Derniers articles publiés

Immigration : face à la lenteur de l'Union européenne, les Etats membres se dispersent

Revue de presse 20.10.2015

La crise migratoire continue de bouleverser la vie politique européenne, tandis que le conflit qui touche la Syrie ne semble pas sur la voie de l'apaisement. Dans une telle situation, les Etats européens multiplient les mesures d'urgence dans l'attente d'une coordination européenne efficace.

v

Le magazine en ligne Slate propose un tableau peu flatteur de la situation actuelle : "comme toujours en Europe, la principale difficulté est la lenteur : tout est toujours trop lent, plus encore lorsqu’il faut se saisir d’une situation d’urgence". Mais à cette difficulté récurrente de la construction européenne, deux autres obstacles doivent être pris en compte, ils  "ont pour nom Turquie et Russie, plus précisément Recep Erdogan et Vladimir Poutine".

L'article va plus loin et identifie deux problèmes propres à la Turquie. D'une part, le pays veut être reconnu comme un "pays sûr". Cela pose "un premier problème" dans la mesure où il s'agit d'un Etat "de plus en plus autoritaire et de plus en plus contestable dans ses choix extérieurs". Le second problème relève de la politique intérieure : le président Erdogan est "à la veille d'une consultation législative" ainsi que "dans une guerre sans merci contre les Kurdes du PKK".

Quant à la Russie, il convient de rappeler que le pays "bombarde des zones contrôlées par des opposants à Assad qui ne sont pas Daech, et provoque un nouvel exode des populations". Par la même occasion, Vladimir Poutine "rend impossible le projet européen de création d’une zone tampon sécurisée à la frontière nord de la Syrie".

La conséquence directe de l'évolution que connait actuellement le conflit syrien parait évidente, les civils fuient la guerre. Courrier international rapporte que "dix mille migrants sont entrés en Macédoine en 24 heures, entre samedi soir et dimanche à 18h". Le journal estime que "cette nouvelle importante vague de réfugiés sur la route des Balkans risque de provoquer une saturation plus au nord à la frontière entre la Serbie et la Croatie et au nord-ouest entre la Croatie et la Slovénie".

Une prédiction qui n'a pas tardé à se vérifier. "La Croatie se résout à ouvrir sa frontière avec la Serbie" titre Le Monde. En effet, "la Croatie a finalement autorisé, lundi 19 octobre en fin d’après-midi, l’entrée de son territoire aux 2 000 à 3 000 migrants qui étaient massés depuis plusieurs heures sous une pluie battante à sa frontière avec la Serbie".

Pour nombre d'entre eux, le passage suivant se situe en Slovénie qui s'est "dite ce mardi matin 'dépassée' par le flux de réfugiés qui afflue à sa frontière avec la Croatie depuis samedi, et a annoncé vouloir faire appel à l'armée pour gérer la situation", annoncent Les Echos.

Les migrants pourront alors accéder à l'Autriche, où "Vienne envisage à présent de fermer ses frontières alors que l'opinion publique glisse de plus en plus vers l'extrême droite", explique Euractiv, tout en précisant que "63 % des Viennois trouvent que la construction de murs physiques n'est pas une solution".

Pour beaucoup de migrants, le Graal se dénomme Allemagne. La situation n'est pourtant pas au beau fixe outre-Rhin. Alors que Le Figaro évoque un "malaise allemand", Libération estime que  "le premier anniversaire du mouvement populiste allemand Pegida lundi à Dresde a exposé les fractures de l’Allemagne face à l’afflux spectaculaire de réfugiés".

Tandis que les Etats prennent des mesures individuelles pour répondre rapidement aux évolutions de la situation, la lenteur des institutions européennes à coordonner une politique d'asile est mise en avant. Pourtant, pour la Bulgarie, le système Schengen reste attrayant afin de gérer efficacement cette crise. Ainsi "Sofia met l’UE en garde contre le danger que représente sa non-adhésion à l'espace unique européen" [Euractiv]. En effet, "la Bulgarie n'a pas accès au système d'information Schengen, et ne peut donc pas vérifier si les réfugiés qui arrivent en masse figurent sur la liste européenne des criminels ou terroristes".

Les autres sujets du jour