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Transparency International alerte sur les risques de corruption au sein des institutions européennes

Revue de presse 25.04.2014

Alors que 70% des Européens indiquent soupçonner les institutions européennes de corruption, l'ONG Transparency International a publié hier un rapport qui souligne leur manque de transparence et leur risque de corruption, malgré les avancées considérables entreprises depuis les années 2000. Un argument de plus pour les opposants à l'Europe, en pleine période électorale.

 

Corruption institutions européennes

Pour illustrer ce rapport, la presse revient sur les dossiers de corruption qui avaient éclaboussé les institutions européennes, notamment l'affaire du commissaire européen à la Santé John Dalli. L'étude, qui vient dénoncer une prise de décision opaque et un laxisme dans la mise en œuvre des textes législatifs visant à limiter les conflits d'intérêt, se penche sur dix institutions, agences et organes de l'UE dont le Conseil, le Parlement européen et la Commission. "Ces dernières années, les institutions européennes ont entrepris plusieurs actions pour mettre de l'ordre dans leur maison, mais les fondations, bien que solides, sont fragilisées par la complexité des règles, la complaisance et l'absence de suivi", souligne le directeur du bureau européen de l'ONG, Carl Dolan, cité par Les Echos.

Arte Journal y revenait hier soir en mettant l'accent sur la responsabilité des activités de lobbying peu encadrées à Bruxelles. "Nous constatons que les barrières contre le lobbying en expansion à Bruxelles sont loin d'être suffisantes", s'alarme Edda Müller, présidente de Transparency International Allemagne, interviewée par la chaîne. C'est notamment le cas d'anciens fonctionnaires européens passés dans le consulting qui préoccupent l'ONG.

"Nous proposons une politique de transparence par défaut. Cela veut dire que tous les documents issus de réunions importantes, y compris ces rencontres informelles à huis clos, devraient être rendus publics. Et pas seulement pour les personnes avec un accès privilégié ou celles qui connaissent bien les processus de décision, mais pour tous" résume Carl Dolan [Euronews]. L'obligation pour les représentants d'intérêts de s'enregistrer sur le registre de transparence – actuellement facultatif – figure parmi les principales demandes de l'organisation, tout comme la publication des documents servant à l'élaboration des politiques européennes [Les Echos].

"Du grain à moudre pour les eurosceptiques", indiquait l'édition du soir d'Arte Journal. Reuters considère également que la publication de ce rapport peut "donner des arguments supplémentaires aux eurosceptiques, qui sont déjà en bonne position dans la perspective des élections européennes du mois prochain".

Toutefois, le rapport salue les efforts qui ont été mis en place depuis l'affaire de la Commission Santer, démissionnaire en 1999 [Reuters]. "Le rapport reconnaît que la Commission a pris une série de mesures destinées à réduire le risque au minimum, et un cadre très solide est en place" a réagi un porte-parole de la Commission européenne, Antony Gravili, qui s'est félicité de la place de la Commission, "une des institutions au monde les plus ouvertes et transparentes" [Les Echos].

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