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Au Conseil européen, des dirigeants en phase sur la Russie, mais divisés sur l’énergie et le Covid-19

Lors du sommet européen, qui s’est achevé dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 décembre, les dirigeants des Vingt-Sept ont fait front commun face à la menace russe en Ukraine. Ils n’ont cependant pas réussi à trouver un terrain d’entente sur une réforme du marché de l’énergie, et ont éprouvé des difficultés à se coordonner en matière de restrictions sanitaires à leurs frontières.

Le nouveau chancelier allemand Olaf Scholz et Emmanuel Macron ont tenu une conférence de presse commune à l'issue du Conseil, dans laquelle ils ont souligné leur position commune sur les sujets clefs du moment
Le nouveau chancelier allemand Olaf Scholz et Emmanuel Macron ont tenu une conférence de presse commune à l’issue du Conseil, dans laquelle ils ont souligné leur position commune sur les sujets clés du moment - Crédits : Conseil européen

Entre la coordination face à la montée de l’épidémie du Covid-19, et surtout de son variant Omicron, l’épineuse question des prix de l’énergie”, et la réponse à apporter aux menaces russes en Ukraine, ce Conseil européen était “très dense”, note Sud Ouest. Au bout de “plus de 15 heures de discussions, clôturant ainsi le dernier sommet […] de 2021″, les Européens ont affiché leur unité face à la Russie, sans pour autant parvenir à s’entendre sur les questions énergétiques et sanitaires [Politico].

Unité face à la Russie

En réponse à la menace militaire russe, les Vingt-Sept ont “réaffirmé la souveraineté de l’Ukraine et leur soutien au président Volodymyr Zelensky, un jour après le sommet du Partenariat oriental avec cinq anciennes républiques soviétiques”, rapportent Les Echos.

Les tensions entre la Russie et les pays occidentaux sont vives depuis plusieurs semaines en raison de regroupements de troupes russes jugés suspects par Kiev et les Occidentaux près de la frontière avec l’Ukraine”, rappelle France 24.

Dans leur communiqué final, les chefs d’Etat et de gouvernement ont souligné que “toute agression militaire supplémentaire contre l’Ukraine aura en réponse de lourdes conséquences et un coût important, dont des mesures restrictives coordonnées avec des partenaires”, en référence aux États-Unis et au Royaume-Uni [France 24].

Les mesures envisagées par les Européens restent cependant secrètes, “les ‘grands’ pays de l’UE [jugeant] plus avisé de privilégier la voie du dialogue avec Moscou plutôt que d’agiter des sanctions concrètes qui pourraient se révéler inadaptées au mode d’agression russe”, analysent Les Echos. Le président français Emmanuel Macron a expliqué que la stratégie européenne reposait sur “une approche multiple : dissuasion, reprise du dialogue et soutien à l’Ukraine” [France 24].

A propos du choix de ne pas révéler le contenu des sanctions prévues, un diplomate européen cité par France 24 avance que “laisser l’adversaire dans l’incertitude est le meilleur moyen d’utiliser [cette] arme”. Ces sanctions seraient notamment d’ordre économique, des diplomates ayant indiqué avant le Conseil européen “que Bruxelles pourrait notamment cibler des oligarques et interdire toute transaction européenne avec les banques privées russes”, indique la chaîne d’information internationale.

Clivages sur l’énergie

Alors que les prix de l’électricité se sont envolés ces derniers mois, “les Vingt-Sept n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur des conclusions”, relate El País.

L’ouverture du débat sur l’énergie à Bruxelles a un prix : on sait où il commence, mais on ne sait jamais où il se termine, car une fois la boîte de pandore ouverte, différentes sensibilités nationales émergent”, résume le quotidien espagnol.

Outre les débats sur le marché de l’énergie, la question de la “taxonomie verte”, classification en projet appelée à identifier les activités économiques bénéfiques pour le climat, a fait apparaître d’importantes divergences entre Etats membres.

La France souhaite par exemple que “les investissements dans l’énergie nucléaire soient reconnus comme verts dans la ‘taxonomie’ ” [El País]. Mais d’autres pays y sont résolument opposés, à l’instar de l’Autriche. Son nouveau chancelier “Karl Nehammer est arrivé au sommet en épinglant le sujet sans concession : ‘L’Autriche se positionne contre le greenwashing de l’énergie atomique’ ”, a-t-il déclaré, rapporte le quotidien belge L’Echo.  

Une difficile coordination sanitaire européenne

Dans un contexte d’arrivée du variant Omicron et de hausse des contaminations, les Européens ne sont pas parvenus à s’accorder sur une coordination complète de leurs mesures sanitaires aux frontières.

Les dirigeants ont cependant souligné “l’importance d’une approche coordonnée sur la validité du certificat Covid”, poursuit la chaîne d’information internationale. La Commission va ainsi “fixer à neuf mois, après une première vaccination complète, la durée de validité du certificat vaccinal pour les voyages intra-européens”, selon France 24.

Mais malgré ce point d’accord sur la durée de validité du document, “l’émergence du variant [Omicron] a mis à mal le certificat sanitaire européen instauré par l’UE cet été pour permettre aux Européens de se déplacer le plus librement possible dans le bloc sans se voir imposer de test ou de quarantaine”, constate Le Point. De fait, “certains pays comme l’Irlande, le Portugal, l’Italie et la Grèce imposent désormais aux voyageurs européens, même vaccinés, de présenter un test négatif pour pouvoir entrer sur leur territoire”, poursuit l’hebdomadaire.

Si pour Emmanuel Macron, imposer des tests Covid aux voyageurs au sein de l’UE aurait une “efficacité très réduite” [Le Point], le Premier ministre portugais António Costa a de son côté déclaré que cette mesure serait pour l’heure maintenue aux frontières de son pays [France 24].

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