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[Revue de presse] Biélorussie : les Européens divisés sur la stratégie à adopter

Revue de presse 13.08.2020

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell a convoqué une réunion d'urgence entre les ministres européens des Affaires étrangères pour le vendredi 14 août. Parmi les sujets abordés, l'aggravation de la répression en Biélorussie occupera une place centrale. Mais les Vingt-Sept divergent sur la stratégie à adopter.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, appelle les 27 ministres européens des Affaires étrangères à prendre des mesures face à la Biélorussie lors d'une réunion d'urgence prévue vendredi 14 août

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, appelle les 27 ministres européens des Affaires étrangères à prendre des mesures face à la Biélorussie lors d'une réunion d'urgence prévue vendredi 14 août - Crédits : Conseil de l'UE

"Quelle ligne l’Union européenne doit-elle adopter après les tensions survenues en Biélorussie au lendemain d’une élection présidentielle contestée ?" C'est pour répondre à cette question que Josep Borrell a convoqué pour vendredi "une réunion extraordinaire des ministres des affaires étrangères de l’UE", écrit 20 Minutes. La réélection d'Alexandre Loukachenko à la tête de la Biélorussie le 9 août est en effet "un vif sujet d'inquiétude", selon RTL Belgique. Sa victoire, vraisemblablement liée à des "falsifications massives" [Le Monde] lui octroyant un score officiel de 80% des suffrages, a généré un vaste mouvement de contestation à travers le pays.

Des manifestations que le chef d'Etat a choisi de réprimer sévèrement : "plus de mille personnes ont été arrêtées par la police dans la nuit de mardi à mercredi", selon le ministère de l'Intérieur biélorusse cité par le média. Les affrontements ont surtout provoqué la mort de deux personnes, 51 étant blessées [Le Monde]. L'Union européenne a réagi en qualifiant cette violence de "disproportionnée et inacceptable", suite à un scrutin "ni libre ni équitable" [RTL Belgique]. S'y ajoute la fuite contrainte de la principale opposante au régime et candidate à l'élection présidentielle, Svetlana Tsikhanovskaïa. Celle-ci a en effet "quitté le pays pour la Lituanie voisine", conduisant Josep Borrell, le haut représentant de l'Union pour les Affaires étrangères, à "envoyer un avertissement à Minsk", en assurant que l'UE "prendra des mesures" [Politico]. Au cours de la réunion qu'il a convoqué, les diplomates européens devraient discuter de la possibilité de rétablir des sanctions à l'égard du pays [Le Figaro].

Vers un rétablissement des sanctions ?

"Mais l’idée d’appliquer des mesures de rétorsion contre la Biélorussie divise les 27", rapporte La Libre Belgique. L'idée de sanctions européennes contre "les responsables des violences, des arrestations injustifiées et de la falsification des résultats des élections" est en effet soutenue par plusieurs pays européens, explique Le Figaro. La Suède envisage ainsi "d'élargir les sanctions ciblées contre les responsables de la violence contre les manifestants (et) de la fraude électorale", a déclaré sa ministre des Affaires étrangères Ann Linde [Reuters].

Quant à l’Allemagne, elle aurait "pris la tête des pays favorables à l’application de sanctions", selon Courrier international. Depuis quelques années, l’UE a levé une partie des sanctions contre la Biélorussie parce que le pays a pris "des mesures allant dans la bonne direction", rappelle le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas. Mais désormais, "il va falloir que nous discutions très sérieusement de la possibilité d’inverser la donne étant donné le contexte de ces dernières semaines, et tout particulièrement de ces derniers jours", a-t-il averti [Courrier international].

De son côté, le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Stef Blok, a déclaré "qu'une réintroduction de sanctions n'était pas exclue, mais qu'il était important d'éviter des mesures qui affecteraient la population biélorusse", rapporte The Guardian. "La difficulté de l’exercice [est] qu’il faut faire pression sur le régime pour obtenir les effets voulus, sans le braquer",  souligne à son tour le chroniqueur Olivier le Bussy dans La Libre.

La deuxième voie de la médiation

C'est pourquoi d'autres Etats paraissent plus réservés face à l'éventualité de nouvelles mesures de rétorsion. Certains pourraient ainsi refuser "d'acter la rupture avec la Biélorussie, considérée comme un rempart aux tentations d'influence de Moscou", analyse Le Figaro. "C'est spécialement le cas de l'Estonie, la Lettonie et la Finlande, qui soutiennent l'idée polonaise d'une médiation". "Il y a encore de l'espace pour le dialogue", assure ainsi le ministre letton des Affaires étrangères Edgars Rinkēvičs, cité par le média.

La Lettonie, la Lituanie et la Pologne ont pris les devants en présentant mercredi 12 août un plan en trois points. Celui-ci "pourrait devenir un prélude à la médiation des présidents de la région pour résoudre la crise politique" en Biélorussie, a déclaré le président lituanien [Mediapart avec AFP]. Il prévoit à cet effet que le président sortant Alexandre Loukachenko crée "un conseil national réunissant des représentants du gouvernement et de la société civile, sous peine de sanctions de l’UE". Ainsi que la libération des "manifestants détenus" et l'arrêt de "l’usage de la force contre ses citoyens", détaille le journal.

Plus globalement, la division européenne met "en lumière les difficultés croissantes de l'UE à traiter fermement avec les autocrates du monde", analyse le Financial Times. Cité dans les colonnes du quotidien financier, le directeur du think tank Centre for European Reform Charles Grant dénonce même "une politique de deux poids, deux mesures". "Une partie du problème de l'UE est que chaque décision de politique étrangère doit être prise à l'unanimité", poursuit le média. Et de fait, "de telles décisions peuvent prendre des semaines, voire des mois" avant d'être adoptées, complète Reuters.

 

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