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Elections européennes : un intérêt "encore modéré"

Actualité 06.03.2009

Les élections européennes auront lieu dans trois mois presque jour pour jour. Pour ceux qui suivent de près les affaires européennes, l'enjeu est double : faire mieux en terme de participation que lors des précédents scrutins (46,8 % en 1999, 42,8 % en 2004) et faire en sorte que les électeurs se déplacent avant tout pour désigner de leurs représentants à Strasbourg. Sur ces deux points, les derniers chiffres recueillis par l'institut LH2 n'invitent guère à l'optimisme.

 

53 % des personnes interrogées dans le cadre de cette enquête se déclarent "intéressées" par ce scrutin (18 % très intéressées), contre 47 % qui se disent "pas intéressées". Un niveau d'intérêt qualifié d'"encore modéré" par LH2. A titre de comparaison, l'institut indique que l'intérêt pour les élections municipales ou présidentielles à trois mois de l'échéance s'élève généralement à 70 % (65 % pour les régionales et législatives). L'élection du Parlement de Strasbourg continue donc de souffrir d'un déficit d'image au regard des autres consultations populaires.


L'une des questions du sondage portait sur l'impact attendu de ce scrutin sur la situation nationale. A la question : "pensez-vous que ces élections vont changer quelque chose à la situation actuelle de la France ?", 69 % des personnes interrogées répondent "non". Doit-on le déplorer, quand on sait que la plupart des décisions prises par les futurs eurodéputés mettront plusieurs années avant de s'appliquer en France ?

Vers un vote sanction ?

Fiche technique

Sondage LH2 réalisé les 27 et 28 février 2009 par téléphone, au domicile des personnes interrogées. Etude réalisée auprès d’un échantillon de 997 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Echantillon constitué selon la méthode des quotas.

Information plus intéressante : au moment de voter, 52 % des personnes consultées feront leur choix en fonction des enjeux nationaux et de la situation politique de la France. Et seulement 40 % en fonction des enjeux européens et de leurs souhaits pour l'Europe.

A trois mois du vote, les Français comptent donc en majorité voter sur des enjeux nationaux, quand bien même ils admettent que le résultat n'aura pas d'impact immédiat sur le pays. Schizophrénie du sondé ? Pas forcément : les électeurs peuvent tout à fait s'emparer d'un scrutin dont l'enjeu leur paraît secondaire ou obscur, afin de "sanctionner le gouvernement", comme le suggère LH2. Notons que les sympathisants de gauche sont ceux qui se prononceront le plus en fonction d'enjeux européens (la palme du "civisme européen" revenant aux sympathisants verts).  

Parmi les autres résultats de cette enquête, on note que les enjeux prioritaires pour l'avenir de l'UE aux yeux des sondés sont le développement d'une politique économique commune (46 % des personnes interrogées), le développement d'une politique environnementale commune (45 %) et le développement d'une politique sociale commune (43 %), loin devant des sujets comme la défense, l'immigration ou la politique étrangère.

 

En savoir plus :

 

Résultats complets du sondage

Dossier élections européennes 2009 - Touteleurope.fr