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Anniversaire de l’ouverture des négociations : Olli Rehn ne fait pas de cadeau à la Turquie

Actualité 04.10.2006

"Je dirai en toute sincérité que le rythme des réformes a ralenti ces 12 derniers mois". En déplacement à Ankara pendant 3 jours, Olli Rehn, commissaire européen à l’Elargissement, a réaffirmé que la Turquie devait encore multiplier les réformes en vue de son éventuelle adhésion. Un an après l'ouverture des négociations d'adhésion, les avancées ne sont pas concluantes et le bilan global semble plutôt négatif pour le commissaire européen.

Un ralentissement des réformes depuis douze mois

Partisan de l'entrée de la Turquie dans l’UE, Olli Rehn s'est montré "sincère" en adoptant en substance la même position que le rapport "juste mais dur" voté par les députés européens le 27 septembre dernier. "Nous apprécions les réformes réalisées par la Turquie ces dernières années", a reconnu M. Rehn, "mais les attentes sont plus grandes depuis l'ouverture des négociations".

Une nouvelle fois, Ankara s’est donc fait rappeler à l'ordre par Bruxelles en raison d'un ralentissement du rythme des réformes. Depuis un an, la Commission européenne observe un certain relâchement et une "stagnation de la motivation du gouvernement turc en matière de réformes internes". Selon le commissaire européen, leurs efforts sont, semble-t-il, moins visibles depuis un an.

Des évolutions nécessaires

Le commissaire européen a dressé une liste des points à améliorer en vue de la bonne marche du processus d’adhésion. Les dossiers problématiques sont les mêmes que ceux du rapport du Parlement européen. Olli Rehn a mis en avant l'application indispensable par l’Etat turc du 9ème paquet de réformes requis par Bruxelles.

Le commissaire européen a demandé à Ankara de respecter ses engagements en matière d’union douanière en ouvrant notamment ses ports et aéroports aux Chypriotes et de reconnaître la partie grecque de l'île.

Il est indispensable pour les autorités de mettre en oeuvre une totale liberté d’expression. M. Rehn a notamment insisté sur la nécessaire abolition de l'article 301 du Code Pénal qui sanctionne les insultes à l'identité turque. La liberté religieuse, le droit des femmes sont autant de sujets pointés du doigt par le commissaire.

La trop grande présence militaire dans la vie publique reste une grave menace pour la stabilité politique et démocratique du pays. A ce sujet, une des lois issues du 9ème paquet de réformes actuellement en examen au Parlement turc prévoit un plus grand contrôle des dépenses de l’armée.   

A l'instar des députés européens, le commissaire à l'Elargissement a rappelé que la reconnaissance du génocide arménien n’était pas une "condition préalable" à l'entrée de la Turquie dans l'UE.

Si lors du vote du 27 septembre dernier, les parlementaires européens ont insisté sur le fait que l'adhésion n'était en aucun cas automatique, Olli Rehn, quant à lui, n'a pas brandi explicitement cette menace dans son discours du 3 octobre.  Le commissaire a assuré les autorités turques que l'Union européenne souligné que le processus de négociation pouvait s'arrêter si des évolutions positives n'étaient pas observées. 

Perspectives

A l'approche de la publication du rapport annuel d'évaluation de la Commission européenne le 8 novembre prochain, le commissaire à l'Elargissement a encouragé les autorités turques à faire des "progrès tangibles" en mettant en place de nouvelles initiatives.

Sources

Le Parlement européen critique le ralentissement du processus de réformes de la Turquie - 26/09/06 - Parlement européen
Turkey’s best response is a rock-solid commitment to reforms - Discours d'Olli Rehn, 03/10/2006 - Commission européenne
Elargissement : Roumanie, Turquie, Croatie… où en sommes-nous ? - Dossier d'actualité - Touteleurope.fr