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Irlande du Nord : vers un retour du "direct rule" ?

Revue de presse 02.11.2017

Faute d'accord entre la gauche nationaliste et les conservateurs unionistes en Irlande du Nord, le secrétaire d'Etat britannique James Brockenshire a annoncé mercredi 1er novembre que le budget de l'Ulster serait proposé par le gouvernement britannique. Une décision qui s'ajoute aux menaces répétées de retour à la gestion administrative de la nation par Londres.

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Palais de Stormont (Belfast), siège de l'Assemblée et du cabinet gouvernemental nord-irlandais

Une situation bloquée

Mercredi 1er novembre, le parti nationaliste de gauche Sinn Féin a "acté l’échec des négociations" avec le Parti unioniste démocrate (DUP), dans le but de "former un gouvernement en Irlande du Nord" [Ouest France]. Selon l'Irish Times, les deux partis n'ont pas réussi à "combler le fossé" qui les séparait avant la date butoir du 31 octobre.

Dirigé par les deux partis, l'exécutif nord-irlandais est "paralysé" depuis janvier dernier, suite aux "allégations de scandale financier dans lequel la dirigeante du DUP, Arlene Foster, est impliquée" [The Independent]. RFI rappelle que "six dates butoirs ont été dépassées" sans que le Sinn Féin et le DUP ne s'accordent pour former un gouvernement. The Guardian ajoute que "ni une élection de l'assemblée en mars ni l'élection générale en juin" n'ont permis de débloquer la situation.

Pour le Sinn Féin, "le refus du DUP de souscrire à un nombre de 'questions de droit'", comme le renforcement du statut de la langue gaélique ou le mariage pour les personnes de même sexe, pose problème [Irish Times]. Pour le député du DUP Gregory Campbell en revanche, les négociations achoppent en raison de la "liste de courses de conditions préalables" du Sinn Fein [Irish Times].

Alors que les deux partis sont dos à dos, "le problème fondamental est qu'il n'y a pas assez de motivation ou de volonté de chaque côté", juge The Guardian. Un conflit que vient par ailleurs alimenter, selon le média britannique, "le pacte ridicule entre les conservateurs et les unionistes démocrates" pour former le gouvernement national de Theresa May.

Toutefois, continue le quotidien britannique, si l'opinion publique de l'Ulster "est lasse de cette impasse prolongée" qui provoque une "perte de confiance vis-à-vis des institutions", les partis n'en subissent pas nécessairement les conséquences. "Réputés pour leur loyauté vis-à-vis des traditions respectives", les citoyens d'Irlande du Nord tendent ainsi à "récompenser les responsables politiques de leur obstination", ce qui pourrait faire perdurer la crise politique.

Vers un retour à l'administration directe ?

Face à cet échec, le secrétaire d'Etat britannique pour l'Irlande du Nord James Brockenshire "estime donc à présent nécessaire de faire voter une loi de finances pour le pays, mais par Westminster", relate RFI. Bien que Londres souhaite officiellement "voir rétabli un gouvernement en Irlande du Nord" [Ouest France], M. Brockenshire a estimé, le 1er novembre à Belfast, "peu probable qu’un exécutif [soit] en place pour voter un budget d’ici à la fin novembre, date à laquelle nous estimons que l’Irlande du Nord commencera à être à court de ressources. Aucun gouvernement ne peut rester immobile et laisser cela arriver" [RFI].

Selon le secrétaire d'Etat il ne s'agit toutefois "pas d’administration directe pour autant [mais] juste [d']une intervention ponctuelle" [RFI]. Pour plusieurs médias cependant, une telle décision pourrait créer un précédent : "une première étape dans ce retour à la 'direct rule'", juge ainsi Ouest France, car le vote du budget de l'Irlande du Nord par Westminster serait "une première depuis des décennies".

Le Premier ministre d'Irlande Leo Varadkar y voit également un "glissement vers le 'direct rule'" et prévient que "le gouvernement [irlandais] ne pourra pas accepter la forme d'administration directe qui a existé avant l'accord de Belfast de 1998" [Irish Times].

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