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Irlande

Irlande

Capitale : Dublin
Population : 4,66 millions - (Eurostat - 2016)
Superficie : 69 797 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 1973-01-01
Taux de croissance du PIB : 26,3 % - (Eurostat - 2015)
Taux de chômage : 9,4 % - (Eurostat - 2015)
Dette publique : 93,8 % - (Eurostat - 2015)
Déficit public en % du PIB : -2,3 % - (Eurostat - 2015)
Inflation : 0 % - (Eurostat - 2015)
Monnaie : Euro
Découpage administratif : 4 provinces, 26 comtés, 114 autorités locales
Hymne national : Amhrán na bhFiann (La Chanson du soldat)
Indicatif téléphonique : 353
Code ISO : IE
Système politique : République parlementaire
Espérance de vie : 81,4 ans - (Eurostat - 2014)
drapeau Irlande

Politique

L'Irlande ("Eire" en langue gaélique) est une république parlementaire, avec toutefois un président élu au suffrage universel direct pour sept ans. Le Premier ministre est responsable devant la Chambre des Représentants élue pour cinq ans et qui, avec le Sénat, constitue le Parlement.
La Constitution accorde le statut de langue officielle à la langue irlandaise, le Gaélique. La partie nord-est de l’île (l'Irlande du Nord/Ulster) appartient au Royaume-Uni.

L’île est présidée par le travailliste Michael D. Higgins élu le 27 octobre 2011. Il succède à Mary McAleese, à la tête du pays depuis 14 ans. Le Premier ministre Enda Kenny a dirigé de février 2011 à février 2016 un gouvernement de coalition (Fine Gael et Labour). Il est renommé en mai 2016 à la suite de deux mois de négociations entre le Fine Gael et l'autre parti de centre-droit Fianna Fail qui est arrivé second des élections. A la tête d’un gouvernement minoritaire, il n’aura tenu qu’un an avant de présenter sa démission en tant que leader de son parti le 17 mai 2017 et donc en tant que Premier ministre. Le 2 juin, Léo Varadkar prend sa succession à la tête du parti et le 12 juin, il est élu Premier ministre par le Parlement. A 38 ans, il est le plus jeune Premier ministre à endosser ce rôle. C’est aussi la première fois que l’Irlande est représentée par un chef de gouvernement ouvertement homosexuel et dont l’un des deux parents est d’origine étrangère.

Le pays et l'UE

L’Irlande est membre de l’UE depuis 1973. Elle a adhéré à la CEE en même temps que le Danemark et le Royaume Uni, lors du premier élargissement. Depuis son adhésion, elle est l'un des pays qui a bénéficié le plus efficacement des aides communautaires, notamment dans le cadre de la Politique agricole commune. Entre 1989 et 1999, l’Irlande a également largement bénéficié des fonds structurels, avec 10,1 milliards d'écus pour la période, soit environ 1,8% du PIB chaque année. Sa réussite économique fulgurante lui a valu le surnom de "tigre celtique" durant les années 1990.

En juin 2001, lors d’un premier référendum, l’Irlande a refusé de ratifier le traité de Nice. Le scrutin ayant connu un très faible taux de participation, un second référendum a suivi un an et demi plus tard. Le 19 octobre 2002, les Irlandais ont ainsi dit "oui" à plus de 63%.

En 2008, les Irlandais ont à nouveau dû se prononcer sur le traité de Lisbonne, qu'ils ont rejeté à 53,4%. Lors d'un deuxième référendum organisé en 2009 après avoir accordé au pays quelques concessions (maintien du commissaire irlandais, taux d'imposition réduit, interdiction de l'avortement...), les Irlandais ont finalement voté "oui" à plus de 67%.

Avec le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, l'Irlande se retrouve au cœur des négociations du Brexit. La république d'Irlande partage en effet une frontière avec l'Irlande du Nord, et par conséquent avec le Royaume-Uni. Actuellement, la frontière entre les deux parties de l'île est quasiment imperceptible. Le rétablissement d'une frontière physique, envisagée dans le cas d'un Brexit "dur" serait donc une menace à l'accord du vendredi saint ("good Friday") conclu après des années de conflits.

Le pays compte 11 députés européens et possède 7 voix pour les votes à la majorité qualifiée au Conseil de l'UE. L'Irlande a assuré la présidence de l'Union européenne à sept reprises, dont la dernière fois en 2013. Le commissaire irlandais actuel est Phil Hogan, chargé de l'agriculture et du développement rural.

Géographie

L'Irlande est une île - 480 km de long sur 288 km de large - dont la superficie est de 70 282 km2.

La "verte" Irlande se trouve à l’Ouest de la Grande-Bretagne, soumise à un climat océanique frais et humide.

Son relief doux culmine à 1 041 m. Ses côtes sont profondément découpées par des vallées glaciaires (fjords) ou fluviales (rias). Le pays est le paradis des oiseaux sauvages : on y dénombre plus de 300 espèces. Le Shannon est le fleuve le plus long d’Irlande.

Economie

L’économie irlandaise, malgré un fléchissement en 2003, connaissait avant la crise économique de 2008 la croissance la plus dynamique de la zone euro, depuis les années 1990. Le "Tigre celtique" s'est caractérisé par un taux de croissance élevé (5,1% en 2004) et un taux de chômage en baisse constante (4,4% en 2004).

Mais l'île, dont l'économie reposait en grande partie sur l'industrie financière et sur l’attractivité des investissements directs étrangers, a subi de plein fouet les effets de la crise. Le pays est entré en récession, et le taux de chômage a quasiment triplé pour atteindre jusqu'à 14,6% en 2012, soit une augmentation de 10 points de pourcentage depuis 2007. Le pays a particulièrement souffert de la crise du marché immobilier et de l'effondrement des bénéfices de nombreuses entreprises américaines implantées sur son sol.

Fin 2010, l'Irlande a dû faire appel au Mécanisme européen de stabilité financière (MES) pour étancher son déficit alors qu'il atteignait 32,1% du PIB. 85 milliards d’euros lui ont été octroyés pour restaurer ses finances publiques et assainir ses banques (35 milliards d'euros), en contrepartie de mesures d'austérité drastiques : baisse du salaire et du nombre des fonctionnaires, coupes dans les revenus sociaux, hausse de la TVA, création d’une taxe d'habitation identique pour tous les propriétaires quels que soient leurs revenus, etc. Les créances douteuses fragilisent toujours le secteur bancaire et la dette s'établit à 92% du PIB en 2016, mais le déficit est inférieur à 3% depuis 2015.

Après deux phases de récession (2008-2009 et 2012), l'Irlande renoue avec la croissance en 2013 (+1,1%). De nombreuses multinationales décident d'installer leurs bénéfices sur l'île, attirées par les avantages fiscaux qui valent à l'Irlande d'être accusée de dumping fiscal. L'impôt sur les sociétés, fixé à 12,5%, est l’un des plus bas de l’Union européenne.

Ainsi la croissance du PIB atteint-elle, en 2015, 26,3% (pour une prévision de 7,8%) et parait partiellement "fictive" car notamment liée au rapatriement de ces actifs financiers. Les salaires ont relativement peu augmenté en comparaison des milliards de PIB supplémentaires et le taux d'emploi de la population en âge de travailler n'a augmenté que de 3 points entre 2014 et 2016.

Malgré tout, les prévisions de croissance s'établissent à des taux de 3,72% pour 2017 et 2,5% pour 2018 (OCDE), tandis que la consommation des ménages est en augmentation.

Histoire

  • IVème siècle : les Gaëls, population celte, envahissent l’île avant d’envahir au Vème siècle l’Ecosse pour fonder le royaume Scot.
  • Vème siècle : le christianisme est introduit par Saint Patrick qui devient le patron de l’Irlande.
  • XVIème : l'Irlande est soumise au contrôle des Anglais. 
  • 1798 : les "Irlandais Unis" se soulèvent sans succès. 
  • 1800 : l'Irlande est intégrée au Royaume Uni, le Parlement irlandais est dissous. 
  • 1829 : le député irlandais Daniel O'Connell obtient l'émancipation des catholiques. 
  • 1841-1880 : la population passe de plus de 8 millions d'habitants à 4,5 millions, en raison de la grande famine due à la maladie de la pomme de terre de 1846 à 1848 et à l'immigration qui s'en est suivie.

Relations conflictuelles avec la Grande-Bretagne et division de l'île

  • 1914 : l'Irlande obtient son autonomie avec l'adoption du "Home Rule" dont l’application est cependant ajournée en raison de la première guerre mondiale. 70 000 combattants irlandais tombent aux côtés des alliés sur les fronts de la Somme et des Flandres. 
  • 1916 : insurrection de Pâques. Début d’une guerre d’indépendance contre la Grande-Bretagne. 
  • 1919-1921 : guerre d’indépendance marquée par une journée de violence : le "Bloody Sunday". La signature du Traité de Londres, en 1921, partage l'Irlande en deux : 26 comtés sur les 32 forment un Etat indépendant, tandis que les 6 autres comtés du nord-est (l'Irlande du Nord) restent partie intégrante du Royaume-Uni. La guerre civile fait rage pendant deux ans. En 1922, l’Irlande ratifie le traité de paix. Elle entre à la SDN en 1923.  
  • 1937 : l’ Etat irlandais se dote d’une constitution pour toute l’île. 
  • 1939 : l’Irlande proclame sa neutralité. Elle y est toujours attachée. 
  • 1948 : l'Irlande quitte le Commonwealth et s’autoproclame République. Elle rompt ses derniers liens avec la Grande-Bretagne.

 L'intégration de l'Irlande aux communautés internationale et européenne

  • 1955 : l’Irlande est admise à l’ONU. 
  • 1972 : au cours d'une émeute à Derry, en Irlande du Nord, treize civils sont abattus par des parachutistes de l'armée britannique. L'Armée républicaine irlandaise (IRA) réagit, provoquant la mort de six civils et d'un militaire. La chanson, Sunday Bloody Sunday, de U2, ainsi qu'une version de John Lennon s'inspirent de ces événements (et non de ceux de 1920). 
  • 1973 : adhésion à l'Union européenne. 
  • 1985 : accord anglo-irlandais pour la réconciliation des deux pays. 
  • 1995 : l'Irlande légalise le divorce avec 50,3% de "oui" lors d’un référendum organisé sur le sujet. 
  • 1998 : après de longues négociations, Londres, Dublin et les dirigeants catholiques et protestants nord-irlandais parviennent à un accord historique, créant des institutions mixtes (parlement et gouvernement). En 2005, l’IRA met fin à la lutte armée contre la Grande-Bretagne, permettant aux deux gouvernements de relancer la restauration des institutions.
  • 2002 : la légalisation de l’avortement est rejetée par référendum. 
  • 2004 : c’est sous la présidence irlandaise que l’Union européenne s’élargit à 10 nouveaux Etats membres et qu’est adopté le projet de Constitution pour l’Europe.

Drapeau et hymne

Créé en 1830 par des patriotes irlandais en soutien à l’épisode parisien de la Révolution de Juillet, le drapeau national est formé des deux symboles religieux irlandais encadrant le blanc, emblème de la paix et des espoirs de réconciliation. Le vert, de tradition celtique, est aussi la couleur des catholiques nationalistes, alors que l’orange marque la victoire des protestants auprès du roi d’Angleterre Guillaume III d’Orange-Nassau en 1690. Officialisé après l’indépendance de 1922, il sera mentionné en 1937 par la Constitution comme drapeau national officiel dans les deux langues : An Bhratach Náisiúnta ou Irish National Flag.

C’est après la sortie effective de l'Eire (Irlande du Sud) du Royaume-Uni en 1922, que l’hymne gaélique Amhrán na bhFiann/A soldier’s song (La chanson du soldat) est adopté officiellement par la République d’Irlande. Il avait été composé seize ans plus tôt par l’un des activistes républicains, Peadar Kearney, dont les chansons étaient très populaires parmis les sympathisants des Irish Volunteers, et de la future IRA. La mise en musique avait été réalisée par son ami Patrick Heeney.

Voir l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

Culture

James Joyce (1882-1941) et autres auteurs

Terre de littérature de longue tradition, en langue anglaise comme en gaëlique, l’Irlande trouve en Jonathan Swift (1667-1745) un pionnier de la littérature irlandaise. Oscar Wilde (1854-1900) est d’origine irlandaise également, même s’il préfère Londres.

Mais c’est sans doute au moderniste cosmopolite James Joyce que revient d’avoir tenté de saisir l’âme irlandaise et d’avoir essayé de lui appliquer une rénovation profonde de l’écriture romanesque. Ulysse, adossé à la structure narrative de l’Iliade, interroge l’identité irlandaise à travers le personnage tourmenté de Stephen Dedalus et de ses nombreuses rencontres au cours d’une journée dublinoise. Toutes les œuvres de Joyce, même résident de Trieste, demeurent indéfectiblement attachées à l’Irlande.

De même, Samuel Beckett, Prix Nobel de littérature en 1969, est un Dublinois installé en France, où il passera les cinquante dernières années de sa vie. Il y acquerra sa notoriété, écrivant directement ses œuvres les plus connues en français. Le poète WB Yeats et George Bernard Shaw font également partie des Prix Nobel de littérature irlandaise.

U2 et la danse irlandaise

Pays de musiques de genres variés et populaires qui s’adaptent au goût du jour, l’Irlande recueille dans le monde entier les retombées de la notoriété de groupes de rocks qui s’inspirent, à un degré plus ou moins grand, de leurs origines. On retiendra notamment U2, dont la chanson Sunday, Bloody Sunday demeure emblématique d’un engagement pour la pacification irlandaise, The Pogues mêlant les accents du punk aux refrains populaires ou encore The Cranberries.

La troupe Riverdance diffuse et popularise dans le monde entier la danse de claquettes irlandaise.