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Syrie : Les Européens divisés face à la Russie

Revue de presse 21.10.2016

Alors que les Vingt-Huit avaient mis de côté l'éventualité de sanctions contre la Russie lors de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères, lundi, certains Etats membres ont plaidé pour l'adoption d'une ligne plus dure au cours du Conseil européen, qui a commencé hier et se termine aujourd'hui. Toutefois, en l'absence d'unanimité entre les dirigeants européens, ces derniers se sont contentés de "condamner" Moscou sans décider de nouvelles sanctions.

Matteo Renzi à l'issue du premier jour du Conseil européen, le 20 octobre 2016

La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni favorables à plus de fermeté à l'égard de la Russie 

"Une version lundi, une autre mercredi, une troisième jeudi soir : la question d’éventuelles sanctions européennes à l’égard de la Russie pour son action en Syrie ne suscite décidément pas une réponse claire des Européens" résume Le Monde, soulignant les tergiversations des Européens quant à Moscou.

François Hollande et Angela Merkel semblent avoir pris la décision de hausser le ton face à la Russie après une rencontre difficile avec Vladimir Poutine, mercredi à Berlin. "L'entrevue de Berlin avec François Hollande et Angela Merkel s'est mal passée mercredi soir. La chancelière a même parlé d'un 'moment très dur'" rapporte Le Figaro. Néanmoins, à l'issue de cette réunion, Vladimir Poutine a déclaré à la presse accepter une prolongation de la trêve, dont la durée a finalement été allongée de 24 heures jeudi, alors que l'ONU avait annoncé peu avant que la Russie convenait de la poursuivre jusqu'à samedi soir [Le Point avec l'AFP].

Paris et Berlin avaient préparé un projet de conclusions pour le Conseil européen (20 et 21 octobre), dans lequel des sanctions étaient clairement évoquées. Le texte mentionnait "une condamnation sévère" des offensives de Damas "et de ses alliés, notamment la Russie, à Alep" et prévoyait la possibilité d'avoir recours à "toutes les options, y compris des mesures restrictives supplémentaires visant des personnes et des entités qui soutiennent le régime, si les atrocités actuelles continuent" [Le Monde].

Theresa May s'est jointe à cette ligne dure, appelant jeudi ses homologues au Conseil européen "à faire pression sur le Kremlin pour stopper ses 'épouvantables et écœurantes' atrocités en Syrie" [The Guardian].

Si le communiqué diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi, à l'issue de la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européennes, indique toujours la prise en considération de "toutes les options possibles" en cas de poursuite des "atrocités" à Alep, l'évocation de sanctions n'y figure plus [L'Express avec l'AFP].

Plusieurs Etats membres opposés au principe des sanctions

"Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a reconnu implicitement qu'il n'était pas favorable à la référence explicite à des sanctions pouvant cibler la Russie" rapporte le quotidien belge Le Vif (avec l'AFP). Le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, a quant lui qualifié la situation à Alep d'"inacceptable", tout en se demandant "si la sanction [était] la bonne discussion aujourd'hui".

Comme le rapporte Le Monde, c'est avant tout Matteo Renzi qui a insisté afin d'éviter que la mention de "mesures restrictives supplémentaires" ne figure pas dans le communiqué final, "même s’il pouvait compter sur un 'noyau dur' comportant la Hongrie, la Grèce, Chypre, etc. Leur argument ? Menacer Moscou de sanctions supplémentaires n’aiderait pas à maintenir le dialogue et la recherche de solutions diplomatiques" explique le quotidien.

Donald Tusk, président du Conseil européen, a quant à lui déclaré, que s'il est "clair que la stratégie de la Russie est d'affaiblir l'Union européenne […], accroître les tensions avec la Russie n'est pas notre but. Nous réagissons simplement à l'escalade de la Russie" [The Guardian].

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