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Qui était Paul-Henri Spaak ?

Père fondateur des communautés européennes, le Belge Paul-Henri Spaak (1899-1972) doit avant tout sa notoriété à son travail d’avocat de l’unité européenne.

Paul-Henri Spaak
Paul-Henri Spaak, père fondateur de l’Union européenne 

Paul-Henri Spaak est né à Schaerbeek (Bruxelles) le 25 janvier 1899.

Après des études de droit, il débute en 1932 sa carrière politique en Belgique, où il occupe de nombreux postes ministériels, dont celui des Affaires étrangères.

Pendant la Seconde guerre mondiale, il est membre du gouvernement belge en exil à Londres, au sein duquel il plaide pour une alliance de l’Europe occidentale au lendemain de la guerre.

Dès 1941, il est l’un des initiateurs d’une union douanière entre la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Celle-ci donne naissance au Benelux en 1948 et préfigure, à une échelle réduite, la Communauté européenne.

Sa présence sur la scène internationale

Paul-Henri Spaak devient le premier président de l’Assemblée générale des Nations Unies à sa création en 1946. Il redevient la même année ministre et chef du gouvernement belge, jusqu’en 1949.

Il occupe les fonctions de secrétaire général de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) de 1957 à 1961, avant d’être à nouveau ministre des Affaires étrangères de 1961 à 1966.

Il adhère au Mouvement européen, fondé en 1948 par les pionniers de l’Europe tels que Winston Churchill, Konrad Adenauer et Alcide de Gasperi, où se rassemblent hommes politiques et autres acteurs désireux de rapprocher les pays d’Europe.

Son ambition est d’ancrer la Belgique dans le camp des grandes puissances occidentales en faisant alliance avec la France et la Grande-Bretagne et en l’intégrant à l’OTAN.

Son engagement européen

Président de l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe de 1949 à 1951, il démissionne après le refus de la Grande-Bretagne d’accepter le plan Schuman. Puis il défend l’approbation de la Communauté européenne de Défense (CED) devant la Chambre des Représentants de Belgique, le 19 novembre 1953.

Estimant que la création de liens contraignants entre les pays est le moyen le plus efficace de garantir la paix et la stabilité, il s’engage activement dans la construction de l’Europe des Six. Il devient président de l’Assemblée parlementaire de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) de 1952 à 1954.

A la tête du comité des experts qui étudient la création d’un Marché Commun européen à la Conférence de Messine en juin 1955, il joue un rôle essentiel dans la négociation du Traité de Rome et la fondation de la Communauté économique européenne (CEE) en 1957.

Il combat avec persévérance les conceptions gaullistes, plus particulièrement sur deux points : il se fait l’avocat de la supranationalité en opposition à une union politique à caractère confédéral, et soutient l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun.

En 1965, il s’attache pourtant à dénouer la crise ouverte par la décision française de ne plus siéger au Conseil (crise de la “chaise vide” provoquée par Charles de Gaulle).

Il se retire de la vie politique en 1966 et décède le 31 juillet 1972 à Bruxelles.

Grâce à son engagement dans la construction européenne, Paul-Henri Spaak est considéré comme l’un des “Pères de l’Europe” . Une aile du Parlement européen de Bruxelles porte aujourd’hui son nom.

Propos choisis

L’Europe occidentale offre cette particularité qu’entre les pays qui la composent, il n’y a pas de compétition territoriale et qu’il y a par contre, une communauté de principes politiques, juridiques et moraux, de même qu’un niveau social comparable. C’est-à-dire qu’il y a tout ce qu’il faut pour une entente étroite” .

Il faudra établir une hiérarchie dans les obligations internationales contractées par les peuples : entre les pays de l’Europe occidentale, des liens très étroits, une défense nationale commune, une politique étrangère commune, une entente économique extrêmement profonde. Cette entité devra elle-même s’entendre sur les problèmes plus généraux avec les autres parties et peut-être fédérations de l’Europe, et cette organisation européenne elle-même devra établir ses rapports avec le reste du monde” .

J’ai été, je suis et je reste un partisan convaincu de ce qu’on appelle ‘l’Europe supranationale’, c’est-à-dire une Europe organisée de telle façon qu’en fin de compte, lorsque les discussions aussi complètes que possible ont eu lieu et que l’on doit prendre une décision, cette décision soit prise à la majorité, afin d’éviter les impasses” .

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