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Le géant Google à la rescousse d’Europeana ?

Actualité 30.08.2009

Lancée en janvier dernier après quelques difficultés techniques, la bibliothèque numérique Europeana, malgré ses faibles moyens financiers, a réussi à doubler de taille en quelques mois, passant de 2 à 4,6 millions d'ouvrages numérisés. Le 28 août dernier, la Commission Européenne a présenté son document d'orientation  avec  ses objectifs pour ce projet initié en novembre 2008. Ce document comprend le lancement d'une consultation publique sur l'avenir d'Europeana, notamment sur son financement, ce qui n'a pas manqué de réanimer un débat sensible.

Possibilités de coopération entre les secteurs privé et public

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Le 28 août dernier, la Commission européenne a annoncé le lancement d’une consultation publique sur des questions telles que la publication des contenus numérisés sur Europeana, la coopération avec les éditeurs en matière de droits d'auteurs, l'éventuelle création d'un registre des droits pour les oeuvres orphelines ou encore l'épineuse question du financement de cette bibliothèque, estimé pour le moment à 70 millions d'euros par an. Date limite de participation : 15 novembre 2009.

Accéder à la consultation en ligne [pdf]
Lancée en novembre 2008 en réponse à l’américain Google, qui ambitionne, par son projet "Google Books", de numériser les documents des plus grandes bibliothèques du monde, Europeana, la bibliothèque numérique européenne, souhaite de son côté mettre à disposition de chaque citoyen, d'un simple clic et sur un portail unique, le patrimoine culturel européen.

Il s'agit là d'un défi culturel et technologique. Cent institutions représentatives du patrimoine européen, aidées par des experts en technologie de l’information, ont déjà mis en ligne 4,6 millions de documents de toute nature.

Un catalogue qui pourrait encore doubler de taille l’année prochaine et atteindre les dix millions de documents numérisés.

Juste qu'en 2013, l'avenir financier d'Europeana est assuré par le soutien de différents programmes communautaires. Mais déjà, la commissaire européenne chargée de la Société de l’information et des Médias, Viviane Reding suggère qu'un recours à des groupes privés comme Google soit rendu possible à l'avenir pour relever le défi.


Si la Commission européenne se doit de rester neutre dans ces propositions, les polémiques font d’ores et déjà rage au niveau national, surtout en France.


L' exemple de la Bibliothèque Nationale Française

Touteleurope Le Mag n°8



En janvier dernier, Jean-Noël Jeanneney et Viviane Reding présentaient, pour Touteleurope Le Mag, le projet Europeana. Découvrez ou redécouvrez ce dossier spécial en vidéo.
En France, Etat membre qui fournit, par rapport à ses 26 partenaires,  la quasi majorité des apports à Europeana (47%), la gestion de la bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale Française (BNF) illustre l'enjeu du débat.

En effet, alors même que l’ancien président de la BNF et initiateur du projet Europeana, Jean-Noël Jeanneney, s’est toujours farouchement opposé à la numérisation des livres par les sociétés privées (Google Book), et exprimé le souhait d'un contre projet public, la BNF, quelques mois seulement après son départ a annoncé qu’elle pourrait ne plus s’opposer fondamentalement à un accord avec Google, notamment pour des raisons de coût.

Cependant, l'objectif annoncé de l'Union Européenne est de parvenir à doubler le nombre de numérisation d'ici à 2010, ce qui ne pourra pas être assuré par un seul recours au secteur privé.


 

 

 

 

 

 

Sources


Europe's Digital Library doubles in size but also shows EU's lack of common web copyright solution (en) - 28/08/09 - Commission européenne


En savoir plus


Questions pour la consultation publique "Europeana – prochaines étapes" [pdf] - Commission européenne
Site Internet d'Europeana
8e numéro de Touteleurope le Mag ! : Europeana, la culture à portée de clic !