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Conflit syrien : la rupture entre la Russie et l'Europe se confirme

Revue de presse 10.10.2016

Samedi dernier, la Russie a fait usage de son veto au Conseil de sécurité des Nations Unies contre une résolution française visant à mettre fin aux bombardements à Alep. La rupture entre Russes et Occidentaux, Américains comme Européens, semble devenir inévitable, et l'espoir d'une résolution diplomatique du conflit relève encore un peu plus du vœu pieux.

Conseil de sécurité de l'ONU

Les Occidentaux face à l'intransigeance de la Russie

Pour la cinquième fois depuis le début de la guerre en Syrie, la Russie a posé son veto au Conseil de sécurité de l'ONU. Neufs Etats sur quinze ont ensuite rejeté une résolution de la Russie appelant de manière plus générale que la proposition française "à une cessation des hostilités, notamment à Alep", mais pas à l'arrêt des bombardements [Libération]. "'Placer les acteurs devant leurs responsabilités', selon la formule du Quai d’Orsay, est désormais chose faite. 'Montrer que l’obstruction à toute solution est le fait de la Russie' est aussi un objectif atteint" estime le quotidien. 

La résolution française répond à l'extrême violence des raids aériens frappant la deuxième ville syrienne, dont les 250 000 habitants se trouvent dans une situation de siège à cause des frappes du régime de Bachar al-Assad et de la Russie, suite à une offensive lancée le 22 septembre. France Info, reprenant les chiffres de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, fait état de 290 personnes, dont 57 enfants, tuées à Alep par des tirs d'artillerie et avant tout des raids aériens depuis le début de l'offensive.

Une escalade diplomatique entre la Russie et l'Occident

Les diplomaties européennes et américaine n'hésitent plus à hausser le ton face à la Russie : "L'ambassadeur britannique Matthew Rycroft a qualifié samedi de 'mauvais jour pour la Russie' et de journée 'encore pire pour les habitants d'Alep'. […] Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a jugé samedi la période actuelle 'plus dangereuse' que la Guerre froide." [Challenges].

François Hollande, interrogé pour l'émission Quotidien de TMC, a quant à lui fait savoir qu'il s'était "posé la question" de recevoir le président russe Vladimir Poutine, dont une visite en France est prévue prochainement, après le veto de son pays à l'ONU. A la question "Qu'est-ce que vous avez envie de dire aux habitants d'Alep ?", le président de la République évoque même la possibilité de saisir la Cour pénale internationale pour les armées impliquées dans les raids aériens : "Ce que je leur dis c'est que ces populations sont des populations qui aujourd'hui sont victimes de crimes de guerre. Et que ceux qui commettent ces crimes auront à en payer la responsabilité y compris devant la cour pénale internationale. Voilà ce que je leur dis".

L'état des relations diplomatiques n'est guère meilleur entre Américains et Russes, les Etats-Unis ayant signifé lundi dernier la fin du dialogue avec Moscou pour imposer un cessez-le-feu en Syrie. Le risque d'escalade entre les deux grands est bien réel pour Le Temps : "Après s’être opposés par des guerres de proxy – acteurs intermédiaires ayant leur propre logique – va-t-on bientôt voir un chasseur russe être abattu par un missile américain dans le ciel d’Alep ?", s'interroge le quotidien suisse.

Crise syrienne, crise des réfugiés

La recherche d'une résolution diplomatique du conflit s'inscrit entre autres, en particulier pour les Européens, dans une volonté de mettre fin à la crise des réfugiés, nombre d'entre eux étant issus d'une Syrie ravagée par cinq années de guerre. Aujourd'hui, La Croix publie un entretien avec Florence Kim, porte-parole de l'Office international des migrations. Le journal l'interroge sur les solutions potentielles à apporter à cette crise, dont la résolution se fait de plus en plus pressante.

Elle développe les idées suivantes : "Appliquons déjà nos promesses de relocalisation, par exemple depuis la Grèce vers d’autres pays de l’Union européenne. Ensuite, nous devons, nous Européens, réinstaller des réfugiés syriens qui se trouvent en Turquie. Cela permettra de relâcher un peu la pression dans ce pays. Troisième solution, il faut augmenter les voies légales de migrations humanitaires, afin de ne pas laisser l’opportunité à des passeurs de pouvoir prendre des familles sur leurs embarcations. Cela passe par le développement de visas humanitaires".

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