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Regards croisés pour une relance de l'Union européenne

Actualité 17.01.2007

La Fondation pour l'innovation politique réunissait, mercredi 17 janvier, trois grands témoins autour de Michel Foucher, ancien directeur du Centre d'analyse et de prévision et conseiller de Hubert Védrine au ministère des Affaires étrangères, auteur de la note de la Fondation Schuman intitulée "L'Union européenne un demi-siècle plus tard : état des lieux et scénarios de relance".

 

Horizon 2009

Examinant les différents scénarios de relance après le rejet du Traité constitutionnel (TCE) par les peuples français et néerlandais, Michel Foucher a suggéré qu'une conférence intergouvernementale à mandat limité pourrait proposer, à l'horizon 2009, un nouveau traité reprenant les principales innovations institutionnelles contenues dans le TCE.

Pour Michel Foucher, la vision des futures frontières de l'Union européenne est "beaucoup plus claire à Washington qu'elle ne l'est à Bruxelles", et c'est bien la vision américaine d'une Union intégrant toute la partie occidentale – Turquie comprise – du continent qui s'impose aujourd'hui. Partisan d’une pause d’une quinzaine d’années avant tout nouvel élargissement, Michel Foucher souligne que les frontières de l'Union doivent aussi être les "horizons d’action" d'une politique de voisinage renforcée.

Des agendas millimétrés

Klaus Neubert a décrit l'agenda très serré que s'est fixé la présidence allemande de l'Union européenne, dans un contexte encombré par les échéances électorales françaises. Après une phase d'écoute, l'Allemagne précisera son calendrier lors du Conseil européen du 25 mars, à l'occasion de la célébration du cinquantenaire du Traité de Rome. En juin, l'Allemagne devra remettre à la présidence portugaise une feuille de route en vue de l'indispensable amélioration de l'efficacité des institutions européennes.

L'ambassadeur d'Allemagne en France espère que pourra ainsi être évité le "télescopage" de la question de la réforme des institutions et du délicat débat, en 2009, sur le budget européen.

L'Union en 2010

Pour la République Tchèque, a indiqué Pavel Fischer, son représentant en France, les Balkans occidentaux doivent, à terme, être ancrés dans l'espace européen ; le pays soutient également les promesses faites de longue date à la Turquie. Pavel Fischer a souligné le souci de la République Tchèque, qui succèdera à la France à la présidence de l'Union, qu'émerge une politique commune de l'énergie.

Vers le rapprochement d'un noyau d'Etats ?

Stefano Silvestri estime que la France connaît "une crise profonde", qui pèse lourdement sur les décisions à prendre en Europe. Le directeur de l'Institut des relations internationales de Rome a décrit la position de l'Italie comme assez proche de celle de l'Allemagne, et estimé que "tous les équilibres" du traité constitutionnel devraient être défendus, même si d'autres compromis restent possibles. L'élargissement à la Turquie paraît souhaitable à l'Italie, pour autant que cette dernière "joue le jeu européen".

Détaillant une vision plus personnelle, Stefano Silvestri a laissé entendre que l'avenir de l'Union européenne pourrait également passer par la constitution d'un noyau d'Etats déterminés à avancer plus vite ensemble sur le plan politique dans les domaines, notamment, de la sécurité, de la diplomatie et de l'énergie.

L'Union européenne vers des collaborations élargies ?

Franck Debié, directeur de la Fondation pour l'innovation politique, a conclu la conférence par une réflexion sur l'avenir de la démographie de l'Union européenne et de ses voisins à l'horizon 2025. L'enjeu ne sera bientôt plus tant celui de la constitution d'un marché et de son insertion dans l'économie mondiale que celui des migrations et du voisinage économique de l'Union, du co-développement et, enfin, de la mise en place d'une logique de coopération avec une sphère de voisinage élargie. Pour cela, l'Union européenne devra "discipliner" ses Etats membres : comment envisager une coopération élargie si chaque Etat continue de poursuivre ses propres intérêts ?