Derniers articles publiés

La Commission européenne cède-t-elle face à un "enfumage" budgétaire ?

Revue de presse 29.10.2014

Aucun budget des membres de l'Union européenne ne sera retoqué. La Commission n'a pas identifié de dérapage sérieux. Un bras de fer s'était pourtant engagé entre celle-ci et la France et l'Italie, mais les modifications, à la marge, des deux pays ont semblé convaincre l'exécutif européen.

Michel Sapin

Le "scénario humiliant" est évité pour la France et l'Italie, car "après avoir juré de leur inflexibilité, les gouvernements français et italien ont fini par plier en annonçant in extremis une réduction supplémentaire de leur déficit", explique Le Nouvel Observateur. L'hebdomadaire précise tout de même que "les deux pays présentent des situations très contrastées : alors que Paris ne prévoit pas de ramener son déficit sous 3 % avant 2017, soit avec encore deux ans de retard, Rome affiche un déficit sous les 3 % mais souhaite reporter de 2015 à 2017 l'objectif d'équilibre structurel".

La position française faisait donc plus polémique. Challenges compare la situation à "un poker menteur" entre la Commission européenne et la France, se concluant sur un "tour de passe-passe pour trouver 3,6 milliards de plus, finalement sortis du chapeau de Sapin". Aucune réforme n'a été ajoutée pour satisfaire la Commission, mais un ajustement des prévisions, la baisse de la contribution au budget de l'UE et des recettes envisagées grâce à la lutte contre la fraude fiscale permettent de passer entre les mailles du filet. "La ficelle est grosse" pour l'hebdomadaire, qui estime que "Bercy est près de l'enfumage budgétaire, en avançant des chiffres incertains".

Courrier International compare les réactions des journaux européens au sujet du budget français. L'explication de Paris est "du pipeau pour les Allemands", le quotidien espagnol El Pais affirme que "le gouvernement français cède et modifie, seulement en partie, ses prévision pour 2015", tandis que le quotidien britannique Financial Times affirme que "la France, qui dépasse ce seuil depuis six ans, fait fi ouvertement du respect de sa cible pour l'année prochaine", rapporte l'hebdomadaire.

Pour France Info, ce scénario était envisageable car les sanctions financières "auraient été décidées en dernier ressort par les ministres des Finances de la zone euro", ce qui était donc "impossible". De plus, "sanctionner un pays – en l'occurrence la France – qui a déjà la tête sous l’eau relèverait du sadomasochisme", ajoute la radio.

Cette étape, qui clôt trois semaines de tension, après l'agitation de la menace de sanctions, ne marque pas pour autant la fin de la bataille entre Paris et Bruxelles. Et pour cause, la Commission n'hésitera pas à mettre en évidence les insuffisances du budget français dans un avis qu'elle rendra mi-novembre, conformément à la procédure [Le Figaro].

Les autres sujets du jour