforcée pour la jeunesse, laquelle étend notamment l’âge des bénéficiaires. 

Avec ce dispositif, les pays de l’UE se sont engagés à garantir à tout jeune de moins de 25 ans, puis de moins de 30 ans à partir d’octobre 2020, une offre d’emploi, de formation continue, d’apprentissage ou de stage dans les quatre mois qui suivent la perte de son emploi ou la fin de ses études. 

Depuis sa création, plus de 24 millions de jeunes Européens y ayant fait appel par les dispositifs nationaux ont accepté une offre d’emploi, de stage, d’apprentissage ou de formation continue, indique le site de la Commission européenne.

La Garantie renforcée pour la jeunesse est en grande partie financée par l’Initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ), initiée en 2013 et dont le budget était de 8,8 milliards d’euros pour la période 2014-2020. 

Dans le cadre de la programmation budgétaire européenne 2021-2027, les mesures de soutien à l’emploi des jeunes sont financées via le Fonds social européen +, auquel est maintenant intégrée l’IEJ par souci de simplification, ainsi que par le plan de relance Next Generation EU.

En France, la Garantie renforcée pour la jeunesse est mise en place à travers la Garantie jeunes, qui sera remplacée par un nouveau dispositif à compter du 1er février 2022 : le Contrat d’engagement jeune.

Favoriser l’apprentissage

L’action de l’UE en termes d’insertion des jeunes sur le marché du travail ne se limite pas à la Garantie pour la jeunesse. En matière d’apprentissage par exemple, l’Alliance européenne pour l’apprentissage (EAfA) a été lancée en 2013. Cette plateforme met en relation des acteurs, gouvernementaux et professionnels notamment, du monde de l’apprentissage afin qu’ils échangent les meilleures pratiques en ce domaine. Selon l’exécutif européen, l’Alliance a “mis à disposition” 900 000 postes d’apprentissage de 2013 à 2020.

En juillet 2020, la Commission européenne a procédé au renouvellement de l’EAfA et défini 6 nouvelles priorités structurantes, telles que l’internationalisation de la formation professionnelle, l’égalité hommes-femmes ou encore l’inclusion sociale.

Au-delà de ces mesures européennes, la Commission souhaite que les Etats membres consacrent 22 milliards d’euros issus des fonds européens (budget ou plan de relance) à des mesures de soutien à l’emploi des jeunes.

Encourager la mobilité 

Contrairement à une idée reçue, le programme Erasmus+ ne s’adresse pas qu’aux étudiants. Il offre aussi des opportunités professionnelles, et s’inscrit donc dans les initiatives européennes permettant de lutter contre le chômage des jeunes. Par ailleurs, un échange étudiant dans le cadre d’Erasmus+ contribue à valoriser un CV et à ainsi élargir le champ des opportunités offertes par la vie professionnelle. 

Au-delà des étudiants, le programme s’adresse notamment aux chômeurs. Erasmus+ leur permet de réaliser un stage professionnel en Europe d’une durée de trois à six mois, sans condition d’âge ni de diplôme. Les apprentis peuvent également bénéficier du programme, avec une mobilité européenne comprise entre deux semaines et 12 mois. Celle-ci prend la forme d’un stage en entreprise ou d’une formation dans un organisme de formation professionnelle, qui inclut obligatoirement un passage en entreprise. Le séjour est encadré par l’établissement de formation du bénéficiaire et validée dans son cursus. 

Pour les jeunes de 18 à 30 qui ne travaillent pas et ne suivent pas d’études ni de formation (en anglais Neet, Not in Education, Employment or Training), particulièrement défavorisés sur le marché de l’emploi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé en septembre 2021, dans son discours sur l’état de l’Union, la création à venir d’un nouveau dispositif. Nommé Alma (Aim, Learn, Master, Achieve — en français Orientation, Apprentissage, Maîtrise, Réussite), il leur proposera un séjour supervisé dans un autre Etat membre de l’UE d’une durée de deux à six mois. Un accompagnement des bénéficiaires, qui recevront des conseils tout au long de leur mobilité, devra leur permettre d’en tirer le plus possible avantage. Financé par le Fonds social européen Plus (FSE+), destiné à améliorer la situation de l’emploi et de l’éducation en Europe, il viendra compléter l’offre d’Erasmus+, mais aussi du corps européen de solidarité. Ce programme fournit quant à lui une aide financière à des jeunes de 18 à 30 ans désirant réaliser un volontariat individuel ou participer à un projet de groupe au sein de structures porteuses d’initiatives solidaires. Dans ce cadre, une formation peut leur être dispensée. 

2022, année européenne de la jeunesse

Pour répondre aux besoins de la jeunesse, durement affectée par les conséquences économiques et sociales de la pandémie de Covid-19, l’UE a décidé de lui dédier cette année. Une occasion de promouvoir les programmes européens prévus pour les jeunes, et d’en créer d’autres, à l’instar d’Alma. Conférences, débats et campagnes d’information seront organisés dans l’ensemble des Etats membres pour leur faire connaître les opportunités dont ils disposent, et réfléchir aux meilleurs orientations possibles pour la politique européenne de la jeunesse. Les initiatives de cette année européenne consacrée aux jeunes seront reprises sur le portail européen de la jeunesse.

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