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Italie : pendant que les migrants sont refoulés, les agressions racistes se multiplient

Revue de presse 01.08.2018

Lundi 30 juillet, un navire italien a secouru  108 migrants dans les eaux internationales avant de  les renvoyer en Libye. Oppositions et ONG dénoncent une atteinte au droit international. En parallèle, dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 juillet, Daisy Osakue, une athlète italienne noire, a été agressée. Il s'agirait selon elle d'un acte raciste, comme il y en a de plus en plus en Italie.

Matteo Salvini

Matteo Salvini. Photo : Profil Facebook officiel.

Une "violation du droit international"

"Polémique en Italie". Le ravitailleur Asso Ventotto, "un navire commercial a récupéré 108 migrants dans les eaux internationales et les a renvoyés en Libye". Il s'agit d'une "entorse au droit international selon des ONG et des politiques italiens" [Franceinfo]. En effet, "la Libye n'est pas un port sûr et cela peut conduire à une violation du droit international", a réagi le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés [Le Monde]. Pour Nicola Fratoianni, député italien de gauche, qui a suivi les échanges radio du navire italien, "il s’agit d’un refoulement collectif" [Le Soir]. Une première depuis 2009, comme le rappelle l'ONG allemande Sea-Watch [Franceinfo]. a réagi le

Le Monde mentionne  que ces dernières années, "les garde-côtes italiens coordonnaient leurs opérations et les migrants étaient conduits en Italie". Mais depuis juin, "Rome se défausse sur les garde-côtes libyens, qui ont demandé au navire [Asso Ventotto] de ramener les migrants à Tripoli". L'Italie n'en est toutefois pas à son coup d'essai : en 2012, la Cour européenne des Droits de l'Homme avait condamné le pays "après qu'un navire militaire italien avait ramené des migrants en Libye en 2009" [Franceinfo].

Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, a rejeté les critiques mardi matin en déclarant : "ces dernières heures, les garde-côtes libyens ont secouru et ramené 611 migrants en Libye". Et d'ajouter : "les ONG protestent et les trafiquants perdent leur business ? C’est bien, nous continuons" en répétant son slogan : "ports fermés, cœurs ouverts" [L'Express].

Série d'agressions racistes en Italie

Edit : l'avancement de l'enquête montre que l'agression de Daisy Osakue n'avait pas de caractère raciste.

Une autre affaire a déclenché une vive émotion en Italie en ce début de semaine. Le Parisien rappelle les faits : "Daisy Osakue, une lanceuse de disque née en Italie de parents nigérians", a été victime d'une agression. "Touchée à l’œil par un œuf, la jeune femme de 22 ans souffre d’une abrasion et de lésions à la cornée". "Pour elle, il n’y a pas de doute : son ou ses agresseurs cherchaient une cible noire".

Si Matteo Salvini a immédiatement parlé de "faits inacceptables", "cela n’a pas empêché ses opposants de dénoncer la montée, dans le pays, d’un climat de haine de plus en plus exacerbé" [Le Monde]. Accusé d'entretenir un climat de racisme, le ministre de l'Intérieur a réfuté les critiques, déclarant depuis la plage de Milano Marittima où il passe ses vacances : "il y aurait un climat raciste en Italie ? Ne disons pas de bêtises". Pour lui, "chaque agression doit être punie et condamnée, mais l’immigration de masse permise par la gauche ces dernières années n’aide pas". Loin de chercher à apaiser les tensions, il a également déclaré : "je rappelle qu’il y a environ 700 délits commis chaque jour en Italie par des immigrés, soit près d’un tiers du total, et ceci est la seule vraie urgence pour laquelle je me bats en tant que ministre" [Le Parisien].

Pourtant, les actes violents perpétrés contre des étrangers ou des Italiens d'origine étrangère se multiplient en Italie. Le Monde rappelle que le 3 février dernier, "un militant de la Ligue avait ouvert le feu au hasard sur des migrants, blessant six personnes". Depuis le début du mois de juin, "au moins dix cas dans lesquels des Italiens ont ouvert le feu sur des étrangers ont été rapportés". Face à la multiplication des actes de violence à l'égard des migrants en Italie, le député de gauche Federico Fornaro accuse publiquement le ministre de l'Intérieur d'alimenter ce climat "d’intolérance et de racisme rampant dans le silence assourdissant du premier ministre Conte". Le président de la République, Sergio Mattarella, a quant à lui affirmé que ne "pas voir le grave risque que font courir ces cas de violences sur des migrants serait une énorme erreur" [Le Figaro].