Derniers articles publiés

Pays-Bas : l'europhobe Geert Wilders battu par le Premier ministre sortant Mark Rutte

Revue de presse 16.03.2017

Après le Brexit au Royaume-Uni et la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis, tous les regards étaient rivés sur les Pays-Bas mercredi 15 mars, à l'occasion des élections législatives. Bien qu'en perte de vitesse, c'est le Parti libéral du Premier ministre sortant Mark Rutte (notre photo) qui a finalement battu le parti xénophobe de Geert Wilders. Un scrutin marqué par une très large participation, dont l'issue soulage les dirigeants européens.

Mark Rutte

"Geert Wilders a perdu son pari"

"Les électeurs des Pays-Bas ont déjoué les pronostics", annonce RTL. En effet, malgré des élections phagocytées par la crise diplomatique avec la Turquie, le Parti pour la liberté (PVV, extrême-droite) de Geert Wilders n'a gagné que quatre sièges de députés avec 19 élus, contre 32 sièges pour le Parti libéral de Mark Rutte [L'Express]. La victoire de ce dernier doit toutefois être nuancée par la perte de 9 sièges par rapport aux élections de 2012. La participation a quant à elle été "massive", 81% des 12,9 millions d'électeurs s'étant déplacés [Le Monde].

Malgré "le camouflet" essuyé par le parti populiste, donné pourtant longtemps favoris dans les sondages, Geert Wilders a qualifié le résultat de son parti de "succès" [France 24]. "Électeurs du PVV, merci ! Nous avons gagné des sièges ! Le premier succès est acquis" a-t-il tweeté tout en mettant en garde le Premier ministre néerlandais : "Rutte n’est pas encore débarrassé de moi !" [Ouest France].

Le parlementaire de 53 ans, qui a surtout bâti sa notoriété sur ses prises de positions anti-islam, a su se distinguer de "l’extrême droite traditionnelle", en luttant "contre l’homophobie, pour la défense du droit à l’avortement", tout en "marchant sur les plates-bandes de la gauche, en promettant une baisse drastique des impôts", explique France 24. A travers la création du Parti pour la liberté, Geert Wilders, ancien député du Parti libéral, a su s'imposer "comme la boussole de la scène politique des Pays-Bas, en forçant la droite néerlandaise à se droitiser", précise le média.

Un risque de victoire "surestimé"

Comme le détaille Le Figaro, "le Parti libéral du Premier ministre est arrivé en tête, devançant trois partis ex-aequo" : "les chrétiens-démocrates du CDA, les progressistes de D66 et le PVV de Wilders", qui obtiennent chacun 19 sièges. "Les travaillistes du PvdA, partenaires de la coalition sortante, enregistreraient eux une défaite historique en perdant 29 sièges", poursuit le quotidien.

Pour La Tribune, "la vraie leçon des élections" est bien la forte chute de la coalition jusqu'ici au pouvoir. La réalité est surtout que le peuple néerlandais "a rejeté la politique économique de la coalition" qui a fait revenir le chômage dans le pays au niveau de 2012, mais où "les inégalités se sont creusées et le risque de pauvreté a augmenté". Selon le média, le PVV aurait en outre été incapable de gouverner "compte tenu du cordon sanitaire des autres partis et de l'émiettement de l'électorat".

Soulagement pour les dirigeants européens

Quoiqu'il en soit, la victoire du parti de Mark Rutte face au parti eurosceptique de Geert Wilders "envoie un signal positif aux pro-Européens", souligne Le Soir.

François Hollande s'est empressé de saluer "une nette victoire contre l'extrémisme" en déclarant : "les valeurs d'ouverture, de respect de l'autre et de foi en l'avenir de l'Europe sont la seule véritable réponse aux pulsions nationalistes et de repli sur soi qui secouent le monde" [Le Figaro]. La chancelière allemande Angela Merkel a quant à elle félicité les Pays-Bas pour ce résultat "fantastique", note Ouest France. Enfin, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker "s'est entretenu avec Mark Rutte" et a fait valoir qu'il s'agissait d'un "vote pour l’Europe, un vote contre les extrémistes", relève le journal.