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Premiers contacts diplomatiques entre l'Union européenne et la "nouvelle" Tunisie

Actualité 31.01.2011

Après un certain attentisme, la diplomatie européenne a pris acte des changements survenus en Tunisie, partenaire de longue date de l'Europe. Le Service d'action extérieure de l'Union européenne a donc envoyé une mission de haut fonctionnaires, dont certains parlementaires, à Tunis afin de reconstruire cette relation sur de nouvelles bases. 

L'Union européenne réagit aux bouleversements tunisiens

Une mission composée de hauts représentants du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a été invitée à se rendre en Tunisie pour s'entretenir avec les autorités du gouvernement de transition, ainsi que des représentants des forces politiques, de la société civile et des syndicats. Cette entrevue s'est entamée le mercredi 26 septembre, sous le patronage de Catherine Ashton, Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-Présidente de la Commission européenne, comme l'indique le communiqué de presse du SEAE.

La chef de la diplomatie européenne a déclaré lors de l'annonce de cette mission, que "l’UE entend soutenir la transition démocratique en Tunisie en lui apportant une aide politique, juridique, technique et matérielle". "Cette aide inclut un soutien à la préparation des élections et aux travaux des commissions désignées par le gouvernement pour assurer la transition politique et enquêter sur la corruption et la violence au cours des manifestations".

La mission était sous la responsabilité d'Hugues Mingarelli, directeur du SEAE pour le Moyen-Orient et le voisinage du Sud. Les différentes parties prenantes avaient prévu de tenir des discussions avec les comités spéciaux mis en place pour travailler sur les questions politiques et sur les réformes constitutionnelles.

Contenu de la mission diplomatique

Les comités spéciaux euro-tunisiens composés pour l'occasion avaient pour principale ambition de mettre en place des enquêtes anti-corruption et de lutter contre la fraude et les abus d'examens de la part de la police et d'autres institutions publiques. En complément, d'autres réunions ont également eu lieu avec des représentants de l'ancienne opposition, de l'UGTT ainsi qu'avec des ONG notamment la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH) et l'Association démocratique des femmes, AFTUDRD. Les syndicats des journalistes et des avocats étaient également présents à ces discussions.

Lors de cette rencontre, les émissaires de l'Union européenne ont fait part de leur souhait de fournir le support politique, juridique, technique et matériel de l'Union européenne à la transition démocratique en Tunisie. Cela comprend naturellement le soutien de l'UE à la préparation d'élections, au travail des commissions nommées par le gouvernement de transition, et à la mise en place d'une enquête sur la corruption et sur la violence pendant les manifestations.

L'Union européenne s'est montrée également disposée à adopter, en relation avec les autorités tunisiennes, des mesures restrictives contre les responsables de détournements de fonds. De plus, dans le cadre de sa politique de voisinage, elle envisage d'adapter sa stratégie et son assistance à l'égard de la Tunisie, afin de prendre en compte le nouveau contexte et les aspirations légitimes du peuple tunisien.

Pour rappel, mercredi 26 février, la députée européenne Eva Joly, candidate à l'investiture d'Europe Ecologie-Les Verts pour 2012, a annoncé sa présence en Tunisie, avec une autre eurodéputée d'EELV, Hélène Flautre. Ces deux élues avaient prévu de nombreuses rencontres avec "des associations de défenseurs des droits de l'Homme, des journalistes indépendants, des avocats, des blogueurs cyberdissidents, des syndicalistes, des magistrats, des opposants politiques. Mais également les victimes et familles de victimes de la répression violente par le régime".

Elles ont évoqué avec les acteurs de la révolution de Jasmin les conditions de mise en place d'une commission "justice et vérité" visant à faire toute la lumière sur les agissements du régime de Ben Ali durant les vingt-trois années de dictature.


 

Sources

EEAS senior officials’ mission to Tunisia [pdf] - 26/01/11 - Conseil de l'Union européenne


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