Derniers articles publiés

Pierre Lellouche : "L'Europe a face à elle un véritable quart-monde"

Actualité 03.08.2010

A l'issue d'une réunion avec l'association de défense des Roms Hors la Rue, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche a précisé les mesures qu'il souhaitait mettre en œuvre au niveau européen sur ce sujet brûlant. Premier objectif : faire prendre conscience aux Etats membres que la situation des Roms les concerne tous.

Lundi 2 août, le Secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Pierre Lellouche a rencontré des membres de l'association de défense des Roms (en particulier des mineurs isolés) Hors la Rue, membre du Collectif National Droits de l'Homme Romeurope.

Associations et gouvernement : des objectifs similaires

Pour le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, les objectifs des associations rencontrées ce lundi 2 août "rejoignent parfaitement" les siens : empêcher, en France, "des situations de campement épouvantables" et des situations "où les enfants sont livrés à eux-mêmes, ou bien sont exploités par des réseaux criminels, qui donnent lieu à des cambriolages, attaques de distributeurs de billets, mendicité agressive, prostitution et pickpocket, suivant les réseaux et les particularités régionales".

"La France n'a pas vocation à accueillir 2,5 millions de Roms roumains, ou 9 millions de Roms européens", a-t-il souligné.

Trois types de mesures sont, selon M. Lellouche, nécessaires au niveau européen :

 

  • Faire prendre conscience aux 500 millions d'Européens que la situation des Roms est un "quart monde" dont il faut s'occuper sérieusement. Le secrétaire d'Etat a ainsi rappelé l'article 3 du traité de Lisbonne, selon lequel l'Union européenne "combat l'exclusion sociale et les discriminations, et promeut la justice et la protection sociales, l'égalité entre les femmes et les hommes, la solidarité entre les générations et la protection des droits de l'enfant. Mais l'insertion de ces minorités doit se faire "d'abord dans les pays d'origine" ;

  • "Utiliser une partie des fonds européens pour aider ces populations" : "les transferts financiers massifs" européens au bénéfice de la Roumanie (20 milliards d'euros dans le budget européen 2007/2013) "valent aussi pour ses minorités" ;

  • "Mener ensemble une répression efficace de ceux qui utilisent des adolescents et des jeunes enfants", en rappelant l'article 3 du traité de Lisbonne : "L'Union offre à ses citoyens un espace (…)  au sein duquel est assurée la libre circulation des personnes, en liaison avec des mesures appropriées en matière (…) de prévention de la criminalité et de lutte contre ce phénomène.

 

C'est en ce sens que M. Lellouche a demandé que la question des Roms soit à l'ordre du jour du Conseil "Affaires générales" de l'UE le 26 juillet dernier ou, en mai, que les dotations du FEDER (le Fonds européen pour le développement régional) à destination du logement des communautés marginalisées puissent être augmentées à 2%.


Après "l'échec retentissant" du sommet européen de Cordoue consacré au sort des Roms en avril (à l'issue de laquelle "aucune décision opérationnelle" n'a été envisagée), M. Lellouche juge que c'est désormais à la Commission européenne (en particulier à la commissaire chargée de la Justice, des Droits fondamentaux et de la Citoyenneté) de faire des propositions pour une action commune.

Quelle coopération Franco-roumaine ?

Une convention franco-roumaine "en vue de la protection des mineurs roumains isolés sur le territoire de la République française et à leur retour dans leur pays d'origine ainsi qu'à la lutte contre les réseaux d'exploitation concernant les mineurs" a été adoptée en février 2010.

Mais M. Lellouche vise également un renforcement de la coopération bilatérale avec la Roumanie et la Bulgarie (d'où viennent la majorité des populations Roms), afin de les inciter à mieux intégrer ces communautés "ostracisées depuis des siècles dans plusieurs pays", mais aussi à contrôler leurs migrations de manière plus efficace. Par exemple, la coopération franco-roumaine en matière de protection des mineurs isolés pourrait être renforcée.


Or, les récentes déclarations françaises sur la question des Roms ont "fait réagir" la Roumanie, d'où sont originaires une grande partie de ces populations, ainsi que les Balkans dans leur ensemble. M. Lellouche estime en effet que la coopération avec la Roumanie "doit aller plus loin". Il se félicite également qu'un ministre roumain chargé des Roms, "guichet unique" pour collaborer sur ces questions, ait enfin été nommé, comme la France le réclamait depuis 7 mois. 

 

Enfin, la France a laissé entendre que l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen était subordonnée à leur bonne gestion des populations marginalisées. Autre moyen de pression : la négociation sur le montant des fonds structurels après 2013.

 

 

En savoir plus

 

Pierre Lellouche, Secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes - Portail du Gouvernement

Collectif national Droits de l'homme Romeurope

Viviane Reding, Commissaire à la justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté - Commission européenne

L'Union européenne et les Roms - Commission européenne

3028ème session du Conseil, Affaires générales - Conseil de l'Union européenne

Le Parlement européen vote en faveur des aides au logement pour les Roms - Touteleurope.fr

Journée internationale des Roms : l’Europe veut plus d'intégration - Touteleurope.fr

Comparatif sur la population rom dans les Etats membres - Touteleurope.fr