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"Sport, Santé, Europe : une véritable course d’obstacles", par Milan Hosta

Actualité 27.11.2012

Dans le cadre du Forum européen du sport (Nicosie, 19-20 septembre 2012), l’UE a organisé un séminaire d’experts sur le sport et l’activité physique au service de la santé, auquel a pris part Sport et Citoyenneté. L’occasion de revenir sur la politique développée par l’Union ces dix dernières années avec la publication d'une tribune de Milan Hosta, Président du réseau européen "Sport et Santé" créé et animé par Sport et Citoyenneté.

Conférence européenne: "L'activité physique, un outil au service de la lutte contre le cancer du sein en Europe"

L'association Sport et Citoyenneté vous convie à une conférence à Bruxelles sur le thème de la lutte contre le cancer du sein en Europe. Rendez-vous le 4 décembre de 12h30 à 14h00 au Parlement européen, pour un événement sous l'égide de l'eurodéputée Sophie Auconie, Co-présidente du groupe informel "Friends of Sport" et avec la présence exceptionnelle de Laura Flessel, championne olympique d'escrime.

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Pour Androulla Vassiliou, le constat ne fait aucun doute. La Commissaire européenne en charge des questions de sports, et ex-commissaire à la santé, considère que "les bienfaits du sport sont très clairs. [...] Au niveau de la base, au niveau amateur, il y a des avantages incommensurables, tant en termes de santé publique que de cohésion sociale". C’est l’une des raisons qui poussent aujourd’hui les institutions européennes à mettre en place le programme "Erasmus pour tous", d’autant plus que les "nouvelles" maladies caractéristiques d’une société de plus en plus marquée par la sédentarité (obésité, maladies cardio-vasculaires) et le vieillissement inéluctable de la population posent un véritable défi aux institutions.

Entre 2002 et 2006, le Conseil a pris pas moins de cinq résolutions pour lutter contre l'obésité. En 2004, Année européenne de l’éducation par le sport, l'UE a fait paraître une étude sur "la sédentarité, les modes de vie des jeunes et le rôle joué par le sport". Celle-ci met en avant le manque d’activité physique comme la cause principale de surcharge pondérale chez les jeunes, et sert de base aux "Recommandations de Luxembourg" d’avril 2005, qui aboutiront à la mise en place d’un groupe de travail sur le sport et la santé. En parallèle est créée la même année une plate-forme d'action de l’UE sur l'alimentation, l'activité physique et la santé.

Deux ans plus tard, deux Livres blancs viennent fournir une base solide pour la mise en place d’une politique de santé publique utilisant le sport comme levier d’action : celui fixant une "Stratégie européenne de lutte contre les problèmes de santé liés à la nutrition, au surpoids et à l'obésité" et le celui consacré au sport.

En 2008, s’inspirant largement des recommandations publiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’UE adopte ses recommandations en matière d’activité physique. Si elles sont peu prescriptives, elles sont néanmoins axées sur les actions politiques qu’il conviendrait de déployer au niveau local et national pour accroître le niveau d’activité physique de la population, et proposent une approche transversale englobant le sport, la santé, l’éducation, les transports, l’environnement, l’urbanisme, la sécurité publique, l’activité professionnelle et les services aux personnes âgées.

Une approche qui semble particulièrement appropriée pour s’attaquer à un problème global de société, et qui figure dans le Position Paper Santé publié par Sport et Citoyenneté au mois de juin 2012.

Toutefois, aujourd’hui beaucoup s’inquiètent du retard pris dans l’application des recommandations de 2008. Un nouvel agenda et des mesures d’action concrètes semblent aujourd’hui indispensables. C’était l’objet du séminaire d’experts organisé à Nicosie au mois de septembre, auquel j’ai pris part.

Sport & Citoyenneté



Sport et Citoyenneté est un think tank européen spécialisé dans l’étude des politiques sportives et dans la promotion des valeurs du sport comme éléments constitutifs d’une citoyenneté européenne. Fort d’un Comité Scientifique pluridisciplinaire composé d’une centaine d’experts, Sport et Citoyenneté intervient auprès des pouvoirs publics afin d’engager un dialogue civique dans le domaine du sport et de militer pour sa spécificité à l’échelle européenne, en raison de ses aspects sociaux, éducatifs et citoyens.

Les experts réunis se sont penchés sur l'activité physique avec une focale différente, celle des avantages économiques qu’il est possible de tirer du sport et de l'activité physique. Les intervenants ont révélé non seulement l’avantage de compter sur des salariés sains pour relancer la croissance économique, mais aussi son côté sombre, en termes d'absentéisme ou de moins bonne efficacité au travail en raison de blessures liées au sport, et des coûts liés à la rééducation. Les représentants de l'industrie des articles de sport étaient eux très désireux de découvrir les importantes potentialités commerciales ouvertes par la promotion des activités physiques bienfaisantes pour la santé (personnes âgées, enfants, etc.).

Ce panel a eu le mérite de poser le débat d'un point de vue différent. Mais la question fondamentale qui demeure se pose pour tous les Etats membres : quel paradigme voulons-nous vraiment recréer à travers le sport et les actions promouvant l’activité physiques dans l'UE ?


Souhaitons que les débats qui auront lieu au Parlement le 4 décembre prochain pour la conférence européenne "L’activité physique, un outil au service de la lutte contre le cancer du sein en Europe" que le think tank Sport et Citoyenneté organise soient aussi riches ! Car malheureusement le cancer du sein touche encore de nombreuses femmes et que cette maladie pourrait être combattue grâce à la pratique d’une activité physique. En effet, comme l’évoquait Martine Duclos Professeur à l’IRMES "Sur les 10 millions de nouveaux cas de cancer par an, 30% des cancers du sein pourraient être évités avec un mode de vie plus sain associant activité physique régulière et alimentation riche en fruits et légumes. Et une activité physique de 2 à 3h par semaine d'intensité modérée est associée à une réduction de près de 50% du risque de décès par cancer du sein". A ce titre, les institutions doivent continuer à utiliser le sport comme un réel outil de santé publique.