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Asile et immigration : les jeunes Européens donnent leur avis

Actualité 03.11.2011

Du 13 au 26 septembre 2011, le Parlement européen des Jeunes a interrogé via Facebook 2352 jeunes de 16 à 27 ans, originaires de 43 pays d'Europe, en partenariat avec Stiftung Mercator, sur la politique d’asile et d’immigration en Europe. Un European Youth Poll dont Toute l'Europe vous invite à découvrir les résultats en détail. 

European yout pollLe grand débat sur l'immigration et l'asile politique en Europe a été agité par un certain nombre de réfugiés arrivant par la Méditerranée - principalement en Italie - en raison du Printemps arabe.

En conséquence des règlements Dublin II, l'État membre de l'UE où une personne demande l'asile est le seul responsable. Dans le cas de l'Italie cela a conduit à des débats chauds entre les pays européens dont la plupart ont rejeté tout effort commun en matière d'immigration comme cela était demandé par l'Italie.

Les jeunes qui ont pris part à ce sondage demandent clairement un effort commun. Fait intéressant, selon les données Eurostat 2011, tandis que le nombre de demandeurs d'asile a augmenté dans les pays du sud de la Méditerranée, c'est encore clairement la France et l'Allemagne qui doivent prendre en charge le plus grand nombre de demandeurs d'asile.

L'opinion à ce sujet dans les différents pays est remarquablement en accord avec le nombre de demandeurs d'asile : les jeunes des pays avec de nombreux demandeurs d'asile y sont très favorables (89% et plus en France, Italie et Allemagne); dans les autres pays, le consensus n'est pas si fort (66% d'avis favorables dans les nouveaux États membres de 2004/2007).


European youth pollQuand une personne de l'extérieur veut venir dans l'Union européenne ou y rester, les règles pour décider de son statut sont encore essentiellement nationales et diffèrent en fonction des pays. Ceux qui critiquent appellent cela une "loterie", tandis que d'autres maintiennent que c'est le droit de chaque pays de décider qui peut rester ou partir.

Bien qu'il existe déjà certaines politiques communes, comme la "carte bleue" destiné à certains travailleurs hautement qualifiés, la plupart des jeunes sondés demandent davantage d'efforts au niveau européen concernant cette problématique.



European youth pollL'ouverture à l'immigration est aujourd’hui débattue selon des perspectives différentes dont la démographie, l'emploi et les différences culturelles.

Les jeunes qui ont répondus à l'enquête ont une opinion claire : les trois quarts des personnes interrogées sont plutôt en faveur de l'immigration en règle générale, alors qu'un peu plus d'un cinquième seulement s'y oppose.





Alors que les participants au sondage sont majoritairement favorables à l'immigration, ils ne s'entendent pas sur les conditions de celle-ci.

European youth pollLa question de savoir si les besoins économiques de l'UE doivent être décisifs dans la sélection des demandeurs d'asile divise les participants : même si une faible majorité (49,5%) est en faveur de cette idée, une minorité très importante de seulement 3 points de moins s'y oppose.

Un autre signe de la tendance centrale est le très faible nombre de répondants qui se sont déclarés tout à fait en accord ou tout à fait en désaccord : à peine 35% ont choisis ces options, contrairement aux autres questions où environ 50% des sondés ont choisis une de ces deux options.

Fait intéressant, il y a peu de changements d'un pays à l'autre : les jeunes, qu’ils soient issus des pays non-membres de l'UE, des anciens États membres ou des nouveaux sont de la même façon divisés sur ce point.

De manière très semblable aux résultats de la question 3, les jeunes participants sont généralement en faveur du fait que des personnes de cultures différentes vivent ensemble en Europe.

Le consensus le plus fort que nous avons trouvé dans notre sondage s'est constitué autour de la libre circulation : près de 9 jeunes sur 10 y sont favorables au sein de l'Union européenne. Les sondés sont issus de la première génération qui a grandi dans une Europe sans frontières - et est donc clairement opposée aux tentatives de limiter le mouvement ou le droit au travail.

Peu de temps après la fin de la période de transition accordée aux travailleurs venant des nouveaux États membres dans de nombreux pays de l'UE, les jeunes de ces pays sont clairement en faveur de la libre circulation. Les jeunes issus des nouveaux États membres sont presque unanimement d'accord.
Le soutien le plus important provient des jeunes en Roumanie et en Bulgarie qui sont actuellement privés de ce droit.


European youth pollQuand il s'agit de l'Europe dans son ensemble, au-delà des frontières de l'Union Européenne actuelle, la situation est beaucoup moins claire.
Une faible majorité de 56,2% seulement est en faveur d'un Europe sans contrôle aux frontières ou de restrictions sur le mouvement, même si la date citée dans la question est "un jour".

A l'intérieur des 27 États membres de l'UE, la majorité est encore plus faible (53%), tandis que 45% s'opposent à la notion même d'une Europe sans frontières.

Sans surprise, les chiffres diffèrent quand on regarde les pays qui ne sont actuellement pas membres de l'UE ou de l'espace Schengen : dans ces pays, 69,8% trouvent qu'une Europe sans frontières est souhaitable.


European youth pollLes résultats à la première des deux questions générales où nous avons demandé "L'UE devrait-il être davantage élargie?" étaient similaires aux résultants précédents. Alors que 55,9% de tous les sondés sont d'accord, on peut néanmoins observer une forte opposition.

Quand on s’intéresse uniquement aux  États membres actuels de l'UE, on peut remarquer qu’à peine plus de 50% sont d'accord avec un nouvel élargissement alors que près de 45% le rejette.

Même ceux qui souhaitent en règle général une plus grande intégration européenne (voir question suivante) ne sont pas nécessairement en faveur de plus d'intégration : 35,8% des pro-intégrationnistes s'opposent à l'élargissement de l'UE à de nouveaux pays.


European youth pollDeux tiers des participants sont également en faveur d'une plus grande intégration, un résultat qui n'a pas beaucoup changé depuis notre dernier sondage du mois de mai.

Nous nous sommes particulièrement intéressés à l'opinion des jeunes des États en cours d'examen par l'Union européenne pour des problèmes financiers : la Grèce, l'Irlande, l'Italie, le Portugal et l'Espagne. Fait intéressant, les jeunes de ces pays sont en général favorables à une intégration plus forte. 73,3% des répondants de ces États veulent plus d'intégration.

Apparemment, les périodes de crise n'entraînent pas une ambiance anti-européenne comme on le suggère souvent. Les jeunes semblent faire plus confiance à des solutions communes qu'à leurs gouvernements respectifs.