Derniers articles publiés

Immigration : La Hongrie veut des quotas mondiaux d'accueil tandis que l'Allemagne prévoit de durcir son droit d'asile

Revue de presse 30.09.2015

Après un débat centré sur la crise syrienne en début de semaine, l'Assemblée générale des Nations unies organise aujourd'hui un sommet sur la crise migratoire, informe Le Figaro. Il y sera, à nouveau, question de quotas avec la proposition de la Hongrie qui souhaite mettre en place des quotas mondiaux d'immigration. L'Allemagne quant à elle durcit ses conditions d'asile et la France exhorte à la solidarité les Etats du groupe de Visegrád.

Pres Zuma - 70th UNGA

Comme pour faire écho à la proposition russe d'une coalition internationale face à l'Etat islamique, le chef de la diplomatie hongroise, Peter Szijjarto, a présenté la position de son gouvernement : "nous allons proposer une initiative sur des quotas mondiaux, car la question des migrants est un défi global qui doit avoir une réponse globale" [Le Figaro].

Il y a encore peu de temps, le gouvernement de Victor Orban refusait toute politique de quotas imposée par la Commission européenne, menée par le couple franco-allemand. Les quotas sont maintenant une initiative hongroise pour désengorger l'afflux de migrants en Europe. Près de 8 000 migrants traversent la Méditerranée chaque jour, rappelle le Monde.

Même en Allemagne, qui se présentait comme le moteur de la politique européenne d'accueil, la situation ne parait plus tenable. Le gouvernement allemand a décidé, malgré la critique des ONG, de "durcir certaines conditions du droit d’asile, et [d'en] en exclure les ressortissants des Balkans" tout en veillant à "accélérer les procédures d’examen des demandes d’asile ainsi que les renvois dans leur pays d’origine des personnes déboutées", rapportent Les Echos.

Cette législation n'est encore qu'à l'état de projet et devra être examinée par le Bundestag, susceptible de tendre l'oreille vers les différentes protestations. En effet, "plusieurs associations s’occupant des demandeurs d’asile critiquent sévèrement le projet de loi, le jugeant inefficace et par certains côtés attentatoire aux droits de l’homme" précise Le Monde.

Ce potentiel changement de politique amène Philippe d'Iribarne, chercheur au CNRS, à s'interroger dans les colonnes du Figaro : "Arrogance allemande ou esprit communautaire?", mais il souligne que "la primauté de la solidarité sur l'individualisme dans les rapports sociaux chez notre voisin outre-Rhin".

L'Allemagne, point névralgique de la construction européenne, sert également de leitmotiv à François Hollande dans un discours prononcé hier lors du congrès de la Confédération européenne des syndicats. Le président français a rappelé aux "pays de l'ex-Europe de l'Est, et notamment la Pologne", que "quand le mur de Berlin est tombé, il y avait encore deux Europe". Un appel lancé à ces Etats "à 'ne pas oublier', dans la crise des réfugiés la solidarité que l’Europe leur a manifestée après la chute du Mur" [Libération].

Cet énième appel à la solidarité teinté d'histoire, au groupe de Visegrád, dans l'espoir d'une gestion commune de la crise migratoire conduit à s'interroger sur l'intégration en Europe. Euractiv souligne à cet égard que "si certains Européens s'inquiètent que l'arrivée des réfugiés ne détruise les politiques d'intégration européennes, une récente étude de l'OCDE note que 'les difficultés de l'intégration n'augmentent pas proportionnellement au nombre d'immigrants au sein de la population'".

Les autres sujets du jour

Agriculture, pêche

Symboles, langues

Diplomatie, Défense