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Lech Kaczynski prêt à dire "oui" au traité de Lisbonne si l'Irlande ratifie

Actualité 03.07.2008

Alors qu'il estimait mardi 1er juillet, dans un entretien accordé au quotidien polonais Dziennik, que la ratification du traité de Lisbonne est "inutile" suite à la victoire du "non" au référendum irlandais, le Président polonais, Lech Kaczynski, a précisé le lendemain qu'il ne s'opposerait pas à la ratification polonaise si l'Irlande décide de son plein gré de ratifier le traité de Lisbonne.

 

 

Ratifiera, ratifiera pas ....

Le Président polonais laisse cette semaine planer le doute sur la ratification par son pays du traité de Lisbonne. En effet, même si le Parlement polonais s'est prononcé dès le mois d'avril en faveur de cette ratification, la signature du chef d'Etat polonais est indispensable. Or, elle semble ne pas être acquise pour le moment.

En effet, Lech Kaczynski considérait mardi 1er juillet que la ratification du traité de Lisbonne est devenue "inutile" depuis que l'Irlande l'a rejeté le 12 juin dernier. Il a précisé hier sa pensée et expliqué qu'il signerait le traité si l'Irlande consentait finalement à le ratifier.

La Pologne n'a donc pas définitivement rejeté le traité. Cependant, aucune issue n'a pour le moment été trouvée suite au "non" irlandais. En l'absence d'un accord lors du Conseil européen de juin, le dossier a été reporté à celui d'octobre.

Nombreux sont ceux qui justifient cette position polonaise par l'euroscepticisme du Président Kaczynski. Un euroscepticisme qu'il partage par ailleurs avec un de ces voisins, le Président tchèque Vaclav Klaus. Ce dernier avait en effet annoncé que le traité de Lisbonne était "mort et enterré" au lendemain du référendum irlandais.

Le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, s'est engagé pendant les six mois de Présidence de l'Union européenne , à tenter de trouver une solution à cette impasse institutionnelle et a invité les Etats membres à poursuivre le processus de ratification. Il devrait profiter du Sommet de Paris sur l'Union pour la Méditerranée, le 13 juillet prochain, pour rencontrer Lech Kaczynski et tenter de la convaincre de finaliser la ratification du traité de Lisbonne.

La poursuite du processus de ratification du traité de Lisbonne

Le sort du traité de Lisbonne devrait être au coeur des débats du prochain Conseil européen d'octobre.

Selon toutes probabilités, seuls trois Etats membres n'auront pas encore ratifié à cette date : la Suède, qui a délibérément fixé à fin 2008 la date du vote parlementaire ; la République tchèque dont les problèmes politiques internes - et leur extension juridique - rendent la perspective de ratification encore peu claire ; l'Irlande.

La France devra donc mener les débats sur la sortie de crise institutionnelle dans laquelle se trouve l'Union européenne à la suite du "non" irlandais.

Elle devra également convaincre les eurosceptiques d'Europe de l'Est, tel le Président de la république tchèque Vaclav Klaus qui, a l'occasion du Conseil européen de juin, a conditionné la ratification du traité de Lisbonne par son pays à un accord préalable de la Cour constitutionnelle tchèque.

Dans cette campagne en faveur du traité de Lisbonne, la France pourra compter sur les Premiers ministres tchèques et polonais, Mirek Topolanek et Donald Tusk, plus libéraux et pro-européens, qui se sont déjà exprimés en faveur de la ratification.


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