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[Revue‌ ‌de‌ ‌presse]‌ ‌Conseil‌ ‌européen‌ ‌:‌ ‌inquiétudes‌ ‌autour‌ ‌du‌ ‌Brexit‌ ‌et‌ ‌du‌ ‌budget,‌ ‌espoir‌ ‌de‌ ‌l'arrivée‌ ‌prochaine‌ ‌d'un‌ ‌vaccin

Revue de presse 20.11.2020

Réunis jeudi 19 novembre pour un sommet principalement consacré à la gestion de la pandémie de Covid-19, les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont aussi abordé la question du budget ainsi que celle du Brexit. Si la perspective d'une mise sur le marché d'un potentiel vaccin se rapproche, celles d'accords sur la nouvelle relation avec Londres et sur le cadre financier pluriannuel semblent plus lointaines.

Les vingt-sept chefs d'Etat et de gouvernement se sont retrouvés par visioconférence pour aborder des sujets déterminants pour leur avenir commun

Les vingt-sept chefs d'Etat et de gouvernement se sont retrouvés par visioconférence pour aborder des sujets déterminants pour leur avenir commun - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

Jeudi 19 novembre dans la soirée, les vingt-sept dirigeants européens ont  abordé plusieurs sujets importants pour l’avenir du continent à l'occasion d'un Conseil européen, tant sur le plan sanitaire que sur le plan politique. “Il s'agissait d'un sommet consacré à la planification en cas de catastrophe, à la pandémie de coronavirus en cours, à l'impasse sur le budget historique de [1 800 milliards] d'euros du bloc et à la perspective que les négociations avec le Royaume-Uni ne débouchent pas sur un accord commercial post-Brexit”, résume Politico. Lors de ce sommet, les Vingt-Sept doivent en effet non seulement s'accorder pour une meilleure coordination face à la pandémie de Covid-19, mais aussi faire face à des blocages politiques sur deux dossiers majeurs. Le Brexit d'une part, pour tenir le calendrier initialement fixé dans l'optique d'un accord sur la relation future entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, et le blocage du budget pluriannuel et du plan de relance qui lui est adossé de l'autre. Un sujet éminemment politique, depuis que la Pologne et la Hongrie -soutenues par la Slovénie- ont mis leur veto pour protester contre l'imposition du respect de l’état de droit comme condition sine qua non à l'accès aux fonds européens.

Impasse sur l’état de droit

Si le sujet était “dans tous les esprits, jeudi soir”, devant l’urgence de “finaliser le plan de relance”, les discussions avancent prudemment. “Dans un format qui ne permet pas la moindre discussion de couloir, le sujet n'a été qu'effleuré”, constatent en effet Les Echos. “Ils n'ont passé que 15 minutes à parler de cette question la nuit dernière parce que le président du Conseil Charles Michel a appelé tous les dirigeants avant le sommet vidéo”, les incitant à ne pas échauffer les esprits, rapporte France 24. Ainsi, “le [Premier ministre hongrois] Viktor Orbán a fait une déclaration, le [Premier ministre polonais] Mateusz Morawiecki a fait une déclaration, le [Premier ministre slovène] Janez Jansa a également fait une déclaration pour les soutenir. Puis [la chancelière allemande] Angela Merkel a fait une déclaration au nom de tous les autres et c’était tout, ils sont passés au coronavirus”, détaille le correspondant de la chaîne d’information internationale. 

Le désaccord est donc loin d'être réglé. Angela Merkel a déclaré que la présidence du Conseil de l’UE “continuera à discuter avec la Hongrie et la Pologne” pour sortir de l’impasse. La chancelière allemande a néanmoins “refusé de spéculer sur des alternatives si le paquet restait bloqué”, écrit Politico. “Nous voulons travailler, nous voulons explorer toutes les options possibles, et nous n'en sommes encore qu'au tout début” a-t-elle affirmé devant les journalistes. Néanmoins, “si le désaccord n'est pas réglé et que le prochain budget septennal de l'UE n'est pas ratifié dans les semaines à venir, les conséquences seront néfastes pour les États membres de l'UE, y compris la Pologne et la Hongrie”, avertit le Financial Times

Si aucun compromis n'est trouvé avant début décembre, la première d'entre elles serait de voir l'UE contrainte à "recourir à un programme de dépenses d'urgence pour 2021”, appelé "douzièmes budgétaires". Il “prolongerait les plafonds de dépenses de l'Union pour 2020, mais ne permettrait d'allouer des fonds qu'à certains domaines spécifiques [...] ce qui toucherait particulièrement les États membres les plus pauvres de l'UE”, poursuit le quotidien économique. 

Stratégie vaccinale

Autre sujet abordé durant le sommet : la stratégie à adopter en matière de vaccination. Les dirigeants ont “mis en garde contre les obstacles logistiques à la fabrication et à la distribution des vaccins, ainsi que contre l'opposition des sceptiques qui nécessiteraient une campagne de [communication] agressive”, poursuit Politico. Néanmoins, "les priorités en matière de vaccination [étaient] similaires dans la plupart des États membres, d'abord le personnel médical, puis les personnes vulnérables", a déclaré la chancelière allemande, citée par Euractiv. Dans le même temps, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé que l’exécutif européen travaillait “à une campagne de vaccination pour soutenir les États membres dans la communication sur l'importance des vaccins”, dont les premières doses pourraient être distribuées dès 2021, a souligné le président du Conseil européen Charles Michel [Euractiv].

En effet, Ursula von der Leyen, qui assistait elle aussi à la réunion entre les dirigeants européens, a annoncé que “l'UE pourrait donner son feu vert à partir de mi-décembre aux vaccins développés par Moderna et l'alliance Pfizer/BioNTech”, rapporte Le Figaro. “Si toutes les procédures se passent sans problèmes, l'EMA [l’Agence européenne des médicaments] pourrait donner aux vaccins de Pfizer/BioNTech et Moderna leur autorisation conditionnelle de mise sur le marché dès la deuxième moitié de décembre”, cite le quotidien. “C'était peut-être la seule nouvelle optimiste” de ce sommet, estime Politico.

Vaccin européen contre le Covid-19 : où en est-on ?

Préparation à un Brexit sans accord

L’état des discussions avec le Royaume-Uni a aussi été évoqué entre les chefs d’États et de gouvernement. D’après certains journalistes, “les dirigeants ont également été informés de l'état d'avancement des négociations sur le Brexit. […] Plusieurs d'entre eux, dont le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, ont demandé à la Commission européenne d'activer leurs plans d'urgence” pour anticiper une absence d’accord sur la future relation commerciale entre l’UE et le Royaume-Uni [France 24]. “Nous ne pouvons pas continuer à espérer un bon résultat [...] Il y en aura peut-être un, mais seulement espérer ne suffit pas. Nous devons lancer notre plan d'urgence”, a déclaré le Premier ministre belge Alexander de Croo à Politico ainsi qu'aux autres journalistes. 

Jusqu’à présent, la Commission européenne attendait ”pour lancer ces mesures d'urgence, car elles pourraient être considérées comme un signe politique adressé à Londres indiquant que Bruxelles a perdu confiance dans l'issue des négociations”, précise Rym Montaz depuis Paris [Politico]. A 40 jours de l’échéance de la période de transition, un des membres de l’équipe de négociation de Michel Barnier a été testé positif au coronavirus, “obligeant à suspendre les discussions en présentiel”, “ce qui s'annonce très mal en termes d'obtention d'un accord”, juge le correspondant de France 24.

 

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