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Conseil européen : Angela Merkel et Jacques Chirac préparent le terrain

Actualité 06.06.2006

La chancelière allemande Angela Merkel a accueilli mardi matin Jacques Chirac dans la petite ville de Rheinsberg, située au nord de Berlin et sur le territoire de l'ex-RDA pour une réunion placée sous le signe de la relance de la construction européenne. Les ministres des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier et Philippe Douste-Blazy, ont accompagné les deux dirigeants européens. Plusieurs dossiers figuraient au menu de ce sommet informel.

La future présidence allemande de l'UE

Après la présidence finlandaise (2e semestre 2006), l'Allemagne prendra à son tour la tête de l'UE (1er semestre 2007). Lors du sommet informel franco-allemand, la Chancelière a abordé les priorités de la présidence allemande : sécurité d'approvisionnement de l'Europe communautaire au niveau énergétique, "l'un des grands enjeux stratégiques des prochaines années" pour Angela Merkel, efforts financiers dans les domaines de la recherche et de l'innovation, et surtout la relance de la construction européenne.

Quel avenir pour le traité constitutionnel ?

Jacques Chirac a déclaré faire "confiance à la présidence allemande pour lancer à nouveau le train" de la Constitution européenne "dans la bonne direction". Une position commune qui devrait constituer une base de discussions pour le prochain Conseil européen qui se déroulera les 15 et 16 juin à Bruxelles.

 "La question du traité constitutionnel reviendra à l'ordre du jour pendant la présidence allemande, après une pause de réflexion", a affirmé la Chancelière. Jacques Chirac a appelé à ne pas "cultiver le pessimisme". Le chef de l'Etat français a rappelé que l'Union, dite "en panne", a adopté le budget, remis à plat la directive Bolkestein et jeté les bases d'une politique énergétique commune. Le Président a aussi exprimé son souhait d'améliorer le fonctionnement des institutions en partant des traités existants, même si dans ce domaine, "la France propose et l'Allemagne examine".

Jacques Chirac a également déploré que les tenants du "non" au référendum aient "menti" aux Français en leur faisant miroiter un plan B qui n'existait pas.

En matière d'élargissement, les deux dirigeants ont insisté sur l'importance de la notion de "capacité d'absorption" de l'UE, tout en assurant que les engagements pris seront respectés. Le Président français a affirmé être "tout à fait sur la même longueur d'ondes" que la Chancelière et attendre la présidence allemande avec "optimisme".


Le dossier nucléaire iranien

Le haut représentant de la diplomatie européenne, Javier Solana a, mardi 6 juin, remis à Téhéran une offre du Conseil de sécurité de l'ONU et de l'Allemagne qui vise à convaincre l'Iran de cesser son enrichissement d'uranium. La visite de M. Solana, qui se rend ensuite en Allemagne jusqu'au 7 juin, a également figuré au menu des discussions franco-allemandes.
Le haut représentant de la diplomatie européenne s'est entretenu un peu plus de deux heures, hier dans la matinée, avec M. Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la Sécurité nationale iranien. Celui-ci a estimé que les discussions avaient été "bonnes" et a qualifié le plan proposé de "constructif". Javier Solana, comme M. Larijani, a estimé que "plus de discussions et d'études" étaient absolument nécessaires pour établir "une relation (…) basée sur un esprit de confiance et de respect".
Le président français et la Chancelière allemande ont affirmé être sur la "même ligne" sur ce dossier, qui est une "source sérieuse d'inquiétude" pour M. Chirac.


Les autres dossiers sur les relations extérieures

La mission militaire européenne en République démocratique du Congo, cet été, pour laquelle la France et l'Allemagne mettront à disposition les deux principaux contingents, était aussi à l'ordre du jour de cette rencontre. Le Président français a tenu à exprimer sa reconnaissance pour la participation allemande à cette mission.     

Jacques Chirac et Angela Merkel ont souligné la nécessité de poursuivre l'aide aux Palestiniens, sans revenir sur les conditions fixées par la communauté internationale au Hamas, sur le respect des accords conclus et la reconnaissance de l'Etat d'Israël.

Cette réunion informelle s’est déroulée dans le cadre du processus dit de Blaesheim, entamé en 2003 par le chef de l'Etat français et l'ancien Chancelier social-démocrate Gerhard Schröder pour régler directement les contentieux bilatéraux.

Il s'agissait de la troisième rencontre franco-allemande d'Angela Merkel après celles de Glienicke (près de Berlin) et de Versailles.