Derniers articles publiés

Sport et Europe : un couple soudé pour les élections européennes ?

Actualité 24.04.2014

Ils seraient environ 212 millions. Des hommes, des femmes, des enfants et des adolescents, des seniors issus des 28 Etats membres que l’Union européenne compte désormais. 212 millions à ne pratiquer aucune activité physique ou sportive, soit 42% de la population européenne. C’est ce que révèle l’enquête Eurobaromètre sur le sport et l’activité physique publiée récemment par la Commission européenne.

 

Par Sylvain Landa, Directeur adjoint et Maxime Leblanc, Responsable des affaires européennes, Think tank Sport et Citoyenneté

Course à pied

L’inactivité physique et la sédentarité comme caractéristique principale

Le nombre de personnes déclarant ne jamais pratiquer une activité physique a augmenté de 3 points depuis la dernière enquête publiée en 2009. Dans le même temps, la proportion de personnes pratiquant une activité physique au moins une fois par semaine a progressé d’un point, atteignant 41% de la population européenne.

L’étude introduit une donnée importante : la sédentarité. Avec le temps assis par jour comme indicateur. Ainsi, au cours d’une journée type, 69% des répondants restent entre 2,5 et 8,5 heures assises. Là encore, la sédentarité progresse par rapport aux statistiques de 2002.

Parmi les raisons invoquées par les répondants pour expliquer leur inactivité physique, le manque de temps arrive en tête (42%), suivi par le manque d’intérêt ou le manque de motivation (20%) pour la pratique d’un sport.

Si les données européennes sont alarmantes pour la population générale, elles mettent également en lumière que le sport demeure une des activités sociales préférées des Européens. En tant que pratique, mais aussi en tant qu’engagement citoyen. Ainsi, 7% des citoyens européens participent bénévolement à des actions de soutien au sport, dans plus de 700 000 associations à travers l’Europe. Ces bénévoles, qui font vivre le sport au quotidien, représente une cible de choix, un vivier de citoyens laissés trop longtemps sur la touche.

Instrumentaliser le sport pour toucher les citoyens ?

Est-il possible de connecter l’intérêt pour le sport et celui pour les affaires européennes ? Le pari est ambitieux mais pourrait s’avérer efficace. Chez les jeunes (18-24 ans), le taux d’abstention aux élections européennes s’est élevé en moyenne à 71% dans l’Union européenne en 2009 . Cette catégorie d’âge, éloignée des préoccupations européennes, pratique néanmoins du sport. Et fortement : 89% des 15-24  déclarent pratiquer une activité physique.

Du côté de la représentation européenne, une étude ad hoc menée en 2013 par Kantar Sport et notre think tank révèle que 41% des députés européens considère que l’Union européenne apporte ou devrait apporter une valeur ajoutée dans le domaine du sport. Désormais sujet d’intérêt et de compétence communautaire (depuis le 1er décembre 2009 et l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, l’Union européenne bénéfice d’une compétence d’appui dans le domaine du sport. Les institutions européennes sont invitées à appuyer et coordonner les actions des Etats Membres dans la mise en œuvre de leurs politiques sportives), le sport jouit peu à peu d’une reconnaissance en tant qu’outil innovant au service des politiques de santé, d’environnement ou de développement régional.

Il représente aujourd’hui potentiellement un nouveau vecteur de communication sur les achèvements de l’Union. Une nouvelle manière d’expliquer l’Union européenne, ses grandes libertés et ses enjeux qui, aujourd’hui, dépassent largement les frontières étatiques.

Dans cette recette européenne, les ingrédients semblent être réunis : intérêt des jeunes pour le sport, considération grandissante des politiques européennes pour ce domaine et fort potentiel de communication. Reste à trouver le bon dosage pour redonner le goût à l’Europe d’ici les élections européennes du 25 mai 2014, par le sport.