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Conseil européen : les 27 se serrent les coudes face à la crise

Actualité 23.03.2009

C'est un Conseil européen sous le signe de la solidarité qui s'est réuni les 19 et 20 mars à Bruxelles. Au menu des discussions entre les chefs d'Etat et de gouvernement, la sécurité énergétique de l'Union européenne ou encore le changement climatique, mais surtout la crise financière. Profitant de ce sommet pour préparer la réunion du G20, qui se tiendra à Londres le 2 avril, les 27 ont démontré leur solidarité envers les  Etats membres les plus touchés par la crise, tout particulièrement ceux de l'Est de l'Europe.

Les 27 préparent le G20 de Londres ...

Rapport Larosière

Ce rapport, qui porte le nom de son rédacteur, Jacques de Larosière, ancien gouverneur de la Banque de France et directeur général du FMI, devrait servir de base de discussion. Il prévoit entre autres choses, la création de trois autorités européennes de régulation, pour les activités bancaire, les marchés et l’assurance.
Le Conseil européen des 19 et 20 mars, qui a réuni à Bruxelles les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 Etats membres de l'Union européenne, avait pour but premier de préparer la réunion du G20 qui aura lieu à Londres le 2 avril.

Au programme donc, la crise financière, qui occupe depuis des mois les dirigeants du monde entier. Les Européens entendent bien, comme l'a précisé le président français, Nicolas Sarkozy, à l'issue de la rencontre, obtenir "des résultats ambitieux" à Londres le 2 avril prochain.

Les 27 se sont dans cette perspective accordés à l'unanimité sur la positon de l'Union européenne : pas de nouveaux plans de relance européens, contrairement à ce que demande le président américain, Barack Obama.

L'Union européenne a cependant laissé entendre qu'elle pourrait présenter un nouveau plan de relance global à l'automne prochain.

Les 27 ont également débattu longuement sur la régulation des marchés, qui sera au coeur des négociations du G20. Sur ce point, les chefs d’Etat ont réaffirmé : "les règles prudentielles, les mécanismes à appliquer en cas de crise et le cadre de surveillance doivent être renforcés aux niveaux national, européen et mondial". Ils s'appuieront notamment pour défendre leur position sur le rapport Larosière (voir encadré).

Enfin, la question des paradis fiscaux ne divise plus les Européens, dans la mesure où le Conseil a décidé d’exclure le Luxembourg, l’Autriche et la Belgique de la liste noire réalisée par l’OCDE, puisque ces Etats se sont conformés aux règles de cette dernière. Andorre devrait faire de même selon Nicolas Sarkozy.

Mais sur ce point, nombreux sont les Etats membres, dont le Royaume-Uni, qui souhaitent demander des dérogations. Cela risquerait de remettre en cause la crédibilité d’un plan qui ne peut marcher que si tous les paradis fiscaux sont traités de la même manière. Rappelons que toutes les grandes institutions financières possèdent des filiales dans ces paradis.

... et font preuve de solidarité envers les pays de l'Est

La zone euro

A l'heure actuelle, seuls 16 Etats membres sur 27 ont adopté la monnaie unique

Voir la carte de la zone euro
Les 27 partenaires européens ont décidé de faire preuve de solidarité en faveur des Etats membres les plus touchés par la crise économique.

Principalement visés par cette solidarité, les pays d'Europe centrale et orientale qui n'appartiennent pas à la zone euro.

Pour ces Etats membres, les dirigeants européens ont décidé en Conseil de doubler l'enveloppe d'aide d'urgence, c'est-à-dire la montant total des emprunts que pourront réaliser ces Etats pour relever leur économie. Cette enveloppe passe donc de 25 à 50 milliards d'euros.

L'Union européenne va de plus injecter 75 milliards d'euros dans le Fonds monétaire international (FMI) et a demandé que les ressources de cette institution passe de 250 à 500 milliards de dollars. Une façon d'aider à nouveau les pays de l'Est, qui sont les principaux bénéficiaires en Europe des ressources du FMI.

Le retour en force du couple franco-allemand

Ce Conseil européen a été l'occasion pour le couple franco-allemand de démontrer qu'il n'a rien perdu de son rôle de leader de l'Union européenne.

En effet, bon nombre des décisions prises la semaine dernière par les dirigeants européens avaient été soigneusement préparées à l'avance lors d'un Conseil des ministres franco-allemand, le 12 mars, et par une lettre conjointe adressée le 16 à la présidence tchèque de l'Union européenne et à la Commission européenne.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont ainsi défendu les mêmes positions sur l'enregistrement, la supervision de tous les acteurs financiers et un système de sanctions contre leurs excès.

Pour Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, "au milieu des opposants, des résignés et des impuissants, la seule force gardienne de l'esprit européen reste bien le couple franco-allemand".

Energie, changement climatique, partenariat oriental et relations transatlantiques

5 milliards d’euros

C'est le montant du plan de relance approuvé vendredi 20 mars par les dirigeants européens dans les domaines de l’énergie et de l’Internet à large bande. Les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 Etats membres ont donc mis un terme à plusieurs semaines de négociation. L’Allemagne refusait en effet tout financement public en faveur de Nabucco, projet de gazoduc dont l’objectif est de limiter la dépendance de l’Union européenne vis-à-vis de la Russie. Angela Merkel a donc fini par céder, obtenant en contrepartie 50 millions d’euros pour son seul projet d’énergie éolienne offshore dans la mer du Nord.
Parmi les autres sujets abordés lors de ce sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, la sécurité énergétique de l'Europe.

Sur ce point, le Conseil a appelé à la "solidarité et la responsabilité" des Etats membres. La présidence du Conseil a rappelé que la sécurité énergétique passe par "l'amélioration de l'efficacité énergétique, la diversification des fournisseurs, des sources d'énergie et des routes d'approvisionnement, ainsi que par la promotion des intérêts de l'Union dans le domaine énergétique vis-à-vis des pays tiers".

Le Conseil a également précisé que l'UE restait "déterminée à jouer un rôle de premier plan dans l'élaboration d'un accord mondial global sur le changement climatique à Copenhague en décembre 2009 pour limiter le réchauffement de la planète à moins de 2°C".

Il a sur ce point rappelé les engagements des Européens, notamment de réduire de 30 % les émissions de gaz à effets de serre.

Le Conseil a enfin fait un point sur l'avancement du partenariat oriental et l'Union pour la Méditerranée.

De même, le Conseil européen a été informé par la présidence de l'état d'avancement des préparatifs du sommet informel UE–États-Unis, qui se tiendra le 5 avril 2009 à Prague. Il a réaffirmé l'importance stratégique des relations transatlantiques.



 

Sources

Conseil européen de Bruxelles des 19 et 20 mars - Conclusions de la Présidence [pdf] - Conseil européen
Union européenne : le retour en force de l'Allemagne et de la France - Jean-Dominique Giuliani - 22/03/09 - Fenêtre sur l'Europe

 

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