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Brexit : le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE franchit une nouvelle étape avec le vote du Parlement

Revue de presse 09.02.2017

Mercredi 8 février, les députés britanniques ont adopté, à une large majorité, le projet de loi autorisant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Une nouvelle étape est donc franchie pour la Première ministre britannique Theresa May, qui a promis de déclencher l'article 50 avant le 31 mars. Sa victoire ne dissipe cependant pas les nombreuses dissensions au sein du Parlement britannique ainsi qu'avec le Parlement écossais.

Theresa May au parlement britannique

Le divorce entre Bruxelles et l'Union européenne se précise

"Le Royaume-Uni a franchi une étape-clé", relève Le Point. "Après trois jours de négociation" et l'étude de "140 pages d'amendements", les 650 élus du Parlement britannique ont largement adopté en première lecture, par 494 voix contre 122, le projet de loi autorisant Theresa May à lancer la procédure de sortie du pays de l'Union européenne [Le Figaro]. Ce projet de loi, soumis au Parlement après que "le gouvernement y fut contraint par la Cour suprême en janvier", doit maintenant être examiné par la Chambre des Lords, "qui devrait l’adopter", rappelle Le Soir. Le feu vert de la chambre haute du Parlement britannique donnera à Theresa May le pouvoir d'activer l'article 50 du traité sur l'Union européenne, "qui lancera deux années de négociations de sortie de l'Union européenne" [Le Point].

Eviter la rébellion des conservateurs et contrer les amendements de l'opposition

Si l'adoption définitive ne devrait pas intervenir avant plusieurs semaines, le vote de mercredi représente une victoire pour la Première ministre britannique. Cependant Theresa May a dû contenir les nombreuses réticences au sein même de son parti et parmi l'opposition.

"Pour éviter toute rébellion dans les rangs de la majorité conservatrice", la Première ministre a garanti mardi que "le Parlement se prononcerait sur les termes du Brexit avant le résultat final des négociations entre Londres et Bruxelles, sans toutefois que cela puisse remettre en cause la sortie du giron européen"  [Libération]. "Nous introduirons une motion. Cette motion sera dans l’accord final", a déclaré Theresa May, mercredi au Parlement. Et ce "avant que le Parlement européen ne débatte et valide l’accord final", rapporte le journal.

Au sein de l'opposition, le député libéral-démocrate Tom Brake a qualifié cette annonce de "feuille de vigne (…), refusant d'y voir une concession de la part du gouvernement" [Le Figaro]. Le projet de loi a en effet été voté ce mercredi, "malgré les tentatives des députés pro-UE de fixer des conditions supplémentaires à son plan" [LCI]. En outre, mardi soir, au milieu des négociations, "un amendement de l'opposition travailliste, qui souhaitait que le Parlement se voie accorder un véritable droit de veto sur le futur accord entre Londres et Bruxelles, a été rejeté par 326 voix contre 293" [L'Express].

Afin d'apaiser les tensions, Theresa May a appelé "à respecter la volonté des électeurs". En effet, "si plus des deux tiers des députés se sont opposés au Brexit lors de la campagne du référendum du 23 juin 2016", une majorité d'entre eux estiment désormais "difficile de s'opposer à la volonté des électeurs qui se sont prononcés à 52 % pour une sortie de l'Union européenne" [Le Point]. Jeremy Corbyn, chef de l'opposition officielle, a clarifié sur Twitter les objectifs réels du Parti travailliste aujourd'hui. "Le vrai combat commence maintenant. Au cours des deux prochaines années, le Labour saisira chaque occasion pour faire en sorte que le Brexit protège les emplois, le niveau de vie et l'économie".

Regain de tension avec l'Ecosse

En marge de ce scrutin, à Edimbourg, le Parlement écossais, "dominé par les indépendantistes du Parti national écossais (SNP), a voté symboliquement, mardi 7 février, à une majorité écrasante contre le projet de loi du gouvernement britannique" [Le Monde]. Un geste qui n'a cependant "aucun poids à Londres", puisque la Cour suprême a statué en janvier que "seul le Parlement à Westminster devait être consulté sur le Brexit, s’opposant à une consultation des Parlements régionaux".

En Ecosse, au contraire, on parle de l'un des votes les plus "significatifs dans l'histoire du Parlement écossais depuis la dévolution de 1998" [L'Express]. Selon la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, ce scrutin "est beaucoup plus que symbolique. C’est un test-clé pour savoir si la voix de l’Ecosse est écoutée et si nos souhaits peuvent être pris en compte au sein du processus britannique [de sortie de l’UE], clarifie Le Monde. Lors du dernier referendum sur l'indépendance de l'Ecosse en 2014, Edimbourg s’était d'ailleurs vu "promettre d’être considéré comme un partenaire égal à Londres au sein du Royaume-Uni si la région rejetait la scission".

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