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Manchester : solidarité après l'attaque meurtrière

Revue de presse 24.05.2017

Lundi 22 mai, le Royaume-Uni a été touché par l'attaque terroriste la plus meurtrière commise sur son sol depuis 12 ans. Alors que des milliers de jeunes sortaient d'un concert, l'attentat, revendiqué par Daech, a fait 22 morts et 59 blessés. L'heure est au recueillement, mais également déjà aux bilans et aux réactions.

Theresa May

Le terroriste identifié, le Royaume-Uni renforce sa sécurité

Lundi soir, à Manchester, l'attentat le plus meurtrier commis au Royaume-Uni depuis ceux du 7 juillet 2005 a été perpétré. Deux mois jour pour jour après l'attentat de Londres qui visait Westminster et dont le bilan est de 4 morts et 50 blessés, ce sont cette fois 22 personnes qui ont perdu la vie, alors qu'au moins douze enfants de moins de 16 ans figurent parmi les 59 blessés [Libération].

Le terroriste était connu des services britanniques, qui ont confirmé mardi en fin d’après-midi que le kamikaze à l'origine de l'attentat, Salman Ramadan Abedi, est un Mancunien d’origine libyenne âgé de 22 ans [Libération].

D'abord considéré comme un assaillant isolé, la piste d'un attentat organisé émerge. The Irish Times, cité par Courrier international , estime que bien que "la technique utilisée dans l’attentat de Manchester n’est pas aussi perfectionnée que celle des attentats de Bruxelles et de Paris, même la bombe la plus rudimentaire requiert de la préparation". Ainsi, le terroriste doit "soit acquérir, soit fabriquer des explosifs ainsi qu’un détonateur, et avoir une expertise suffisante pour faire exploser le dispositif". "La possibilité qu’un groupe d’individus plus large soit lié à l’attentat de Manchester" n'est donc pas à écarter, selon la Première ministre britannique [Le Monde].

Dans la soirée de mardi, Theresa May a indiqué que l'échelon du système d'alerte pour le terrorisme international passerait de "grave" à "critique". Ce système compte cinq échelons : la menace peut aller de "faible" à "critique" en cas d’attaque imminente, expliquent Les Inrocks.

Soutiens et trêve politique après une attaque "d'une lâcheté épouvantable et répugnante"

"Nous luttons pour comprendre le cerveau perverti et dérangé qui a considéré une salle remplie de jeunes enfants non comme un lieu attendrissant mais comme une opportunité de carnage" a déclaré Mme May. Cette dernière a dénoncé la "lâcheté épouvantable et répugnante" de l’attentat et affirmé que "les valeurs et le mode de vie" britanniques ne seraient pas atteints, rapporte Le Monde.

Les réactions de solidarité et de soutien des dirigeants européens et dans le monde ont très vite affluées. Emmanuel Macron a affirmé sa "volonté de renforcer la coopération européenne en matière de lutte contre le terrorisme". Le président russe Vladimir Poutine s’est quant à lui dit disponible pour "développer la coopération antiterroriste". Donald Trump a, lui, assuré la Grande-Bretagne du "soutien indéfectible des États-Unis" et la chancelière allemande, Angela Merkel, a fait part de son "horreur", cite L'Humanité.

Au Royaume-Uni, la campagne a été suspendue. "Après l’attentat, Theresa May et son rival travailliste, Jeremy Corbyn, ont décidé de suspendre leur campagne en vue des élections législatives du 8 juin" [Libération]. "Cette trêve politique prend la couleur du deuil", avec des rassemblements qui se sont tenus, mardi soir, en hommage aux victimes, note L'Humanité.

Quelle gestion du terrorisme après le Brexit ?

Pendant la campagne sur le référendum, les partisans du Brexit agitaient l'argument d'une sécurité renforcée par une sortie de l'Europe. David Davis, actuel négociateur du Brexit, affirmait ainsi que "parmi les tueurs, beaucoup sont des citoyens de l'UE dont nous ne pouvons même pas interdire l'entrée, bien que le Royaume-Uni n'appartienne pas à Schengen" [Le Figaro].

"Mais le scénario de l’opération suicide de Manchester affaiblit l’argument (…)  selon lequel le terrorisme serait un phénomène continental lié à l’espace sans frontières de Schengen (auquel le Royaume-Uni n’appartient pas) et le Brexit une façon de se protéger", estime Le Monde. Ce carnage, qui fait suite à une série d'évènements similaires en Europe "illustre au contraire la nécessaire dimension européenne de la lutte antiterroriste", poursuit le journal. Le Brexit, "surtout s'il est mal géré", risque de fragmenter les services de sécurité "au plus mauvais moment", ajoute Le Figaro.

Le quotidien affirme que l'Union européenne "se tirera magistralement une balle dans le pied" si les négociations aboutissent à "couper le continent du renseignement britannique, considéré comme l'un des meilleurs au monde".

Analyste du MI5 (service de sécurité britannique) et directeur d'Europol, Rob Wainwright, cité par Le Figaro, s'inquiète de "voir son pays renoncer à quatre outils de l'UE qui ont fait leur preuve : le mandat d'arrêt européen, (…) l'accès aux bases de données informatiques comme le Système d'information Schengen (SIS), la coopération judiciaire transfrontières et bien sûr Europol elle-même, avec son millier d'agents et d'officiers de liaison, américains compris".