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Droit à l'avortement : les Irlandais vont voter par référendum

Revue de presse 31.01.2018

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a annoncé, lundi 29 janvier, la tenue d'un référendum sur l'avortement au mois de mai prochain. Dans ce pays où le poids de l'Eglise catholique demeure très important et où la loi sur l'IVG est l'une des plus restrictives d'Europe, ce vote pourrait représenter une évolution majeure des mœurs.

Léo Varadkar

Léo Varadkar, Premier ministre irlandais. Crédits : International Transport Forum

Lundi 29 janvier, le Taoiseach (Premier ministre irlandais) Leo Varadkar a annoncé que le gouvernement organiserait un référendum sur la libéralisation de l'avortement en mai prochain. La date exacte sera connue "après la conclusion de débats parlementaires" [L'Express].

Ce scrutin, décidé lors d'un conseil des ministres, est porté par le ministre de la Santé Simon Harris. Ce dernier "espère [que le projet de loi sur le référendum] sera publié le 6 mars et introduit à l'Assemblée le 8 mars", qui est la Journée internationale du droit des femmes [Irish Times].

8ème amendement

C'est actuellement le 8ème amendement à la Constitution irlandaise, voté en 1983, qui interdit l'avortement. Comme le rappelle Le Figaro, cet amendement "reconnaît au même titre le droit de vie du fœtus et celui de la mère pendant la grossesse". RFI ajoute que "très largement adopté à une époque où l'Eglise catholique imprégnait plus fortement la société, il allait alors à contre-courant de la direction prise par les autres pays européens". En effet, l'Irlande dispose d'une des législations "les plus restrictives d'Europe" en matière d'avortement, où celui-ci est illégal et "passible de 14 ans de prison".

La loi régissant l'avortement pousse ainsi tous les ans "des milliers d’Irlandaises [à se rendre] à l’étranger pour obtenir une IVG, notamment au Royaume-Uni, ou [à commander] des pilules abortives sur Internet", indique La Croix.

Toutefois, ces dernières années "une libéralisation de la société" a eu lieu [L'Express]. RFI rapporte que "les Irlandais ont été choqués par plusieurs affaires, dont le cas d'une jeune femme, décédée en 2012 d'une grossesse à problème et qui s'était vu refuser une IVG d'urgence". La chaine de radio précise en outre que désormais "les leaders politiques s'affichent presque unanimement en faveur de l'avortement, chose encore impensable il y a peu". C'est pour cela qu'en 2013 l'Irlande "a quitté le cercle très restreint des pays européens où l'avortement est totalement interdit", même si elle ne l'autorise pour le moment "qu'en cas de danger pour la mère" [Le Figaro].

"Accès illimité à l'avortement jusqu'à 12 semaines"

Selon un dernier sondage publié par The Irish Times, les Irlandais seraient aujourd'hui 56% "en faveur de la possibilité d'avoir accès à l'IVG jusqu'à 12 semaines de grossesse et 29% contre" [L'Express]. Le Figaro estime que ces chiffres "témoignent (…) d'un fossé générationnel", car "une franche majorité des électeurs âgés de plus de 65 ans est opposée à une telle réforme".

Cette libéralisation de l'avortement n'est donc pas consensuelle, et d'après "des observateurs de la vie politique irlandaise, il y a fort à parier que la mobilisation soit forte dans le camp des adversaires de la proposition" [Le Figaro].

Tandis que le référendum ne va porter que sur la suppression du 8ème amendement, la proposition du gouvernement d'un "accès illimité à l'avortement jusqu'à 12 semaines" va être un important sujet dans le débat, selon The Irish Independent. Au sein du gouvernement de Leo Varadkar, certains ministres "ont soulevé leurs inquiétudes" quant à cette proposition de loi, explique The Irish Times. Et pour The Irish Independent, séparer le référendum et la loi "ne semble, pour l'instant, pas faisable".

Lors de l'annonce du référendum, Leo Varadkar a déclaré : "selon moi, il faut décider si nous continuons de stigmatiser et de pénaliser nos sœurs, nos collègues et nos amies ou si nous sommes prêts à faire un choix collectif pour exprimer notre empathie et notre compassion" [Le Figaro].

Son ministre de la Santé a quant à lui affirmé que le vote interviendrait après "des décennies d'indécision, de confusion et d'incertitude pour les femmes et leur médecin" [L'Express].