Derniers articles publiés

La droite eurosceptique plébiscitée par les Polonais ce dimanche

Revue de presse 26.10.2015

Les Polonais étaient appelés aux urnes hier pour désigner leur nouveau gouvernement. Le parti libéral-centriste de la Plateforme civique, mené par la Première ministre sortante Ewa Kopacz, laisse sa place aux eurosceptiques après huit ans au pouvoir. Dans la continuité des élections présidentielles, les conservateurs de Droit et Justice (PiS) ont dominé le scrutin et obtiennent conjointement, pour la première fois depuis l'avènement des élections libre en Pologne, les pouvoirs législatif et exécutif.

Elections en Pologne

Au regard des projections publiées dimanche soir, le parti conservateur "obtient 38 % des voix, ce qui lui donne 238 sièges de députés (sur 460)", là où les libéraux "obtiendraient 23,4 %, soit 135 sièges", rapporte Le Monde. Bien qu'il ne s'agisse encore que d'estimations, "ces pronostics devraient être officiellement confirmés mardi soir. Si la marge d'erreur de 2% peut encore influer sur le résultat final, elle ne remettra toutefois pas en cause la victoire du PiS", précise La Tribune. D'ores et déjà, "la Première ministre sortante Ewa Kopacz a reconnu sa défaite" [Challenges].

Grande absente de ces élections, la gauche polonaise "représentée par deux formations concurrentes, (…) est éliminée, pour la première fois depuis la chute du régime communiste en 1989, du futur parlement, pour n'avoir pas atteint les seuils d'éligibilité" [L'Express / AFP].

Le PiS avait d'ores et déjà remporté en mai dernier l'élection présidentielle avec à sa tête Andrezj Duda, "un quadragénaire quasi inconnu" pour Libération. Cité par Challenges, le leader du PiS et ancien Premier ministre Jaroslaw Kaczyński s'est empressé de souligner qu'il s'agissait de "la première fois dans l'histoire de la Pologne depuis la chute du communisme qu'un seul parti allait gouverner ce pays".

Le Monde synthétise les grandes lignes du programme des conservateurs, qui débute avec un pouvoir renforcé du président de la République, augmentant son influence sur le pouvoir judiciaire. Libération rappelle à ce titre que Jaroslaw Kaczyński, qui a cofondé le PiS avec son frère, est aujourd'hui encore convaincu que le décès de ce dernier en 2010, alors président, "est le fait d’un complot russe". Pour le quotidien, "nul ne doute qu’il saisira de nouveau la justice dès l’entrée en fonction du PiS".

Le second point essentiel du programme se trouve dans la mise en œuvre d'aides sociales "coûteuses", dont l'ampleur est évaluée "entre 40 et 60 milliards de zlotys (9 à 14 milliards d’euros)" [Le Monde]. Un programme particulièrement populaire lors de la campagne. Si pour l'opposition sortante "la Pologne est un pays qui progresse du point de vue économique, où le chômage est à un chiffre" [Challenges / AFP], le politologue Kazimierz Kik interrogé par Libération estime que "la Pologne s’est enrichie, mais un grand nombre de Polonais se sont appauvris". C'est à ces "pauvres qui travaillent" que le PiS s'adresse.

Sur le plan économique, la formation de ces anciens du Solidarność s'inspire du modèle Orban. Au programme : "taxation des supermarchés et des banques (qui appartiennent en grande partie à des capitaux étrangers) en instaurant une préférence nationale, taxe sur les institutions financières et renationalisation de certaines banques", estime Le Monde. Concernant l'environnement, le "PiS n’est prêt à aucun compromis sur la politique climatique, au nom de la défense de l’industrie du charbon" [Le Monde].

Cette élection annonce une "mauvaise nouvelle pour l’Europe et les réfugiés" dont s'inquiète Euractiv qui prévoit un "retour aux valeurs nationales". Le parti est "méfiant à l'égard de l'Union européenne et opposé à une entrée dans la zone euro". "Une des premières mesures de son gouvernement sera de démanteler le bureau qui doit préparer l’entrée de la Pologne dans la monnaie unique", précise Libération.

Pour La Tribune "Droit et Justice, au pouvoir entre 2005 et 2007, laisse le souvenir de rapports difficiles avec Bruxelles, l'Allemagne et la Russie, au nom de la défense des intérêts nationaux".

Les autres sujets du jour

Justice et droits

Mobilité, Erasmus

Environnement, climat