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Troisième mandat pour Merkel à la tête d'une grande coalition

Revue de presse 17.12.2013

Près de trois mois après son triomphe électoral, Angela Merkel entame, mardi 17 décembre, son troisième mandat, dans le cadre d'une grande coalition avec les sociaux-démocrates. Il lui reste à préciser ses ambitions profondes et son plan de marche pour la poursuite de la construction européenne [Les Echos].

 

Merkel

L'accord est définitivement conclu, le gouvernement va être mis en place, note Le Figaro. Sous l'œil des photographes et des caméras, Angela Merkel, Sigmar Gabriel et Horst Seehofer, les leaders des trois partis de la coalition, ont officiellement signé hier le contrat de coalition qui va lier pour quatre ans les conservateurs de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et son pendant bavarois, l’Union chrétienne-sociale (CSU) et les sociaux-démocrates du SPD.

La dernière incertitude sur la voie d’une grande coalition avait été levée samedi, quand le SPD avait annoncé que ses adhérents donnaient leur feu vert, à 75,96 %, à la formation d’un gouvernement commun avec la CDU-CSU, rapporte La Croix.

Dimanche, Sigmar Gabriel, le président du SPD, avait le sourire aux lèvres. Depuis le 22 septembre, il a parfaitement exploité les quelques atouts qu'il avait en main.

Selon Le Monde, en décidant de consulter ses 474 000 adhérents, il est parvenu à recréer une dynamique au sein du SPD et à exercer une réelle pression sur la CDU et la CSU durant les négociations. Celles-ci ont été obligées d'entériner la création d'un salaire minimum à 8,50 euros, de faire une réelle entaille dans la réforme des retraites en permettant aux salariés de cesser de travailler dès 63 ans s'ils ont cotisé quarante-cinq ans et d'accorder la double nationalité aux enfants d'immigrés nés en Allemagne.

Selon le quotidien, le SPD devrait donc pouvoir se prévaloir en 2017 d'avoir imposé plusieurs réformes sociales-démocrates. De plus, Sigmar Gabriel, désormais ministre de l'Economie et de l'énergie, sera responsable du principal chantier du futur gouvernement : la sortie du nucléaire civil d'ici à 2022. Le SPD peut se flatter d'avoir obtenu six ministères (sur quatorze) dont le travail, la justice et les affaires étrangères, et d'avoir imposé une ministre déléguée à l'Intégration elle-même issue de l'immigration turque, Aydan Özoguz, une première dans l'histoire de la République fédérale.

La feuille de route de la nouvelle équipe est consignée dans le contrat de coalition de 185 pages signé entre la CDU-CSU et le SPD. Dans la continuité de son action, le gouvernement s'est engagé à ne pas augmenter les impôts et à ne plus créer de nouvelle dette à partir de 2015, rapporte Le Figaro.

La politique européenne de l’Allemagne devrait quant à elle s’inscrire dans la "continuité". Dans son programme, le gouvernement Merkel III réaffirme son attachement aux réformes structurelles et aux mesures d’austérité dans les pays en difficulté. La chancelière souhaiterait d’ailleurs modifier les traités européens, afin de renforcer le pouvoir de la Commission européenne pour faire respecter les engagements budgétaires des pays de la zone euro.

Le SPD a renoncé à plusieurs promesses de campagne, notamment celles d’une mutualisation de la dette des pays de la zone euro et d’un "plan Marshall" pour les pays européens en difficulté. Il espère néanmoins apporter une tonalité nouvelle au discours allemand sur l’Europe. "Plusieurs dossiers, bloqués depuis près d’un an, devraient avancer", souligne Henrik Uterwedde.

Les Européens ont ainsi bon espoir de parvenir à un accord sur l’Union bancaire, lors du sommet européen de Bruxelles des 19 et 20 décembre. Dès mercredi, Angela Merkel se rendra à Paris, accompagnée de son nouveau ministre des Affaires étrangères, le social-démocrate Frank-Walter Steinmeier. Ce sera le premier déplacement officiel de son troisième mandat [La Croix].

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