Derniers articles publiés

[Revue de presse] Rencontre entre Marine Le Pen et Matteo Salvini à Rome

Revue de presse 09.10.2018

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a rencontré à Rome, lundi 8 octobre, le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini. L'occasion de faire le point sur leur proximité politique à l'approche des élections européennes de 2019. Au cours de la conférence de presse, Mme Le Pen a rejeté l'offre de Steve Bannon, l'ancien directeur de la campagne de Donald Trump, de financer une fédération de l'extrême droite européenne.

Matteo Salvini et Marine Le Pen à Rome, le 8 octobre 2018

Matteo Salvini et Marine Le Pen à Rome, le 8 octobre 2018 - Crédits : @mlp_officiel / Twitter

Marine Le Pen et Matteo Salvini affichent leur complicité

Rencontre au sommet à Rome pour l'extrême droite européenne, lundi 8 octobre. "La présidente du Rassemblement national (RN)" Marine Le Pen "s’affiche avec le ministre de l’Intérieur italien" Matteo Salvini, "réputé pour sa politique anti migratoire dure", relate Euronews. "Un tandem, chantre de l’euroscepticisme", écrit le média européen.

Pour le chef de fil de la Ligue (extrême droite), "les élections européennes de mai [2019] seront la fin d'un périple". Il s'agit pour lui "d'une révolution de bon sens", et celle-ci "se répand dans toute l'Europe mais pas seulement", ajoute-t-il, évoquant le premier tour des élections générales brésiliennes du 7 octobre, qui ont vu Jair Bolsonaro (extrême droite) prendre largement la tête du scrutin [Euronews].

Pour le reporter de Franceinfo Alban Mikoczy, la réunion qui a duré une heure et demie avait "comme thème une Europe plus solidaire, une Europe de l'emploi". "Marine Le Pen et Matteo Salvini ont plein d'atomes crochus", relate le journaliste depuis Rome : "ils défendent les mêmes conceptions sur le plan économique", mais aussi "évidemment sur le plan par exemple de la lutte contre les migrations".

"Le numéro deux du gouvernement transalpin donne le ton commun", rapporte Le Monde : "qu’on le qualifie de 'raciste', 'fasciste' ou 'populiste' ne serait que caricature ou 'paresse' intellectuelle". Sur le fond, "Matteo Salvini et Marine Le Pen ont préféré mettre l’accent sur ce qui les rapproche", quitte à éviter de trop s’étendre sur "l’ampleur de ce qui sépare les positions du Rassemblement national de celles de la Ligue". Parmi les sujets qui fâchent, le quotidien cite "la réforme des accords de Dublin et la mise en place d’un système de relocalisation automatique des migrants", laquelle est "prônée par le gouvernement italien" mais "jugée depuis toujours inacceptable par le RN".

Cependant, "rien de très spectaculaire dans la mise en scène de cette rencontre, attendue depuis de plusieurs longues semaines côté RN", commente L'Express. Le rendez-vous était fixé "en plein centre de la ville, dans le local exigu de l'UGL (Union générale du travail), un syndicat proche de la Ligue". Pour parfaire l'ambiance, la petite salle porte le "nom de Giuseppe Landi, une figure du syndicalisme fasciste italien". "Pas de prise de risque", souligne l'hebdomadaire : Claudio Durigon "cadre de l'UGL", "occupe la fonction de sous-secrétaire au Travail au sein du gouvernement".

Steve Bannon n'est plus le bienvenu

La rencontre fut également l'occasion pour Marine Le Pen de s'exprimer sur un tout autre sujet. "Personne ne lui avait rien demandé. Mais Marine Le Pen voulait quand même en parler", ironise L'Obs. "Permettez-moi tout d'abord de répondre à une question que vous ne posez pas. Il s'agit de la proposition de Steve Bannon", a-t-elle lancé aux journalistes. L'homme d'affaires et ancien conseiller du président des États-Unis Donald Trump, a en effet "suggéré la création d'une fondation qui vise à offrir aux partis souverainistes européens des études, des sondages, des analyses", explique-t-elle.

Mais cette proposition de soutien aux extrêmes droites européennes n'est pas du goût de Mme Le Pen. M. Bannon "n'est pas issu d'un pays européen, il est Américain" [Le Figaro]. Pour elle, "la force politique qui naitra des élections en Europe c'est nous, et nous seuls, qui la structurerons. Car nous sommes attachés à notre liberté et à notre souveraineté". Le journal ajoute que "Matteo Salvini a clairement opiné de la tête" lors de cette assertion de Marine Le Pen.

Pourtant, ce rejet sans équivoque du "Mouvement" proposé par M. Bannon va à rebours de précédentes annonces. En effet, comme le souligne la RTBF (Belgique), "le député Louis Aliot, membre du bureau exécutif du RN et compagnon de Marine Le Pen, avait, lui, récemment affirmé que son parti allait 'très certainement' adhérer à la fondation voulue par Steve Bannon", lequel "était venu au congrès du RN en mars". Même revirement côté italien, alors que Matteo Salvini lui-même "avait indiqué en septembre son intention de rallier l'initiative de l'Américain", rappelle BFMTV.