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Conseil européen : Theresa May seule face à l'UE

Revue de presse 20.10.2016

Aujourd'hui, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se réunissent à Bruxelles pour un nouveau Conseil européen historique. Il s'agit du premier sommet de Theresa May, nommée Première ministre du Royaume-Uni après le référendum du 23 juin, date de la victoire des partisans de la sortie de l'Union européenne. Cette rencontre avec les dirigeants européens sera l'occasion pour la nouvelle cheffe du gouvernement britannique de faire part de ses projets concernant le Brexit. Une situation délicate, dans laquelle aucun des deux camps ne semble, pour l'instant, prêt à faire des concessions.

Brexit

Les dirigeants européens ne veulent pas faire de cadeau au Royaume-Uni

Programme chargé pour ce Conseil européen. Il y sera question d'immigration, de politique commerciale ainsi que des relations avec la Russie et du conflit syrien. La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sera également un des thèmes de la réunion. Theresa May devra faire face à des dirigeants européens déterminés à faire un Brexit sans compromis. Une rencontre "qui risque de tourner au vinaigre à présent [que Theresa May] semble avoir choisi l'option d'un 'hard Brexit'" pour L'Obs. La négociation à venir, après le déclenchement de l'article 50 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, "sera dure, forcément dure, aucune des parties n’ayant intérêt à faire de cadeaux à l’autre" annonce Le Monde.

Les Européens étaient divisés quant à l'attitude à adopter face au Royaume-Uni dans le cadre du Brexit. De l'histoire ancienne aujourd'hui, notamment en ce qui concerne la position de l'Allemagne, prête à se montrer plus conciliante que la France sur ce dossier. "Angela Merkel a désormais totalement rallié le point de vue des Français" souligne France Info, "et tant pis si le Royaume Uni est l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Allemagne".

"La vérité brutale est que le Brexit sera une perte pour nous tous. Il n'y aura pas de gâteaux sur la table, seulement du sel et du vinaigre" a prévenu le Président du Conseil européen, Donald Tusk, dans un discours prononcé le 13 octobre [El País].

"Les Européens en seront pour leurs frais en termes de détails sur la stratégie britannique" explique Le Figaro, "Ils n'apprendront rien de nouveau sur le processus de sortie régi par l'article 50 du traité de Lisbonne, qui ne sera pas invoqué par Londres avant mars prochain". Par ailleurs, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker "répète à l'envi qu'il ne saurait il y avoir de négociations avant le déclenchement de l'article 50" souligne le journal suisse 24 Heures (avec l'AFP).

"Les diplomates britanniques présents à Bruxelles ont essayé de lancer des discussions préparatoires avant que Mme May ne déclenche l'article 50, la procédure de sortie de l'UE. Mais pour le moment, leurs tentatives ont été repoussées. Les diplomates européens insistent sur le fait que le 'pas de négociation sans notification' est intact", nous apprend The Guardian. Néanmoins, "Theresa May essaye d'arrondir les angles" d'ici là [Le Figaro].

Le Royaume-Uni prépare le terrain avant les négociations 

"Il est attendu que la Première ministre, qui déclenchera le Brexit d'ici la fin de mars 2017, dise à ses homologues européens qu'elle désire une procédure 'douce, constructive et ordonnée" selon BBC News. Une attitude qui tranche par rapport à ses récentes déclarations, qui laissent présager un "hard Brexit", c'est-à-dire un retour à un contrôle stricte de l'immigration avec un abandon de l'accès au marché unique. Une issue qu'elle aura bien du mal à éviter si elle maintient sa volonté afficher de mettre fin à la libre circulation : "Les Européens, eux, ne cessent de marteler qu'il n'y aurait pas d'accès au marché unique sans le respect des quatre libertés fondamentales de circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes" rappelle RFI.

Ce positionnement radical des Britanniques à l'égard de leur sortie de l'Union européenne est peut-être uniquement de circonstance, selon La Croix, qui estime que Theresa May "doit apparaître ferme avant d’entamer au printemps les négociations avec les Vingt-Sept. Quitte à ensuite accepter la plupart de leurs desiderata sur la question des relations commerciales." Le Monde adopte le même point de vue, soulignant que du côté de la diplomatie européenne "beaucoup se rassurent en constatant que les diplomates britanniques à Bruxelles restent soucieux de maintenir le dialogue. Ils soulignent que Julian King, le nouveau commissaire britannique chargé de la sécurité, est apprécié pour sa 'loyauté', et qu’une partie des déclarations des uns et des autres relève probablement de la posture de négociation".

La Première ministre britannique est par ailleurs prête à s'engager dans des négociations au long cours, ayant déclaré hier pour la première fois aux députés britanniques qu'elle était susceptible de demander une extension des règles européennes, fixant la durée maximale des négociations à deux ans [The Telegraph].