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Crise migratoire : Les Balkans toujours sous l'afflux de réfugiés

Revue de presse 28.10.2015

Les décisions du sommet de dimanche à Bruxelles sur la crise migratoire sont encore loin de permettre une gestion acceptable des réfugiés sur la route entre la Turquie et l'Allemagne.

Spielfeld

Dans les Balkans et sur la route de l'Allemagne, deux stratégies opposées sont à l'œuvre pour gérer le flux migratoire.

A l'instar de la Hongrie, "l'Autriche va édifier une barrière à sa frontière avec la Slovénie", annonce Le Point. En Slovénie,  le Premier ministre, "Miro Cerar, a fini par appeler l’Europe à l’aide en assurant dépenser 770 000 euros par jour pour gérer la crise. Il a même laissé entendre qu’il envisageait la construction d’une clôture antimigrants s’il n’était pas entendu", rapporte Le Monde. Le quotidien précise que  "dimanche 25 octobre, les participants [au minisommet exceptionnel] ont promis d’envoyer 400 policiers européens en renfort".

L'autre solution, adoptée par la Croatie, consiste à tout faire "pour que les migrants passent le plus vite et le plus inaperçus possible" [Le Monde]. La crise migratoire est en effet un enjeu particulier pour le Premier ministre Zoran Milanovic, en pleine campagne pour sa réélection.

Les réfugiés ont pour principale destination l'Allemagne qui, selon l'Opinion, "ne sait plus comment freiner l’afflux des demandeurs d’asile […]. Les capacités d’accueil sont mises à rude épreuve".

Dans cette crise, "Hollande et Merkel partagent les 'mêmes positions'", titre Libération, notamment sur la question du soutien financier que l'Union européenne doit apporter à la Grèce, "principale porte d’entrée en Europe des migrants, avec plus d’un demi-million de personnes qui l’ont traversée depuis le début de l’année".

L'Opinion distingue deux portes d'entrée dans l'UE : "la Turquie et la Grèce sont désormais les deux pays clés de la crise". Quand Angela Merkel s'est rendue en Turquie pour demander au président Erdogan de juguler l'afflux, celui-ci "a donné son prix : une aide de 3 milliards d’euros, la relance des négociations d’adhésion à l’UE, et la libre circulation pour les Turcs dans l’Union".

Si, pour l'Opinion, "le Premier ministre grec s’est gardé d’être aussi brutal", la gestion des réfugiés lui permet de prendre ses distances avec les exigences économiques fixées pour sortir de la crise économique. Un calcul qui pourrait fonctionner : mardi Jean-Claude Juncker a annoncé que les "règles budgétaires qui s'imposent aux pays de la zone euro pourront être assouplies en faveur des pays soumis à un effort important par la crise des réfugiés" [L'Obs].

Cependant, cette crise migratoire est, pour Le Monde, "bien plus profonde que celle de l’euro" car ses racines et ses solutions se trouvent hors de l'Union. "L’Union dépend aussi d’une résolution du conflit syrien, alors qu’elle n’est même pas à la table des négociations". C'était notamment le cas ce vendredi à Vienne, lors d'une rencontre entre Russes, Américains, Turcs et Saoudiens, mais ou aucun Etat européen n'était représenté.

Pour pallier son faible pouvoir diplomatique, l'Union prend des mesures d'urgences. Ainsi "l'opération antipasseurs devra intervenir en Libye" [Le Point], tandis que devrait avoir lieu un "renforcement des effectifs et des compétences de l’agence Frontex" [Le Monde].

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