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[Revue de presse] Brexit : Boris Johnson appelle à de nouvelles élections avant Noël

Revue de presse 25.10.2019

Boris Johnson a mis ses menaces à exécution, jeudi 24 octobre. Tenu en échec à deux reprises par le Parlement britannique, qui l'a poussé à quémander un nouveau report du Brexit aux Européens, le Premier ministre du Royaume-Uni a réclamé la tenue de nouvelles élections le 12 décembre prochain. Il espère ainsi faire valider son accord de sortie. Cet ultimatum n'est pourtant pas sans risques.

Boris Johnson appelle à de nouvelles élections, jusqu'alors refusées par le parti travailliste de Jeremy Corbyn  - Crédits : Jessica Taylor / Flickr UK Parliament CC BY-NC 2.0

Boris Johnson appelle à de nouvelles élections, jusqu'alors refusées par le parti travailliste de Jeremy Corbyn - Crédits : Jessica Taylor / Flickr UK Parliament CC BY-NC 2.0

Le Monde parle de "chantage". Le Figaro de "bluff". La proposition de Boris Johnson est en tout cas assez simple : "si le Parlement 'veut plus de temps pour étudier' l’accord de Brexit qu’il a conclu avec Bruxelles, [les députés] 'peuvent l’avoir mais ils doivent approuver des élections générales le 12 décembre'", explique Ouest-France (avec l'AFP et Reuters), en reprenant des propos du Premier ministre britannique, tenus jeudi 24 octobre.

Avec ce "nouveau mouvement aussi tactique d'improbable", selon Le Monde, Boris Johnson "espère sortir de l’impasse dans laquelle il se trouve à nouveau, la résistance à son accord décroché la semaine dernière à Bruxelles s’organisant progressivement à Westminster".

Des élections pour débloquer le Parlement

Ce "coup de poker désespéré" [L'Opinion] vise à débloquer la situation à la Chambre des communes. Alors que Boris Johnson y a perdu sa majorité, il y est désormais mis en difficulté pour faire ratifier l'accord de sortie négocié avec les Vingt-Sept le 17 octobre dernier. "Les députés ont approuvé mardi le principe de l’accord de Boris Johnson mais se sont prononcés contre le calendrier d’examen accéléré proposé par le Premier ministre", rappelle Le HuffPost avec l'AFP.

De nouvelles élections ? "C'est la voie à suivre", a donc défendu le Premier ministre face aux députés britanniques, rapporte Euronews avec l'AFP. "Il est temps (…) que l'opposition retrouve ses nerfs pour se soumettre tous ensemble au jugement de notre patron à tous, le peuple du Royaume-Uni", a-t-il poursuivi.

Avec sa proposition de législatives anticipées avant Noël, Boris Johnson espère en fait accélérer le processus de ratification de son accord, en dissuadant l'opposition de déposer une pluie d'amendements pour le dénaturer. Les travaillistes ont déposé, entre autres, un amendement censé "permettre le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE", indique l'ancien conseiller Europe de Theresa May, Raoul Ruparel, pour La Croix. De quoi provoquer "la colère dans [le] camp de Boris Johnson".

A l'inverse, si les députés britanniques décidaient tout de même de prendre leur temps, Boris Johnson espère regagner sa majorité au cours des nouvelles élections, afin de faire passer ensuite, avec le seul soutien de son camp, le deal qu'il a trouvé avec Bruxelles.

Un coup de poker risqué

"Seul hic, de taille", pour convoquer de nouvelles élections : Boris Johnson aura besoin "des voix des deux tiers des députés", rappelle Le Figaro, soit 434 voix. "Or, par deux fois depuis la rentrée, le Labour de Jeremy Corbyn a refusé de les lui accorder", poursuit le quotidien. Le parti d'opposition "soutiendra des élections une fois que la possibilité d’une sortie sans accord de l’UE sera écartée et si le report le permet", a encore répété la travailliste Valerie Vaz devant le Parlement [La Croix avec l'AFP].

Et même s'il obtenait un scrutin anticipé, Boris Johnson aurait encore la lourde tâche de regagner sa majorité. Confiant, il "s’appuie sur des sondages donnant une confortable avance aux conservateurs (autour de 35 % d’intentions de vote), tandis que les travaillistes se traînent une quinzaine de points derrière" [Le Figaro]. Il peut également compter sur un vent politique favorable ces derniers jours : "les députés britanniques ont approuvé jeudi le programme du gouvernement de Boris Johnson" à 310 voix contre 294, ajoute Ouest-France. "Une victoire inattendue pour le Premier ministre conservateur", qui s'ajoute à l'accord de principe que les députés ont donné à l'accord de sortie de l'UE, mardi 22 octobre.

Toutefois, "une victoire électorale de Boris Johnson n'a rien d'un fait accompli", nuance Chris Curtis, directeur de recherche à l'institut de sondages YouGov, dans L'Express. Et l'histoire parle d'elle-même : "lorsque Theresa May a convoqué un scrutin anticipé en 2017, elle caracolait aussi en tête dans les sondages. Ce qui ne l’avait pas empêché de perdre sa majorité", prévient Le Figaro.

Un difficile report

Quant aux Européens, s'ils semblent bien partis pour accepter un nouveau report du Brexit [Libération avec l'AFP] - demandé à son corps défendant par le Premier ministre britannique le 19 octobre - leurs positions divergent pour le moment. "Donald Tusk, président du Conseil européen, comme Angela Merkel et une majorité de dirigeants des Vingt-Sept, plaident pour une extension de trois mois" comme réclamée par le Parlement de Westminster, explique Le Figaro. "À l’inverse, Emmanuel Macron veut en finir au plus vite. Il réclame une extension très limitée, de quinze jours à un mois, juste le temps de laisser la Grande-Bretagne finir d’examiner et d’approuver l’accord".

Enfin, la présidente élue de la Commission Ursula von der Leyen a elle aussi fait connaître ses conditions : "si après le 1er novembre (…) il y avait une prolongation et que le Royaume-Uni faisait toujours partie de l'Union européenne, je demanderais bien sûr au Royaume-Uni d'envoyer un commissaire", rapporte la RTBF avec Belga.

La question du report "pourrait être débattue pendant le week-end par les dirigeants et la réponse pourrait arriver lundi", selon une source européenne de l'AFP, reprise par l'hebdomadaire Challenges. Ce n'est qu'après cette décision que Boris Johnson aurait une chance de pouvoir organiser de nouvelles élections.

"Wait and see !", conseillent donc Les Echos aux investisseurs. Tandis que pendant ce temps, "les Français, lassés, se préparent au Brexit" : selon une enquête Odoxa pour Le Figaro, 63 % d'entre eux pensent que la sortie du Royaume-Uni de l’UE aura un impact négatif pour la France.

 

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