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Angela Merkel veut rapprocher les Allemands et unir l'Europe

Revue de presse 22.03.2018

Pour la première fois depuis son investiture, Angela Merkel s'est exprimée devant les députés allemands mercredi 21 mars, lors de son discours de politique générale. Si elle a surtout évoqué les questions intérieures comme l'économie ou la crise migratoire, elle a également plaidé pour l'unité de l'Union européenne.

Bundestag

Le Bundestag allemand. Photo: IStock - Crédits : Drazen_.

Après avoir été officiellement reconduite dans ses fonctions de chancelière la semaine dernière, Angela Merkel a effectué mercredi 21 mars son discours de politique générale : un "passage obligé alors qu’elle entame son quatrième mandat" [La Croix]. L'occasion pour la chancelière de prendre acte de son bilan, et de "détaill[er] les mesures convenues par sa 'grande coalition'" devant les députés réunis au Bundestag, le Parlement allemand [Les Echos].

Assurer la cohésion sociale

Pendant son discours, Angela Merkel a d'abord défendu "les exploits économiques d’un pays qu’elle dirige depuis douze ans", en soulignant notamment que jamais la santé économique de l'Allemagne n'a été "aussi bonne depuis la réunification" [La Croix]. Les Echos en profitent pour rappeler les indices positifs de l'économie allemande : "recettes fiscales records", taux d'emploi atteignant "des sommets historiques"…

Mais la chancelière reconnaît également "l'existence d'une fracture" dans le pays, et la polarisation de l'Allemagne "entre l’est et l’ouest, entre les villes et les campagnes, entre les jeunes et les vieux, entre les Allemands et les migrants" [La Croix]. Une fracture "qu'elle s'est engagée à traiter durant son quatrième mandat" [Les Echos]. Angela Merkel a ainsi défendu les mesures de son gouvernement pour lutter contre "l'inégale répartition des richesses" notamment grâce à des politiques "en faveur des familles, des retraités ou des soins aux personnes âgées" [Le Figaro].

La chancelière a également réalisé "son autocritique sur sa gestion de la crise migratoire de 2015, lorsque 890 000 réfugiés sont arrivés en Allemagne", reconnaissant que "les institutions n’étaient pas préparées" à leur accueil [La Croix]. "Pas question [cependant] pour Angela Merkel de remettre en cause" sa décision : "notre pays peut être fier de lui", a-t-elle déclaré à ce sujet [Les Echos]. "Elle ne regrette aucun de ses choix", rapporte ainsi Le Figaro, "y compris l'accord avec la Turquie pour juguler le flux migratoire".

La situation à Afrine jugée "inacceptable"

La radio-télévision belge RTBF explique que la guerre en Syrie a également été évoquée par la chancelière. Angela Merkel a "condamné de la manière la plus ferme" les agissements de la Turquie à Afrine, "enclave kurde en Syrie dont la Turquie a pris le contrôle après une offensive controversée". Afrine a en effet "une portée symbolique pour les Kurdes", la région ayant constitué "le laboratoire de leur émancipation", principalement avec l'établissement d'une "administration semi-autonome" [Le Parisien].

Or la RTBF rapporte que "selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), quelque 250 000 civils ont fui les violences à Afrine et des dizaines d'autres ont été tués, ainsi qu'environ 1 500 combattants kurdes". Une situation d'autant plus délicate pour Angela Merkel que la Turquie reste "un allié clé au sein de l'OTAN", et que "près de trois millions de Turcs sont établis en Allemagne".

Plus d'unité européenne

Angela Merkel a enfin répété sa volonté d'"insuffler le 'renouveau de l’Europe'" [La Croix]. Pour le quotidien, elle est néanmoins restée "évasive sur le dossier, donnant la priorité à la politique intérieure". La chancelière a notamment plaidé pour l'unité européenne, en déclarant qu'il était décisif pour les prochains mois que "les 27 Etats membres de l'UE restent unis exactement comme nous l'avons été jusqu'à présent" [Les Echos]. Le média rappelle en effet que les défis à surmonter promettent d'être de taille, entre les négociations pour le Brexit, la menace "de guerre commerciale [des] Etats-Unis", la préservation d'un "front commun face à Moscou" et les "tentations hégémoniques de la Chine".

Néanmoins, Angela Merkel révoque l'idée selon laquelle l'avenir de l'Europe passerait uniquement par le couple franco-allemand. Elle a d'ailleurs "intensifié les contacts avec les Pays-Bas et ses voisins nordiques ces derniers jours", et s'est rendue en Pologne lundi 19 mars. À cette occasion, Angela Merkel avait déjà plaidé pour l'esprit d'unité au sein d'une "Europe des 27 Etats membres et pas seulement une Europe de la zone euro ou d'un autre groupe" [Les Echos].