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Les nations européennes à la Coupe du monde de football

Equipe d'Italie au Mondial 1982

Sur les 19 coupes du monde déjà disputées, l’Europe en a gagné 10. Cinq nations ont inscrit leur nom au palmarès : l’Italie, l’Allemagne, l’Angleterre, la France et l’Espagne. De plus, sur les 19 éditions, l’Europe n’a été absente de la finale qu’à 2 reprises : en 1930, alors que la Coupe n’en est qu’à ses balbutiements et en 1950. Parfois victorieuses, toujours placées, les équipes européennes de football partagent une histoire commune avec la Coupe du monde.

Les nations européennes à la Coupe du monde de football


L’Italie, premier champion du monde européen

Des trois premières coupes du monde, organisées successivement par l’Uruguay, l’Italie et la France de 1930 à 1938, on retient principalement son l'ancrage de cette compétition dans le contexte de l’entre-deux-guerres. L’Angleterre refuse d’y participer, s’estimant largement au-dessus du niveau mondial, tandis que l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie en font une priorité. En 1938, les tensions atteignent leur paroxysme. L’Italie de Giuseppe Meazza, qui donnera son nom au stade de Milan, écarte le Brésil et son premier attaquant de génie, Leonidas, puis la Hongrie dans une finale suspectée de fraude. Qualifiée, l’Autriche ne participe pas à la Coupe du monde en raison de l’Anschluss et voit même ses meilleurs joueurs intégrer l’équipe d’Allemagne.

Après-guerre, les grandes équipes européennes se nomment Hongrie, République fédérale d’Allemagne, France, Suède ou Tchécoslovaquie. En 1954, en Suisse, la Hongrie des attaquants Ferenc Puskas et Sandor Kocsis révolutionne le football, mais finit par échouer en finale face à l’Allemagne de l’Ouest, pratiquant un jeu plus rugueux et moins flamboyant, mais guidée par un esprit de revanche. Quatre ans plus tard, en Suède, pays qui arrivera d’ailleurs en finale, la France de Raymond Kopa et Just Fontaine fait concurrence au Brésil de Pelé (17 ans) et marque 23 buts en 7 matchs. Le pays terminera alors à la 3e place. En 1962, le Brésil demeure intouchable et bat la Tchécoslovaquie en finale.

L’Europe ne reprend ses droits sur la Coupe du monde qu’en 1966. L’Angleterre, pays organisateur, remporte sa première et, pour le moment, dernière Coupe du monde. Ses champions s’appellent Bobby Charlton et Bobby Moore et ils parviennent à se défaire du Portugal d’Eusebio en demi-finale, puis de l’Allemagne d’Uwe Seeler et d’un jeune Franz Beckenbauer en finale. Leur victoire, 4-2 après prolongations, est néanmoins entachée d’un but imaginaire marqué par Geoff Hurst.

Les Pays-Bas, deux fois de suite aux portes de la gloire

Les années 1970 sont ensuite marquées par plusieurs faits d’armes et matchs d’anthologie de pays européens. Etrillée en finale par Pelé et le Brésil, l’Italie aura certainement laissé ses forces dans le match précédent contre la RFA. A égalité 1-1 à la fin des 90 minutes, les deux équipes se rendront coup pour coup en prolongations, marquant pas moins de 5 buts en 17 minutes, l’Italien Rivera clôturant la marque 4-3 pour son équipe.

En 1974, soit 20 ans après l’épopée hongroise de 1954, c’est au tour des Pays-Bas de révolutionner durablement le football, inventant un nouveau style : « le football total ». Menés par Johan Cruijff, les Néerlandais semblent intouchables. 4-0 contre l’Argentine. 2-0 contre le Brésil. Ils ne seront stoppés qu’en finale, par une Allemagne froide de réalisme et dure sur l’homme. Franz Beckenbauer, déjà au sommet en club avec le Bayern Munich, conduit son pays au titre mondial.

Quatre ans plus tard, les Pays-Bas atteignent encore la finale et échouent à nouveau, cette fois contre l’Argentine, pays hôte, de Mario Kempes et Daniel Passarella. Johan Cruijff, en signe de protestation contre la dictature argentine, ne sera pas du voyage. En outre, le déroulement de la compétition n'est pas sans rebondissements. Au pied du mur pour atteindre la finale, l’Argentine doit battre le Pérou par au moins 4 buts d’écart. C’est chose faite par 6-0, mais un arrangement entre les deux sélections est suspecté, le gardien péruvien étant de surcroît d’origine argentine.

Contre la France, l’Allemagne gagne souvent à la fin

Dans les années 1980, l’Europe continue naturellement de s’illustrer. La France de Michel Platini et Alain Giresse atteint deux fois les demi-finales. En 1982, le pays perd aux tirs aux buts face à l’Allemagne, notamment après que le gardien Harald Schumacher ait heurté volontairement Patrick Battiston, le laissant inconscient. Presque à la surprise générale, l’Italie remporte la finale cette année-là.

En 1986, si l’Allemagne arrive en finale et que la France termine 3e, c’est bien l’Angleterre qui passe à la postérité, pour avoir encaissé deux buts fous de Diego Maradona en quart de finale. Le premier de la main et le second après que le n°10 argentin eut éliminé toute la défense anglaise à lui tout seul en partant du milieu de terrain.

Le début des années 1990 est plus austère. La RFA gagne la Coupe du monde 1990, connue pour ses matchs serrés, aux scores étriqués et au spectacle faible. Cela permet néanmoins à Franz Beckenbauer de devenir le premier à gagner le Mondial en tant que joueur puis en tant qu’entraîneur. En 1994, si l’Italie perd en finale – qui s’achève pour la première fois aux tirs aux buts – ce sont la Bulgarie de Hristo Stoichkov et la Roumanie de Gheorghe Hagi qui créent la sensation en atteignant respectivement les demis et les quarts de finale.

2014 : un 6e champion du monde européen ?

La suite est bien connue des supporters français. En 1998, à domicile, la France de Zinedine Zidane et Didier Deschamps l'emporte contre le Brésil 3-0 en finale après avoir battu sur le fil l’Italie et la Croatie. En 2006, après une terne Coupe du monde au Japon et en Corée du Sud, qui a vu l’Allemagne perdre une 4e finale (un record), la France se retrouve de nouveau au pied du titre. Cette fois, c’est un échec, l’Italie gagnant la compétition aux tirs aux buts, après le tristement célèbre coup de tête de Zidane sur le défenseur Materazzi, signifiant également la retraite du plus grand joueur français depuis Michel Platini.

Et en 2010 ce fut au tour de l’Espagne d’inscrire son nom au palmarès, lors de sa première grande coupe du monde. Une nouvelle fois perdants malheureux en finale, les Pays-Bas enregistrent une 3e finale perdue, pour aucune victoire.