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Daniel Cohn-Bendit : "face aux crises, il faut être visionnaire"

Actualité 17.04.2009

Dans le cadre du cycle de conférences sur les élections européennes, l'Association des journalistes européens (AJE) a reçu au Centre d'Accueil de la Presse étrangère, Daniel Cohn-Bendit, tête de liste du parti Europe écologie en Ile-de-France. L'occasion pour Touteleurope.fr de poursuivre sa série de rencontres avec les principaux candidats.

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Une campagne européenne

Retrouvez le "Contrat Ecologiste pour l'Europe" sur le site internet d'Europe écologieInterrogé sur la stratégie des Verts pour effectuer une campagne européenne plutôt que nationale, le candidat a rappelé les grandes lignes du "Contrat écologiste pour l'Europe" adopté lors du Congrès des Verts européens les 27 et 28 mars à Bruxelles, au cours duquel ont par ailleurs été désignés les 3 porte-parole des Verts pour cette campagne, dont M. Cohn-Bendit.

Le Contrat insiste sur la nécessité d'une réponse européenne aux crises économique et écologique, contre les souverainismes nationaux et contre la "façade de coordination européenne" qui régit actuellement, selon Daniel Cohn-Bendit, le fonctionnement de l'Union. Ce "programme de lucidité" comporte deux volets : à court terme, un "bouclier social européen" pour protéger ceux qui perdent leur emploi ; à plus long terme, une transformation du système économique européen.

"Face aux crises, il faut être visionnaire" et "radical", a ajouté le candidat écologiste, tout en acceptant les compromis qui vont "dans la bonne direction", tel que le plan européen sur le climat adopté en janvier. Même chose concernant les éventuelles alliances avec d'autres partis (comme avec le centre-droit en Allemagne), possibles "en fonction du programme", tant que des "pare-chocs" sont définis sur des sujets comme les droits de l'homme ou l'immigration.

 

Contre Barroso

Autre proposition commune des Verts européens : le refus d'une nouvelle investiture à la Commission européenne de son actuel président José Manuel Barroso, qui n'a selon M. Cohn-Bendit "aucune colonne vertébrale". Si l'eurodéputé avait un candidat à proposer, ce serait l'actuel président du Parti Socialiste Européen Poul Nyrup Rasmussen, mais M. Cohn-Bendit reste ouvert à d'autres choix, le principal étant d'abord de "bloquer Barroso, ensuite émergeront les propositions".

 

Une main tendue aux musulmans

A propos de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, Daniel Cohn-Bendit a rappelé que la procédure doit prendre encore 10 ou 15 ans, ajoutant ainsi que "faire campagne là-dessus, c'est mentir aux gens". Si la Turquie elle-même doit "se démocratiser", l'Union européenne elle-même est amenée en parallèle à effectuer une révision constitutionnelle "pour intégrer l'Ukraine ou la Turquie" et "tendre la main aux musulmans".

Les Verts européens se sont en effet prononcés pour une relance du processus constitutionnel européen. Par ailleurs, un élargissement aux Balkans permettrait également d'y consolider la paix, mais les institutions européennes ont peur de s'y "brûler les doigts" en raison des nationalismes encore importants dans la région.

 

La France et les énergies renouvelables

Questionné sur le retard de la France en matière d'énergies renouvelables (en comparaison de pays comme l'Allemagne ou le Danemark), le candidat a fustigé le "monopole d'Etat" que représentait EDF en France, qui avait résulté d'un "compromis gaullo-communiste" sur l'énergie nucléaire militaire et civile. M. Cohn-Bendit a insisté sur le coût du traitement des déchets nucléaires et du démantèlement des centrales, à comparer à celui de la mise en place d'énergies renouvelables.

 

Le G20, ce "grand bluff"

Daniel Cohn-Bendit a également comparé le G20 à un "grand bluff", où l'on a "tapé sur ceux qui n'étaient pas là" et pas par exemple, sur la City de Londres. Pour améliorer la transparence, M. Cohn-Bendit a proposé une "solution d'une simplicité incroyable" : chaque dépôt doit être suivi d'une "double déclaration", du particulier et de la banque elle-même, indiquant son montant exact. Cela signifierait ainsi la "fin du secret bancaire", que le candidat dit assumer, du moins pour un certain temps.

 

Un vote "utile"

Concernant la candidature de Daniel Cohn-Bendit en France (comme en 1999) plutôt qu'en Allemagne (1994 et 2004), celui-ci a déclaré qu'il était "plus important d'aider l'écologie politique en France qu'en Allemagne", ajoutant d'ailleurs que c'était, à 64 ans, sa dernière campagne.


Enfin, Daniel Cohn-Bendit a soutenu l'importance d'un "vote utile" et "de différenciation", contre le "vote sanction" qui ne "veut rien dire" et "ne permet pas de se différencier".

 

 

Source

Association des journalistes européens

 

En savoir plus

Dossier spécial : élections européennes 2009 - Touteleurope.fr
Le site de campagne d'Europe Ecologie