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Tibor Navracsics : "Le sport contribue à bâtir des communautés"

Actualité 01.12.2014

Le nouveau commissaire européen en charge de l'éducation, de la culture, de la jeunesse et du sport, le Hongrois Tibor Navracsics, a pris ses fonctions le 1er novembre 2014. C'est la première fois qu'il accorde un entretien spécifiquement sur le domaine du sport. Propos recueillis par le think tank Sport et Citoyenneté.

Tibor Navracsics

Quelle est la place du sport dans votre portefeuille? Quelle est l'importance de ce sujet en relation avec l'éducation, de la culture et de la jeunesse ?

Mon portefeuille, qui, je crois, est le meilleur de la Commission, comprend l'éducation, la culture, la jeunesse et le sport. Ces domaines sont connectés par un lien fort : la construction de communautés. C’est ce qui rend mon travail particulièrement excitant.

Tous les domaines de mon portefeuille ont un lien fort avec ma vie : je suis professeur d’université, j’aime la culture et je suis un fan de sport, un supporter de l'équipe de handball de ma ville natale Veszprem. Comment pourrais-je les hiérarchiser quand tous ces sujets sont si près de mon cœur ? Ma mission en tant que Commissaire est de servir les citoyens européens. C’est ce qui détermine mon travail. Le sport a un fort potentiel pour améliorer la vie des gens à bien des égards, et je suis prêt à maximiser ce potentiel.

Le Sport et l'Union européenne ont une relation récente. Comment avez-vous l'intention de consolider les fondements de cette relation construite dans les 5 dernières années?

Le sport est devenu une compétence de l'UE avec le traité de Lisbonne fin 2009. Les initiatives qui ont suivi, telles que la Communication de 2011 sur le Sport, ont contribué à façonner l'agenda politique de l'UE. Nous avons mis en place de bonnes structures pour la coopération avec les États membres et établi un dialogue structuré avec le mouvement sportif.

Sport et Citoyenneté est un think tank européen promouvant les valeurs du sport et militant pour sa meilleure implantation dans la société.

Depuis 2011, les priorités de l'agenda sportif de l'UE ont été fixées dans le plan de travail pluriannuel de l'UE pour le sport. Je pense que la mise en œuvre de ce premier plan de travail de l'UE a été un succès. Le second, centré sur l'intégrité du sport, la dimension économique du sport et sur la relation entre le sport et la société, est entériné et prêt à être mise en œuvre.

Nous faisons des progrès dans la lutte contre les menaces importantes qui pèsent sur le sport, tels que les matches truqués et le dopage. Par exemple, le nouveau Code mondial Antidopage, qui a bénéficié d’une contribution européenne importante, entrera en vigueur dans quelques semaines.

Pendant ce temps, le nouveau programme Erasmus+ : Sport offre un cadre de financement stable qui soutient notre agenda politique.

Tout cela nous donne une excellente base sur laquelle bâtir au cours des cinq prochaines années.

Quelles seront vos priorités pour le sport pour les cinq prochaines années ?

En tant que commissaire pour le sport, je veux me concentrer sur trois priorités.

Tout d'abord, je tiens à promouvoir la dimension populaire du sport : le sport pour tous. C’est une question qui me tient à cœur. Pratiquer le sport nous aide à mener une vie saine, mais le plus important,  c’est que le sport contribue à bâtir des communautés. Il rassemble des personnes de différents âges, nationalités et milieux sociaux. C’est une richesse que nous devrions chérir, protéger et soutenir.

Deuxièmement, je veux affronter les grandes menaces qui pèsent sur le sport. Les menaces qui remettent en cause son essence même et sa place et son acceptation dans la société – du racisme aux matches truqués et à la corruption. Le sport est géré par ses organisations, et c’est la façon dont il devrait rester. Mais le sport dépend de la confiance des citoyens. Je suis prêt à travailler avec la famille du sport, les États membres, ainsi que les acteurs au niveau régional et local, afin de s’assurer que son intégrité est restaurée et protégée.

Troisièmement, je veux sensibiliser à l’importance du secteur du sport en termes de contribution à la croissance, à l'innovation et la création d'emplois. Et je veux m’assurer que la Commission européenne ainsi que les États membres reconnaissent et utilisent son potentiel pour donner un coup de pouce à l'économie de l'Europe. Nous devons nous appuyer sur cela pour assurer que le sport joue pleinement son rôle pour aider à relancer la croissance économique.

La Semaine européenne du sport sera le point culminant de l'année 2015. Comment cet événement se matérialise-t-il ? Quel en sera l'impact sur les citoyens européens ?

La santé est une préoccupation pour nous tous. L'activité physique régulière contribue à un mode de vie sain et empêche un certain nombre de maladies. Nous devons sensibiliser les citoyens et c’est pourquoi nous l'appuyons au niveau européen.

La Semaine européenne du Sport, première initiative d’une telle ampleur, devrait devenir un outil important dans la promotion du sport et la place de l'activité physique dans nos sociétés et dans notre quotidien.

Cet événement sera organisé sur une base annuelle à partir de 2015, et Erasmus + fournira un soutien financier substantiel.

Afin de faire de cette semaine un succès, nous avons besoin de partenaires et nous signerons les premiers documents de partenariat avec 14 organisations au Forum européen du sport à Milan (1er et 2 décembre 2014). J’espère que leur exemple incitera d'autres fédérations sportives européennes, les organisations sportives et d’autres à s‘associer à nous.