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Grèce : l'issue des élections législatives de dimanche dépendra des indécis

Revue de presse 18.09.2015

Dernière ligne droite dans la courte campagne électorale pour les élections législatives anticipées en Grèce. Le vote, déclenché par la démission du Premier ministre Alexis Tsipras il y a un mois, aura lieu ce dimanche. Un événement qui peine à mobiliser une population ayant déjà été appelée deux fois aux urnes au cours des huit derniers mois et qui ne semble pas comporter un enjeu politique déterminant : les accords avec les créanciers ayant été conclus cet été.

Aléxis Tsípras

Alors que le cœur de la vie politique européenne bat au rythme des annonces, conseils et décisions autour des migrants, la campagne électorale grecque constitue un "paradoxe", estime Le Monde, qui précise que "la question est étonnamment anecdotique dans les débats" alors que "la Grèce est l’une des principales portes d’entrée de ces réfugiés.

En effet, si le parti néo-nazi Aube dorée "mise sur la crise migratoire pour se raffermir" [La Croix / AFP], l'envoyé spécial du Monde à Athènes précise sa vision du parti : "après l’assassinat du rappeur Pavlos Fyssas il y a deux ans, les principaux dirigeants ont été arrêtés dans le cadre d’une enquête pour participation à une organisation criminelle, et sont actuellement en procès". Depuis, le parti d'extrême droite "joue profil bas" tout en comptant sur la crise pour augmenter son score, qui était de 6.3% en janvier.

Pour l'Humanité, cette stratégie pourrait payer, car "au cœur d’une campagne électorale terne, la crise des migrants en Europe a changé la donne et dopé la droite". Il revient donc aux indécis de décider du sort d'Alexis Tsipras. Dans les derniers sondages, "pas moins de 15 % des électeurs ne savent pas encore pour qui voter, ni même s’ils iront voter. L’abstention pourrait, ce week-end, battre des records"  [Le Monde].

Si les indécis seront la clé du scrutin, c'est notamment car les deux partis majoritaires récoltent des prévisions de vote similaires. Pour Euronews, Vangelis Meïmarakis, un avocat de 61 ans à la tête du parti de centre-droit Nouvelle démocratie, est au coude à coude avec le leader de Syriza et va jusqu'à s'estimer "confiant" quant à l'issue du scrutin.

Pourtant, le leader de l'Union des centristes, Vassilis Leventis, estime que "la Grèce aura le plus grand mal à former un gouvernement stable" rapporte l'Opinion. Le Premier ministre sortant en est conscient. Pour Euractiv, "Syriza semble n'avoir qu'un millimètre d'avance sur ses rivaux de Nouvelle démocratie" et bien que "Tsipras refuse toute alliance" avec ce parti, il s'est d'ores et déjà positionné en faveur d'une "coalition progressiste". 

La campagne peine à soulever le foules, notamment car les enjeux de ces élections, les troisièmes en huit mois, sont particulièrement limités. Il s'agit avant tout de clarifier le paysage politique interne, les conditions bruxelloises de régulation de l'économie ayant été acceptées à la fin de longues tractations cet été.

Le déroulement de ces évènements est à considérer avec un certain recul. Libération évoque un "poker menteur" et rapporte les propos du Portugais Vítor Constâncio, vice-président de la Banque centrale européenne, ayant déclaré en début de semaine que "la menace d'un Grexit n'a jamais été sérieuse, car illégale".

Quel que soit le gouvernement élu ce dimanche, la situation économique grecque sera l'un des enjeux principaux auxquels il faudra faire face. Le taux de chômage s'élève encore à 24.6% [Le Figaro / AFP], tandis que les entrepreneurs dénoncent une économie paralysée tournant au ralenti et envisagent d'installer leurs sièges sociaux en Bulgarie. 60 000 petites et moyennes entreprises ont déjà suivi ce chemin [Challenges].

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