Derniers articles publiés

L'Europe humiliée par le "niet" ukrainien

Revue de presse 29.11.2013

L’Union européenne n’a pas su convaincre l’Ukraine de signer, vendredi 29 novembre, un accord historique scellant son rapprochement avec l’Ouest, face à l’intense pression de Moscou sur la principale des anciennes républiques soviétiques [Libération]. Réunis à Vilnius pendant deux jours dans le cadre du troisième sommet du Partenariat Oriental de l'UE, les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Huit ont face à eux six pays de l’espace ex-soviétique.

Ianoukovitch- Rompuy-Barroso

"Humiliation" : c'est le mot le plus fréquemment entendu ces jours-ci dans les couloirs de la Commission européenne et du Service d'action extérieure, note Le Monde .

Humiliation parce que, au bout de six années d'une négociation ardue et à quelques jours d'un sommet tenu à Vilnius et longtemps présenté comme "historique", les dirigeants ukrainiens ont indiqué, le 21 novembre, qu'ils ne signeraient pas l'accord d'association et de libre-échange que leur proposait l'UE, explique le quotidien.

Ce revirement, effectué sous la pression de la Russie, a créé la surprise et suscité la déception au sein de l’UE. Toutefois "certains diplomates européens persistent à espérer que cet accord puisse encore être signé, notamment les Polonais et les Lituaniens, mais cet espoir apparaît de moins en moins faisable", indique Gulliver Cragg, correspondant de France 24 à Vilnius.

Un coup dur pour les instances européennes, qui voient l'Ukraine préférer une alliance régionale à un accord européen, une défaite diplomatique, rapporte France Info.

L'UE pourra toujours se consoler par la signature de la Moldavie et de la Géorgie, qui devraient tout de même parapher l'accord rejeté par l'Ukraine. Mais elle pâtit de sa crise économique ainsi que des relations historiques qui unissent l'Ukraine à la Russie. 

L’offre financière proposée par Bruxelles a été jugée humiliante par Kiev, rappelle Melissa Bell, spécialiste des questions internationales de France 24. L’UE a proposé 6 millions d’euros à l’Ukraine pour lui permettre de se conformer aux standards européens, mais le président Ianoukovitch en réclamait 20 milliards".

"Le président Ianoukovitch est en train de mettre son pays dans une situation d'extrême vulnérabilité aux pressions parce qu'il a perdu la possibilité de l'ancrer en Europe et il est à la dérive. Mais dans quelle direction (...) vers l'Est ou vers le bas, je ne sais pas", a commenté le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt, cité par Le Point.

L'Union européenne n'est pas non plus exempte de critiques. Certains lui reprochent de ne pas avoir donné à l'Ukraine et aux autres pays du Partenariat Oriental une perspective claire et généreuse d'intégration européenne, comme il y a 20 ans avec les pays de l'Est après la chute du Mur.

"L'UE a eu le tort de négocier en vase clos, perchée sur ses grands principes, sans vraiment s'intéresser aux intérêts de Kiev", note un diplomate au cœur de la négociation cité par Le Figaro. L'Europe a également sous-estimé les capacités de chantage de la Russie, ajoute le président polonais, Bronislaw Komorowski.

Un désaveu aussi cinglant est venu de Ioulia Timochenko, principale opposante du président Ianoukovitch, dont l'UE cherche précisément la libération. Du fond de la prison où elle est enfermée depuis 2010, l'icône de la "révolution orange" a fait savoir jeudi 28 novembre que les Européens seraient mieux inspirés "de signer sans hésitation et sans condition, y compris pour ce qui concerne [sa] propre libération". "La libération de l'Ukraine, dit-elle, est aussi nécessaire que celle des prisonniers politiques" [Le Figaro].


Les autres sujets du jour

Diplomatie, Défense