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Autodétermination de la Catalogne : Madrid prête à tout pour éviter le référendum ?

Revue de presse 19.09.2017

Le bras de fer entre le gouvernement espagnol et celui de la Catalogne se poursuit : ce dernier appelle ses citoyens à se prononcer par les urnes sur l'indépendance de la communauté autonome le Dimanche 1er octobre. Mais à l'approche du scrutin, Madrid multiplie les mesures pour l'empêcher d'avoir lieu.

Mariano Rajoy, président du gouvernement d'Espagne

Mariano Rajoy, président du gouvernement d'Espagne

Un "combat sans merci"

Dimanche 1er octobre devrait se tenir un référendum lors duquel les Catalans choisiront "entre leur maintien en Espagne et la création d'un État catalan indépendant" [Le Figaro]. Comme le rappelle Arte, le Parlement catalan "avait adopté, le 6 septembre dernier, une loi" autorisant ce scrutin. Mais cette perspective a provoqué l'ire de Madrid, qui cherche à "éviter à tout prix le scénario vécu en Catalogne le 9 novembre 2014", où 2,3 millions de personnes se sont rendus aux urnes afin de participer à un vote symbolique sur l'indépendance [El País].

Pour cause, ce nouveau scrutin relève d'un scénario "très distinct", car les indépendantistes veulent que "les résultats aient des conséquences juridiques (et pas seulement politiques)" [El País]. Depuis lors, Madrid et Barcelone se livrent un "combat sans merci" où "la confrontation politique augmente de jour en jour" [Le Temps].

"Scrutin de la discorde"

C'est d'abord au travers de moyens juridiques que Madrid s'attelle à empêcher ce référendum. Le tribunal constitutionnel a ainsi suspendu trois lois concernant le référendum, son organisation et la période de transition qui suivrait une éventuelle indépendance  [La Vanguardia]. Par ailleurs, le parquet général d'Espagne réclame que les procureurs "'cite[nt] à comparaître en tant que mis en examen'" les maires désirant organiser cette consultation [Le Figaro], ceux-ci pouvant être arrêtés en cas de refus de comparaitre.

Par ailleurs, les interventions des forces de l'ordre se sont multipliées pour empêcher la tenue du scrutin, notamment au travers de "la saisie d'une large partie du matériel électoral" [Le Figaro]. La police municipale  est ainsi  chargée "d'agir contre les préparatifs" du vote [El Mundo]. La Guardia civil (équivalent de la gendarmerie française), elle, a confisqué "1,5 million d’affiches, de tracts ou de dépliants liés au scrutin de la discorde" [Le Temps].

Le gouvernement "respire une certaine tranquillité"

Le gouvernement central de Madrid se sert aussi de mesures financières et politiques afin d'empêcher cette consultation. Depuis juillet, l'exécutif catalan s'est vu contraint de "produire chaque semaine un document justifiant ses recettes et ses dépenses" [Le Temps]. Or, le vice-président de la communauté autonome "a désobéi l’autre jour en cessant d’envoyer ces justificatifs hebdomadaires". Par conséquent, l'exécutif espagnol a mis en place vendredi un nouveau "système de contrôle des dépenses" pour la Catalogne dans le but de d'empêcher la Generalitat, le gouvernement catalan, de financer des "'activités illégales' comme le référendum d'autodétermination interdit" [FranceInfo] : "L'Etat versera donc directement les salaires des fonctionnaires, les allocations sociales, et le paiement des factures des fournisseurs des services publics", poursuit le média.

Le gouvernement conservateur brandit également l'article 155 de la constitution permettant de "suspendre l'autonomie de la Catalogne" [La Vanguardia]. Et "respire une certaine tranquillité" depuis qu'il a obtenu l'assentiment du parti socialiste espagnol (PSOE) dans l'application de cette mesure en cas de nécessité.

Oriol Junqueras, vice-président de la communauté catalane, assure cependant que "'les citoyens voteront, il y aura des urnes et il y aura des bulletins'", en dépit des mesures prises par Madrid [FranceInfo]. Mais l'idéal pour le gouvernement espagnol, estime El País, serait "que le référendum avorte" avant même d'avoir lieu. De même, La Vanguardia souligne que "Mariano Rajoy considère le référendum comme annulé", du fait du manque de matériel électoral et de soutien populaire.