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1974-1984, surmonter les crises

Entre 1974 et 1984, l'Europe vit de grands changements. Le Système monétaire européen (SME) ouvre la première étape de la création d'une monnaie unique. En 1979, le Parlement européen est élu pour la première fois au suffrage universel direct, même si cette institution n'a pas encore beaucoup de pouvoir. En 1984, dans un contexte de crise budgétaire, le Royaume-Uni estimant verser trop d'argent pour le projet européen voit une partie de sa contribution remboursée par ses partenaires.

Margaret Tatcher
Margaret Thatcher, ancienne Première ministre du Royaume-Uni - Crédits : Margaret Thatcher Foundation

9 et 10 décembre 1974 : Sommet de Paris

Dans un contexte de choc pétrolier, les chefs d’Etat ou de gouvernement des Neuf se réunissent à Paris à l’invitation de Valéry Giscard d’Estaing, récemment élu président de la République. Sur proposition française, le sommet de Paris institue, en marge des traités communautaires, le Conseil européen : désormais, les dirigeants européens se rencontreront au moins trois fois par an pour déterminer ensemble les grandes orientations politiques.

Le principe de l’élection du Parlement européen au suffrage universel est également adopté. Soucieux d’améliorer leur coopération, les Neuf confient au belge Léo Tindemans la mission de réfléchir à la création d’une Union européenne qui dépasserait le stade de l’intégration économique.

Valéry Giscard d’Estaing, président de la République français lors du sommet de Paris de 1974 - Crédits : Commission européenne

28 février 1975 : premiers Accords de Lomé

Dans les années 60, les Conventions de Yaoundé avaient permis d’associer les anciennes colonies françaises d’Afrique au développement économique européen. L’adhésion du Royaume-Uni entraîne dans le giron européen les vingt Etats indépendants du Commonwealth. C’est un tournant pour la politique européenne de coopération.

La convention de Lomé assure le libre accès au marché communautaire à la quasi-totalité des marchandises produites dans 46 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Des aides financières au développement sont également octroyées, notamment en vue d’assurer un soutien à la production agricole. La préférence commerciale accordée aux pays ACP sera pendant longtemps le pilier de la politique européenne d’aide au développement.

Poignée de main entre Claude Cheysson, commissaire européen en charge des politiques de développement et de coopération, avec le Général Gnassingbe Eyadema, président du Togo lors de la convention de Lomé en février 1975 - Crédits : Commission européenne

7 juillet 1978 : création du Système Monétaire Européen

Au cours des années 70, le serpent monétaire européen éclate à plusieurs reprises, victime des trop grandes tensions entre les monnaies européennes. En 1978, il est pratiquement au point mort.

Persuadé qu’il faut absolument limiter les fluctuations entre les monnaies pour relancer l’économie européenne, le couple franco-allemand décide de créer un nouveau système monétaire, assez proche du “serpent” dans son fonctionnement, ouvert à tous les Etats de la Communauté. Le système monétaire européen (SME) rencontrera un plus grand succès que le serpent monétaire : en 1983, tenté par une politique de rupture, François Mitterrand prendra la décision cruciale de maintenir la France au sein du SME, marquant ainsi son ancrage européen.

10 juin 1979 : première élection du Parlement européen au suffrage universel direct

Comme convenu lors du Sommet de Paris de 1974, la nouvelle législature du Parlement européen est élue au suffrage universel direct. Mais la participation dans l’ensemble des pays membres dépasse à peine les 40 % et, comme cela sera souvent le cas par la suite, le scrutin est largement déterminé par des enjeux nationaux. La française Simone Veil est portée à la tête d’une institution encore peu structurée, qui ne dispose pas de beaucoup de pouvoir.

Mais sa nouvelle légitimité démocratique va permettre au Parlement européen d’accroître rapidement ses compétences. Aujourd’hui, il est devenu législateur à part entière de l’Union, aux côtés du Conseil de l’UE.

Election de Simone Veil à la présidence du Parlement européen, le 17 juillet 1979 - Crédits : Commission européenne

1er janvier 1981 : la Grèce devient membre des Communautés européennes

Associée aux Communautés depuis 1961, la Grèce s’était retrouvée isolée diplomatiquement à la suite du coup d’Etat militaire de 1967. En 1974, la chute du régime des colonels et le retour à la démocratie rapprochent la République hellénique de l’Europe occidentale. La Grèce dépose sa candidature en 1975, mais elle doit rattraper son retard économique avant de devenir, en 1981, le dixième membre des Communautés européennes.

25 et 26 juin 1984 : le Conseil européen de Fontainebleau met fin à la crise budgétaire

Depuis des mois, les Dix se disputent sur le futur budget communautaire. Les Britanniques estiment qu’ils contribuent trop à un budget dominé par la PAC. Inflexible, Margaret Thatcher ne cesse de réclamer pour son pays un “juste retour” financier (en lançant le fameux : “I want my money back !”).

Grâce à la complicité naissante entre François Mitterrand et Helmut Kohl, un compromis est finalement trouvé à Fontainebleau : les ressources financières des Communautés sont augmentées, le financement de la PAC est réduit et le Royaume-Uni voit une partie de sa contribution remboursée par ses partenaires. Depuis cette date, les Britanniques bénéficient d’un rabais dans leur participation au budget communautaire (le fameux “chèque” britannique).

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