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Un nouveau Conseil européen voué à la crise migratoire sous le signe de la Realpolitik

Revue de presse 15.10.2015

Les chefs d'Etat et de gouvernement se réunissent aujourd'hui à Bruxelles pour tenter d'apporter à nouveau des solutions à la crise migratoire, qui s'intensifie. De nombreux sujets sont sur la table, mais tous portent de près ou de loin sur la gestion de la crise : partenariat avec la Turquie, politique diplomatique commune face à la coalition russo-iranienne en soutien au régime syrien, mise en œuvre des décisions actées il y a un peu moins d'un mois.

European Council

Avant même que les discussions ne débutent, Donald Tusk, président du Conseil européen, plante le décor. "Même si le flot ralentit durant l'hiver, nous devons être prêts, dès le printemps, à une vague encore plus forte à destination de l'Europe", cite Le Figaro. Cela ne parait guère surprenant, le conflit s'aggrave et s'internationalise, le corollaire direct de cette situation est le départ des civils.

Lorsqu'ils empruntent la 'route des migrants', ces civils franchissent les portes de la Turquie. Le Figaro rapporte les propos d'un responsable européen : "la vraie frontière de l'UE commence du côté d'Alep".

Cela explique bien l'un des thèmes principaux de la réunion d'aujourd'hui. Pour Libération il s'agit de "tarir les flux migratoires à la source, au-delà des frontières européennes, pressant tout particulièrement la Turquie réticente d’apporter sa contribution". La question qui se pose alors est de savoir comment convaincre Erdogan de garder sur son sol ces migrants que l'Europe ne s'estime pas prête à recevoir.             
Selon Libération, deux "carottes" sont évoquées. En premier lieu, les Européens sont […] prêts à discuter d’une 'libéralisation' des visas pour les Turcs voyageant dans l’UE, même si le sujet suscite 'des sueurs froides dans certains Etats membres', selon un diplomate", explique le journal.    
La Croix détaille la seconde proposition, "un 'plan d’action conjoint' à Ankara qui, en échange d’un soutien d’un milliard d’euros sur les années 2015 et 2016 ou du financement de la construction de six 'centres de réception' sur son territoire – accentuerait la surveillance de son littoral".

Dans Le Point, Franz-Olivier Giesbert publie un éditorial virulent. "Honte à nous, complices d'Erdogan !", interpelle l'éditorialiste. Pour Chypre, face à ce rapprochement avec la Turquie qui n'augure rien d'appréciable, la "politique de la chaise vide" est la solution [Euractiv].

Sur la thématique des centres de réception, la discussion devrait porter sur la mise en œuvre des 'hotspots', longuement évoqués au cours des semaines précédentes. "Ces centres, encore en projet, établis en Grèce et en Italie" ont pour objectif premier de "distinguer réfugiés et migrants économiques" rapporte La Croix, qui précise qu'une "telle approche reste théorique".

Le soutien à l'agence Frontex est également au menu des discussions. "Frontex, que la Commission souhaite faire évoluer vers un véritable 'corps européen' de gardes-frontières, a demandé la mise à disposition de quelque 775 personnes. Les Etats membres […] n’en ont promis pour l’heure qu’une cinquantaine" [Libération].

Enfin, les dirigeants des 28 Etats membres devraient s'accorder sur une politique diplomatique commune. Le Figaro analyse la situation. "Officiellement, le Sommet européen se cramponnera à la ligne occidentale: l'aviation russe doit arrêter 'immédiatement' ses bombardements contre l'opposition syrienne fréquentable et concentrer le tir sur l'État islamique. À huis clos […] 'les bottes russes placent le Kremlin au 'cœur de la solution', avance un diplomate".

Le quotidien ajoute que "les Européens considèrent le départ du raïs syrien non plus comme un préalable absolu - à la différence des Américains - mais comme un aboutissement, d'échéance variable".

Autre sujet de politique internationale, les "Etats membres qui n’ont pas encore apporté de contribution au nouveau fond d’urgence pour l’Afrique" devraient se faire sermonner par la Commission européenne, estime Libération. Un accord sur le financement de ce fonds est l'un des enjeux  "du Sommet de La Valette, qui réunira l’UE et des pays africains à Malte les 11 et 12 novembre".

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