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Elections législatives allemandes : Martin Schulz tente de relancer sa campagne au congrès du SPD

Revue de presse 26.06.2017

A trois mois des élections législatives prévues le 24 septembre, les sociaux-démocrates allemands emmenés par Martin Schulz étaient réunis dimanche 25 juin en congrès à Dortmund pour adopter leur programme. Au menu : justice sociale, relance de l'investissement et intégration européenne. Des thèmes résolument orientés à gauche, accompagnés de propos plus offensifs à l'égard d'Angela Merkel toujours en tête dans les sondages.

Martin Schulz

Martin Schulz multiplie les attaques

"Est-ce le congrès de la dernière chance pour Martin Schulz ?", s'interroge France 24. Affaibli par trois défaites consécutives aux élections régionales au cours du printemps (dans la Sarre, le Schleswig-Holstein et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie), le leader du Parti social-démocrate Martin Schulz a décidé de "passer à l’offensive contre la chancelière", lors du congrès du Parti organisé dimanche 25 juin [Le Monde].

Durant un discours fleuve de près d'une heure et demie consacré à la présentation de son programme au parti, l'ancien président du Parlement européen a multiplié les attaques à l'encontre d'Angela Merkel, allant même jusqu'à accuser sa rivale de "fragiliser la démocratie", rapportent Les Echos. Martin Schulz reproche en effet à la chancelière de faire "taire de façon systématique les débats quant à l’avenir du pays" [RTBF].

 "Dans les cercles berlinois, on appelle ça de la démobilisation asymétrique. Moi, j’appelle cela un affront à la démocratie !", a-t-il estimé avant d'ajouter : "Je vous le prédis : le plus grand danger, c’est l’arrogance du pouvoir. Les gens la sentent" [Le Monde].

Un programme orienté à gauche

En chute dans les sondages ces dernières semaines après un début de campagne "sur les chapeaux de roue", Martin Schulz a également tenté de séduire son électorat avec un programme très à gauche [RFI]. L'homme politique de 61 ans a en outre "fulminé contre les 'forces débridées du capitalisme'" [Le Monde]. "Le SPD est garant de la justice sociale et de la solidarité dans une période pleine de bouleversements. Nous voulons des retraites sûres, une plus grande égalité des chances à l'école et plus de justice salariale. Les chrétiens-démocrates croient sans le dire que rien ne doit changer dans ces domaines", a-t-il déclaré.

Dans un programme adopté à l'unanimité par son parti, Martin Schulz a notamment promis "une réduction des impôts pour les couches populaires et moyennes et plus de pression fiscale pour les plus riches, ainsi que la gratuité de la scolarité"  [L'Express]. Le leader du SPD s'est également engagé, en cas de victoire, à instaurer le mariage pour les homosexuels, ce que les conservateurs allemands se refusent de faire, en martelant : "Je ne signerai pas d'accord de coalition dans lequel le mariage pour tous ne figure pas", indique RTBF.

Grande première, le SPD a aussi annoncé sa volonté de "mettre sur pied une commission afin de réfléchir à un éventuel impôt sur la fortune" [L'Express]. Un thème sur lequel Martin Schulz refuse pour l'heure de faire campagne, précise le journal.

Des erreurs tactiques

Si Martin Schulz tente de "'gauchiser' son discours, son parti est pour le moment toujours en peine, indique le journal. Dans un sondage Emnid paru vendredi et repris par Le Monde, la CDU de Mme Merkel, alliée aux conservateurs bavarois de la CSU, est en effet "créditée de 39 % des voix aux législatives, soit quinze points de plus que le SPD".

D'abord fragilisée par les critiques contre sa politique d'ouverture aux réfugiés en début de campagne, la popularité d'Angela Merkel semble à nouveau "au zénith" [RFI]. En outre, la chancelière "profite d'une situation économique positive et des crises internationales pour lesquelles sa personnalité et son expérience rassurent les Allemands".

De plus, Martin Schulz a multiplié les erreurs tactiques ces derniers mois, par exemple en choisissant de "disparaître un temps en début d’année de la scène politique pour ne pas faire d’ombre à la candidate du SPD aux régionales de Rhénanie" [Le Temps]. L'ancien président du Parlement européen apparaît également "épuisé (…), incapable de dévier du script de ses discours" et "mal entouré". Ne siégeant pas au Bundestag et n'occupant pas de poste de ministre, Martin Schulz pâtit aussi de son absence des débats parlementaires, "très suivis par les observateurs en Allemagne".

Si la partie s'annonce difficile, le SPD se veut optimisme. En témoignent les mots prononcés par Gerhard Schröder, ancien chancelier social-démocrate, dimanche matin : "Souvenez-vous. [En 2005] nous avons réussi à reprendre plus de 20 points en quelques semaines. Rien n’est encore joué" [Le Monde]. Un message d'espoir qui rappelle la remontée sondagière spectaculaire opérée en 2005 par le SPD dans la dernière ligne droite, rappelle le quotidien.