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Un Conseil européen marqué par le Brexit et la Catalogne

Revue de presse 20.10.2017

Réunis en sommet européen depuis hier, les Vingt-Huit ont abordé un grand nombre de sujets : Brexit, Catalogne, mais aussi migrations, numérique ou encore Turquie… la presse résume aujourd'hui l'essentiel des discussions.

Arrivée commune d'Angela Merkel, d'Emmanuel Macron et de Theresa May dans la salle du Conseil européen, jeudi 19 octobre - Crédits : Conseil européen

Migrations et numérique

Jeudi 19 octobre, "les dirigeants européens ont examiné [...] les travaux en cours sur la défense, les migrations et le numérique", rapporte Euractiv. Au sujet des migrations, le président du Conseil européen Donald Tusk s'est exprimé sur un ton "optimiste" [Politico] : ce dernier a annoncé qu’un "soutien accru à l’Italie avait été décidé pour ses initiatives visant à réduire le nombre des départs depuis la Libye", explique Euractiv. Selon des données du ministère de l'Intérieur italien, les arrivées irrégulières de migrants se sont "réduites de 25% durant les 10 premiers mois de 2017, par rapport à l'année dernière", poursuit Politico. Donald Tusk a ainsi déclaré que "nous avons de réelles chances de fermer la route de la région méditerranéenne" [Politico].

Les dirigeants européens ont également abordé les questions liées à la taxation des grandes entreprises du numérique (GAFA). Ils se sont dits "impatients" de voir les propositions de la Commission à ce propos "d’ici le début de l’an prochain", rapporte Euractiv. Toutefois, bien qu'il ait réussi à intégrer "un changement de dernière minute aux conclusions du sommet" afin de "mettre la pression aux pays pour accélérer les discussions", Emmanuel Macron a dû faire face à d'"importantes oppositions". Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, dont le pays pratique le dumping fiscal afin d'attirer ces géants du web, a exigé que "l’initiative européenne devait être en phase avec le travail en cours au niveau de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) sur ce dossier" [Euractiv], et ce afin d'assurer "une approche mondiale de la taxation du numérique" [Politico]. Pour le Premier ministre belge Charles Michel, "c'était une occasion de noter [..] que certains pays sont toujours réticents […] à avancer sur une stratégie de taxation commune des plateformes sur Internet."  

Turquie, Iran et Corée du Nord

Les chefs d’Etat et de gouvernement ont également discuté de leurs relations avec la Turquie. A peine arrivée à Bruxelles jeudi, Angela Merkel a déclaré qu'elle allait "soutenir une réduction des fonds de pré-adhésion", selon Les Echos, et ce "de manière responsable" [Euractiv], au regard de la dérive autoritaire du régime du président turc Recep Tayyip Erdogan. De fait, "l'exaspération des Européens vis-à-vis d'Ankara est à son comble" et "le statu quo devenait intenable face aux opinions publiques", expliquent Les Echos. Pour autant, poursuit le quotidien économique, "la solution radicale d'une rupture des négociations n'est pas à l'ordre du jour". Ainsi, à Paris, on estime que "créer une rupture serait une erreur". De même, la chancelière allemande a plaidé pour "rétablir le dialogue avec Ankara" en évoquant "les réussites de la coopération sur le terrorisme et la nécessité de 'remplir nos engagements' au sujet de l'accueil des réfugiés en Turquie" [Les Echos].

Par ailleurs, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, "a renouvelé le soutien" de l'Union européenne "à l’accord sur le nucléaire iranien" et également "souligné que les sanctions contre la Corée du Nord avaient été durcies lundi par les Européens" [Euractiv].

Unité des Vingt-Sept face au Brexit

A propos de la Catalogne et du Brexit, "deux sujets qui constituent actuellement les principales menaces pour l'Union européenne, les dirigeants européens ont bien l'intention de rester groupés", analysent dans un second article Les Echos. Peu avant le dîner du Conseil durant lequel elle devait s'exprimer, la Première ministre britannique Theresa May a lancé "une déclaration d’amour aux quelque trois millions de citoyens européens qui vivent au Royaume-Uni" afin de "susciter une certaine considération de ses pairs" et de l'UE, selon Libération. Déstabilisée par son propre parti, elle "a exhorté jeudi [...] les Européens à l’aider à trouver un accord sur le Brexit qu’elle puisse défendre devant ses concitoyens", rapporte Le Temps.

Les Vingt-Sept reconnaissent "la main tendue par Theresa May" [Le Temps], et s'accordent à constater des "progrès significatifs, des progrès concrets, toutes sortes de progrès [...] mais pas les capitaux 'progrès suffisants'", ironise Politico. Ils restent ainsi "inflexibles sur la nécessité de boucler d'abord les modalités du divorce, avant de se lancer dans une quelconque tractation commerciale" [RFI] avec le Royaume-Uni. Toutefois, dans les conclusions sur les négociations du Brexit rendues publiques à la mi-journée, le Conseil européen invite le Conseil de l'UE et Michel Barnier, le négociateur européen, à débuter des "discussions préparatoires internes" sur la future relation entre les deux parties afin de "gagner du temps", selon une source européenne citée par l'Express.

La crise catalane s'invite au débat

L'unité est également de rigueur lorsqu'il s'agit de la question catalane. Face à une crise "de plus en plus pesante" et dont le scénario d'une rupture avec Madrid "paraît chaque jour un peu moins invraisemblable", les dirigeants européens ont de nouveau appelé "à l'unité espagnole et au dialogue politique" [Le Figaro]. Le sujet s'est invité au Conseil bien que "les dirigeants européens [n'aient] officiellement aucun débat alors que le feu couve à Barcelone" [Les Echos]. "On ne va pas vous cacher que la situation est préoccupante ", a déclaré Donald Tusk. "Mais il n’y a pas de place, pas d’espace pour une médiation, une initiative ou une action internationales", a-t-il insisté, appuyant ainsi fortement la position de Madrid [Le Monde]. Pour lui, "l’Union européenne ne peut pas résoudre cette crise".

En effet, proposer une médiation "reviendrait à reconnaître une démarche unilatérale qui est unanimement considérée comme illégale et anticonstitutionnelle", selon Les Echos. Toutefois, poursuit le quotidien, derrière ce soutien sans faille, le chef du gouvernement belge a reproché à Mariano Rajoy de ne pas avoir convenablement géré la crise catalane, notamment s'agissant des violences policières le jour du référendum. Il a ainsi déclaré : "je ne pense pas que faire monter les enchères soit une bonne chose".  Le Premier ministre espagnol a annoncé le 19 octobre vouloir déclencher l'article 155 de la Constitution qui permet au pouvoir central de suspendre les prérogatives des autorités régionales. Si la rupture avait effectivement lieu, "les Catalans perdraient leur citoyenneté espagnole et du même coup la liberté de circuler librement en Europe" [Le Figaro].

Vers une reconnaissance du drapeau européen par la France

Autre fait à signaler en marge du Conseil, "Emmanuel Macron a officiellement effectué la démarche pour que la France reconnaisse les symboles européens […] dans un courrier adressé cette semaine au président du Conseil européen", rapporte Le Monde. Le président français revendique ainsi l'acceptation par la France de la déclaration 52 du Traité de Lisbonne qui liste les "symboles de l'appartenance commune des citoyens à l'UE" : le drapeau, l'hymne, la devise, l'euro et la Journée de l'Europe. Une décision qui fait suite à la proposition de la France Insoumise (FI), soutenue par l'extrême-droite, de remplacer le drapeau européen à l'Assemblée nationale par celui de l'Organisation des Nations Unies (ONU).

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