Derniers articles publiés

Chypre : Níkos Anastasiádis réélu président / Turquie : pour Recep Tayyip Erdoğan seule une adhésion à l'UE est envisageable

Revue de presse 05.02.2018

Dimanche 4 février, les Chypriotes ont réélu Níkos Anastasiádis, conservateur pro-européen et favorable à la réunification de l'île, au poste de président. Le même jour, le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé, dans un entretien accordé au journal italien La Stampa, que pour lui, seule une adhésion à l'Union européenne est une option acceptable pour Ankara, rejetant ainsi la proposition de partenariat faite par Emmanuel Macron le 5 janvier.

Níkos Anastasiádis

Níkos Anastasiádis, président réélu de la République de Chypre. Crédits : Parti populaire européen

A Chypre, la réunification pour priorité

Le second tour de l'élection présidentielle chypriote, dimanche 4 février, a été remporté par le conservateur Níkos Anastasiádis face à son adversaire communiste Stávros Malás. Les deux candidats  "déjà opposé[s] lors de la précédente présidentielle en 2013", ont respectivement obtenu "55,99% des suffrages contre 44%" [Ouest France].

Le Monde, qui rappelle que "550 000 électeurs étaient appelés à voter", indique que la participation qui s'est élevée à 73% a été supérieure à celle du premier tour, où 71,88% des électeurs s'étaient déplacés.

M. Anastasiádis, avocat de formation, a été "député sans interruption entre 1981 et 2013" et "a pris la tête de son parti, DISY [Rassemblement démocrate], en 1997", dont il est "un des fondateurs" [Ouest France]. Le quotidien régional poursuit en rappelant qu'au "fil des ans, il a fait du parti une force politique majeure". Lors de son précédent mandat, le président réélu est "parvenu à éviter la faillite à son pays en négociant un plan d'aide international mais a échoué jusqu'ici à réunifier l'île méditerranéenne".

Ce dernier enjeu sera bien la première priorité de M. Anastasiádis pour son second mandat de cinq ans. Devant ses partisans à la suite de sa victoire, le président chypriote a assuré vouloir trouver une solution "qui ne néglige pas les inquiétudes des Chypriotes grecs, mais qui considère aussi les sensibilités des Chypriotes turcs" [Cyprus Mail, quotidien anglophone à Chypre]. En effet, pour le dirigeant conservateur "le plus gros défi auquel [les Chypriotes font] face est de réunifier [leur] pays".

La réunification de l'île a été, avec l'économie, un des sujets majeurs de la campagne, explique Le Monde. Lors du précédent mandat de M. Anastasiádis, "les négociations sous l’égide de l’ONU avec le dirigeant de la RTCN [République turque de Chypre du Nord], Mustafa Akıncı, ont échoué en 2017, et le processus suscite de plus en plus de scepticisme chez les Chypriotes".

Chypre est divisée en deux depuis que "la partie nord [a été] occupée par l’armée turque" en 1974. Dès lors, une "'ligne verte' [coupe] le pays en deux d’est en ouest, [et] déchire la vieille ville de Nicosie". [Le Monde]

Pour Recep Tayyip Erdogan seule une adhésion à l'UE est possible

A l'occasion d'un entretien accordé au quotidien turinois La Stampa, publié dimanche 4 février, le président Turc Recep Tayyip Erdogan "a rejeté toute option autre qu'une 'adhésion' à l'UE, balayant la proposition française d'un simple 'partenariat'" [La Libre, Belgique].

Emmanuel Macron avait en effet proposé, le 5 janvier, un partenariat à la Turquie, pour "sortir d’une hypocrisie qui consiste à penser qu’une progression naturelle vers l’ouverture de nouveaux chapitres (de négociation) est possible" [Le Parisien]. Une offre qui était intervenue alors que les tensions entre Bruxelles et Ankara vont croissantes depuis que le chef de l'Etat turc a mis en place une importante répression en réaction au putsch manqué du 15 juillet 2016.

M. Erdogan a insisté sur le désir de son pays, de part et d'autre du Bosphore, d'une "pleine adhésion à l'Europe" : "d'autres options" n'étant pas satisfaisantes [L'Orient–Le Jour, quotidien libanais]. Selon lui : "l'UE bloque l'accès à la négociation et laisse entendre que l'absence de progrès dans les négociations dépend de nous".

Cette interview a été menée dans le cadre d'une visite du président turc en Italie les 4 et 5 février. Ce dernier va rencontrer "le pape François, le président et le chef du gouvernement italiens, ainsi que des grands entrepreneurs du pays", relate La Libre.